‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 494 sur 1158 · Rdga-vib., V. Comp. p · texte numérisé non relu

Rdga-vib., V. Comp. p

une très haute antiquité, reconnu le principe selon lequel le choix des sons qui entrent dans la composition d'un morceau ne peut pas être laissé à l'arbitraire du compositeur. Obéissant à une loi instinctive générale, qu'on retrouve chez les Grecs et chez tous les peuples civilisés, ils ont bien vite vu qu'il devait y avoir entre le son fondamental une fois choisi et les

6. Nous rencontrons ici pour la première fois {Çàrngadeva n"cn use qu'accidentellement) le terme technique livra, qui, plus tard, désignera communément les notes augmentâmes, ou dièses; — alors qu'il laudra descendre jusqu'au temps de Aho Bala pour trouver le mot komala, répondant à noire bémol. (Comp. eh. V, p. 32S.)

HISTOlliE DE LA MISIQIE

INDE 2!il

autres notes successives certaines alliiiilés, certaines relations de prédominance, de consonance, on an contraire de dissonance, que leur inséniosilé s'est plu à déterminer avec S(iin. Sans doute ne saurail-il être question ici d'une théorie rifioureuseinentscientilique; dans rinde, comme ailleurs, la science ne pouvait venir, dès l'orij^ine, donner une explication complète ou nitionnelle, ou faire la critique de spéculalinns systématiques procédant nniquement de l'inslincl artistique. Mais, tel qu'ils l'ont formulé, leur système des rapports des notes entre elles est loin d'èlre irraliomiel et mérite d'autant plus l'examen, qu'il est la base de la composition musicale dans l'Inde depuis plus de deux mille ans.

A leur point de vue, les noies doivent être envisagées sous quatre aspects : elles sont viUlins (rac. vad, sonner) ou fondamentales, samiiidinf: ou consonantes, vivihlitts ou dissonantes, anuvddins ou auxiliaires'.

1° Notes fondamentales. — La note nidin est la fondamentale, la dominante, et aussi la tonique (am;'n); en cette qualité, elle détermine le caractère du morceau : ou la compare au souverain d'un Etat, dont les consonantes seraient les ministres, les auxi-

liaires les personnages de la suite, et les dissonantes les ennemis''.

On avait cru remarquer que, quand telle ou telle tonique prédominait dans un chant, le chant exprimait un sentiment correspondant à cette tonique. D'où des rèf,'les strictes pour le choix de la note fondamentale, suivant le caractère qu'on voulait donner au morceau.

C'est ainsi que, sauf quelques variations suivant les systèmes', les notes mn et ;>« étaient généralement alfectées à l'expression de l'amour {cringiira, erotique) et du rire (/('is;/fl.comii|uei, sa et ri convenant à l'Iiéroi'que (rÎJ-H), au tragique [raudra) et au merveilleux yadbhuta), (ju et ni à la plainte Iharwia, pathétique) et ni au merveilleux, enfin diui à l'horreur [bibhalsa. horrible) et à la crainte [hhaijnnaka, terrible).

Quant aux rapports des notes entre elles, les théoriciens indiquent la manière do les reconnaître facilement. Mais, pour comprendre leurs définitions, il est indispensable de dresser l'échelle des intervalles et des notes conformément à la manière classique, déjà indiquée, c'est-à-dire comme dans le tableau ci-dessous' :

Mode Shadja

I 2 3*5678 9 10 U 12 13 U 15 le 17 18 19 20 21 22

ma . . . pa . , dlia . id

Sa •

gi

•tt . po. (13 fl

ri. . ajui (Hil

ga . irisa - ma

J^Ccnsonantej (S)l

Mode madhyama

3 10 H 12 13 IV 15 16 17 18 19 20 21 22 ga . . . ma . . pa . . . dlm . ni

ri - gtt , 2 I dhii.iû

I \ Dissonantes

2° Notes consonantes. — D'après Bharata, comme d'après Matanga", sont consonantes les notes entre lesquelles on compte 9 ou 13 intervalles ou i:rulls'\ Elles sont indiquées clairement dans le tableau qui précède. Nous pouvons traduire cette définition dans notre langage musical, en disant que les notes consonantes présentent l'intervalle hindou de quinte ou de quarte.

