Voir, à ce sujet, le chap. suivant, p
5. Dont quL'lques passages sont reproduits, d'après la traduction anglaise de H. Blochmann. dans la compilation de S. M. Ta?orc, Hindn Music... p. 213.
6. Id., extrait de Sungeet , par Francis Gladwin {Bindit musie.-, p. 206). Comp. ch. VII, p. 366.
iiisroini; oe i.a musique
« assez profondémenl pour qu'il n'en puisse sortir «aucune voix ni aucun écho.» A quelque temps de là, le Jliarok'hdhUn-m^mti fui siipprinu". »
Les Ecoles du Sud. — l.'Imle niéiidinunle eut moins à soiillrir des commotions qui bouleversèrent le reste delà pt^niusule, et resta plus 1 on ^itenips que les réglions du iNord el du Déklian sous la domiiialiou purement hindoue. Elle fut toujours hospitalière aux arts de la musique et de la scène, qui y trouvèrent un asile dans les mauvais jours et ne cessèrent d'y lleurir, grâce au patronage éclairé des rajahs de Mysore, de Tanjore et de Travancore. « Les historiens mahomélans de l'époque, nous apprend le colonel Meadows Taylor, relatent que, lorsque le Dékhan fut envahi par Allah-oo-deen Togluk, en 1294 après Jésus-Christ, et que la conquête du sud de l'Inde fut complétée par le général nionyol Mullik Kafoor, plusieurs années après, les envahisseurs y trouvèrent la musique dans un état de supériorité tel, qu'ils ramenèrent avecles armées royales une troupe de chanteurs et de chanteuses, sous la conduite de leurs maîtres brahmanes, pour les établir dans le Nord-. »
Déjà même, aux temps de l'âge d'or de la civilisation hindoue, le Sud fut comme une sorte de pépinière annexe des arts de la scène et de la musique : chanteurs, comédiens et auteurs venaient de là faire entendre leurs œuvres et montrer leur talent aux populations du Nord. C'est dans cette région que devait se perpétuer plus tard la pure tradition de l'art hindou, par l'élude ininterrompue et la conservation des monuments sanscrits, et grâce aux encouragements et à la protection du pouvoir royal ^.
Renaissance musicale. — A la chute de l'empire hindou de Vijayanagur, Tanjore resta le centre d'une école importante et active, et le mouvement musical rayonna de là sur Travancore et Mysore. Sous les règnes des Mahàràjahs Sarabhogi, Surfogi et Sivagi, la musique y atteint un haut degré de prospérité ; de nombreux musiciens étaient attachés au palais avec de fortsémoluments.On trouvera dans l'ouvrage, souvent mis à profit pour tout ce qui a trait à la musique moderne, du capitaine Day (p. Ido, 1o6), la liste des plus célèbres musiciens karnàtiques du Sud, tels que Tiàgya-ràj (1820-1840), Kshelrya, etc., auxquels il convient d'ajouter, pour le Sud aussi bien que pour le Mahàràshtra et le Nord, des musiciens hindouslanis réputés, tels queMaulaBux, de Baroda; Bhande Ali, d'Indore; Anna Gharpure, de Poona; Balkola Nataka Sahib, de Bombay, etc. Le savant indigène Banerjea Panchari, dans son History of Hindii Music (A Lecture delivered atthe Hooghly Instiltite, Bhowanipore, 1880), a consacré à plusieurs d'entre eux une notice détaillée.
Dès la fin du svni" siècle, sous la domination anglaise, les arts en général et la musique en particulier, grâce aux encouragements des grandes familles
INDE 2f.:
et des personnages riches, retrouvèrent une ère de calme et d'activé prospérité. Mais ce n'est que dans ces dernières années que l'enseignement de la musique devint vraiment populaire el put se répandre dans les masses. Jusque-là, en ell'et, par une tendance conservée de l'époque brahmanique, l'art avait été considéré plulAt comme le patrimoine de quelques privilégiés ; les maîtres se contentaient de former quelques élèves d'élite, el répugnaient à ouvrir leur enseignement au véritable public. Des sociétés, telles que le (iàyan SamAj, de Poona et de Madras, ont depuis peu réagi contre cette coutume et ont fait beaucoup pour encourager la musique populaire. .\vec les progrès de l'éducation en général, un véritable mouvement d'opinion a pris naissance, pour lutter contre les anciens préjugés de castes et travailler à répandre l'étude du rhant et de la musique nationale dans toutes les écoles de l'Inde'.
Le nom du ràja Sourindro Mohun Tagore (mort récemment) restera entre tous associé à cet essai de renaissance littéraire et artistique. Déjà son frère, — un des généreux représentants de cette illustre famille du Bengale, qui rattache sa généalogie à Bhatta .Xàràyana, l'auteur du drame intitulé Venl-samhnra. — Ràja Jatindra Mohan Tagore, avait notablement contribué à la résurrection du théâtre classique. Après l^s tentatives de Babu Asutosh Dev, qui offrit en 1857, dans son palais de Simla, une adaptation en bengali de l'antique Çakuntalà; après l'éclatant succès du Babu Kaliprasanna Singh de Jorasanko qui, la même année, fit jouer le Veni-SamMra, puis la Vikramorvaçi, dans laquelle il tenait un des principaux rôles; enfin, après la brillante représentation à tous égards de Ratndvali. organisée par le riche ràja Pratap Chandra Singh en 18o8', Jatindra Mohan Tagore avait donné en ISôQ, dans sa résidence de Pathuriaghalta, la pièce classique de Mâlavikd et Agnimitm, puis composé lui-même un drame régulier sur les amours de Vidyà et de Sundara, qu'il fil exécuter dans son palais.
Sourindro Mohun Tagore continua les traditions de sa famille et convia, à maintes reprises, une assemblée d'élite à des auditions théâtrales ou musicales. « Ses publications savantes, généreusement distribuées, lui ont valu, avec les plus éminentes distinctions, une notoriété universelle''... » Mais son litre principal à nos éloges et à notre reconnaissance, en dehors de ses nombreuses œuvres musiccdes, est la création d'une école mi-gratuite, mi-payante, de musique, qu'il fonda et présida, dès le mois d'août 1871, à Calcutta, avec le concours de maîtres éminents tels que le professeur Khettra Mohun Gosvami, Kally Prosonno Banerjee, Babu Gopaul Chunder Banerjee, Loke Nath Chose, etc., et qu'il a entretenue, jusqu'à sa mort, presque complètement à ses frais. Au mois de mars 1877, époque à laquelle s'arrêtent