‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 51 sur 1158 · Voir chapitre III, p · texte numérisé non relu

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iiisliiimeiils à la fois de chant et d'aixompagiiemeiit; \c. [iieinier de ces riMcs est parfois tenu aussi par la cilliari', la double llûle ou un insliutnent l'i manche : les instruinenis à percussion sont i'iu|ili)yés poni' accentuer le rvllmie et doinior plus de mordant.

Les has-i'eliefs montrent souvent en tète des musiciens un ou deux pcrsoiniaines, une lonf,'Ui' hayuetto à la main. G. Uawlinson a émis riiypothése in^jOnieuse (|uc ce devait èlre les chefs d'oiclieslre '.

Il y avait k la cour du roi d'Assyrie un j;rand personnage placé sur le môme rang f|ue le maire du palais et le f;rand eunucpie et nommé rab zaïnevc, chef des musiciens. L'un d'eux, Ina-ili-iallaU, donna même son nom à l'une des années du rèf;ne de Téglat-Phalasar I" (vers HOO av. J.-C.)-- Sans doute faut-il y voir l'équivalent du maître de chapelle des petites cours allemandes.

Le roi d'Assyrie avait, en effet, besoin d'un orchestre assez considérable pour figurer dans toutes les cérémonies où la musique tenait une place si importante.

Dans l'intervalle de ces grandes fêtes, ces musieiens donnaient des auditions publiques « pour réjouir le foie des habitants d'.\ssour^ )>; de même à Home, les grands personnages, et plus tard les empereurs, olïraient à. la foule les jeux du cirque les plus fastueux. A iSinive, on était fort reconnaissant au roi de prêter ses musiciens au peuple ; mais il était sans doute de rigueur d'approuver le goftt musical du roi : car un juste énumérant ses vertus ne manque pas d'affirmer que la musique du roi lui causait un très vif plaisir*.

Ces musiciens n'étaient pas tous originaires d'Assyrie ; on en faisait venir à grands frais des pays voisins. Aussi quand un monarque ou un général ninivite passait toute une population au fil de l'épée, il avait bien soin d'épargner les musiciens, qu'il emmenait à Minive avec le butin ^. Parfois d'ailleurs les rois voisins, connaissant ce goût pour la musique, faisaient hommage de leur chapelle à leur terrible adversaire, dans l'espoir d'apaiser son courroux; quand, vers l'an 701 avant notre ère, Sennachérib, pai-courant en vainqueur toute la Syrie, envoya un de ses généraux mettre le siège devant Jérusalem, Ezéchias, le pieux roi de Juda, livra au redoutable Assyrien « ses femmes et ses filles, ses musiciens et ses musiciennes » et une rançon qui épuisa son trésor ; mais à ce prix son royaume échappa à la dévastation générale^.

Comme leurs prédécesseurs sur les bords du Tigre et de l'Euphrate , les Assyriens honoraient fort les musiciens et les faisaient passer avant les savants, immédiatement après les dieux et les rois. Les dieux eux-mêmes, ou du moins certains d'entre eux, étaient réputés pour leur talent musical; tel était Nébo", 0 le capitaine de l'univers, l'ordonnateur des œuvres de la nature, qui fait succéder le coucher du soleil à son lever », le type de ce qu'il y avait d'excellent sur la terre, le modèle auquel les rois devaient s'efforcer de ressembler*. L'un des immorlels portait le surnom de chantre, Zamerou".

Aussi les Assyriens occupaient volontiers leurs loisirs en chantant et en faisant de la musique'";

leurs voisins de Syrie et d'Arabie les imitaient en cela comme en bien d'autres choses. Mais pour ce» éternels vaincus, la musique était souvent une consolation.

Les rois d'Arabie, raeonle nn annaliste, leur armée anéantie, leur pays dévasté et sa population massacrée, furent emmenés à Miiive et condamnés à de pénibles travaux de niaronnerio; pour oublier leur malheureux sort, ils occupaient leurs rares loisirs à faire de la musiipie". Les oisifs s'approchaient curieusement pour écouler ces airs étranges et bien dill'érents de ci^ux qu'ils avaient coiilume d'entendre; au besoin ils sollicitaient des vaincus des airs do leur pays.

Les Juifs, transportés vers 586 à Ninive par Nabuchodonosor, furent en butte à de telles prières, et ils l'ont raconté dans l'immortel psaume CX.K.XVIl, Super Jlumina Babylonis :

« Aux bords des tleuves de Babel nous étions assis et nous pleurions en nous souvenant de Sion. — Aux saules de la campagne nous avions suspendu nos harpes. Et nos ravisseurs nous réclamaient des paroles chantées, et nos oppresseurs des accents joyeux. — Chantez-nous des chants de Sion! — Comment chanterions -nous le chant d'Iahvéh sur une terre étrangère? »

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