Formulée de façon différente, la règle des autres samgitas aboutit au même résultat : ils attribuent nommément aux mêmes notes' le caractère conso-

1. ..V.-ç., X.'iVlil, 23-24, p. 27-;s et 35-37 de notre édition ; 5amj.raln., I, ni. 49-52 ; Samg.-darp., 63-69 ; Rdga-vib., I, 36-38 ; Samg.pdrij., 79-84.

-. Samg,-ratn.t I, m, 5i-32; Samg.-darp., 69; lîâga-cib., I, 37-3S; ^amg.-pàrij., 83-S4.

3. Voir.V.-.-., XIX. 38-39: XXIX, 1-11 cl 17-19; Samg.-raln. I, ni. 60. Comp. Samg.'pdriJ., 94-96.

i. S. M. Tagore{qui, pour la même raison, ne parait pas avoir mieux compris celte ttiéorie des rapports que celle des notes altérées), après avoir reproduit, d'après une autorité anonyme. la règle suivant laquelle ocraient consonantes lexception faite de ma et pa, qui se sui*'ent) les noies possédant le même nombre de rrutis, prétend la combiner avec celle du Samg.-darp., dans la règle îrénéraie suivante ;

« On regarde comme samvddîns les notes qui sont dans un rapport tel l'une avec l'autre, que, si la I " est adoptée comme tonique, la îî* de- Went la quatrième de la ^aramc ascendante ; tandis que. si la •!' est prise pour note fondamentale, la i" devient la cinquième dans la gamme

ri . dha ga . ni 6(L - ma.

ri . pa

(13)1 (t3ll

pi . gc ' 2— dha.iu

(g j / Consonanlea 19 )J

. 2. > Dissonantes

nant. II faut l'interpréter ainsi : sont consonantes les notes au milieu desquelles il y a 12 ou 8 çrulis intercalées, c'est-à-dire 8 ou 12 divisions représentées chacune par un trait dans l'échelle |8 traits équiva lant à 9 intervallesl.

D'une importance moindre que la fondamentale, les consonantes ont aussi comme caractère la fréquence.

3" Notes dissonantes. — Les notes dissonantes sont celles qui ont entre elles un intervalle de 2 çnitis (OU entre lesquelles s'intercale 1 çruti^), comme

descendante, comme le montre la ligure suivante sa ... ri . . ga . ma

pa

dha

... pa

I I ga ma

i 1 ni sa

\X. Six PrÎJicipal Hàgas, Introduction, p. 30.)

3. Cité dans le Hdf/a-vib., I, p. -7. Matanga remarque que ces notes cousonanlcs ont le même nombre de rrutis.

ù. Remarquons que, suivant qu'on monte ou qu'on descend la gamme. on trouve entre deux notes consonantes 9 ou 13 intervalles, la somme des intervalles ùlant 9 -f- H =^2.

7. Le Hdgn-vib., notamment (1, p. '27), qui déclare les deux définitions identiques.

8. « Dans l'opinion des écrivains sanscrits, affirme légèrement et bien à tort 3. M. Tagorc, deux notes qui se suivent sont toujours vivàdins ou dissonantes, par exemple dha çt nt,ri et ffa, eic. « ! (.Six Princîp^ Hdgas, ïiUroduclion, p. 21.)

ENCYCLOPÉDIE DE LA MfSlQUE ET DICTIONSAIRE DV COKSERVATOI/IE

le monlre le tableau ci-dessus. Analogues à Vantiphonia des Grecs, employées dans un morceau où elles dûtonnent, elles détruisent son elTet mélodieux; c'est ainsi que, ri et ga étant dissonantes, il faut se yarder d'employer gn à la place de )■('.

4» Notes auxiliaires. — La délînition des notes auxiliaires est bien simple : ce sont celles qui ne sont ni fondamentales, ni consonantes, ni disso-

nantes. Elles précèdent ou suivent, comme font les serviteurs, les noies auxquelles elles sont subordonnées.

Le tableau d'ensemble suivant montre les affinités et les relations des notes enire elles, d'après les règles strictes auxquelles devait se conformer le compositeur bindou, pour l'ordonnance et le clioix des notes d'un morceau.

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