ScHRADER, Keilinschnftliche Bibliothek, t. II
EXr.yCLOPÈDIE DE LA MVSIQVE ET DICTIOSSAIRE DU COSSERVATOIRE
Le plus simple se compose d'un corps sonore horizontal à l'extrémité duquel est fixée une traverse perpendiculaire où viennent s'attacher les cordes. Celles-ci, au nombre de dix environ, sont presque parallèles entre elles et au corps sonore, tout en étant
FiG. Sj. — Musiciens élamiles'.
légèrement disposées en éventail ; leurs bouts pendent en dehors de l'instrument et sont liés ensemble. Le musicien ne parait pas en jouer avec un plectre, comme en Assyrie, mais simplement pincer les cordes de ses deux mains (2"^ musicien, fig. 85).
Les Elamites ont également employé le iichel, cette harpe de construction particulière si en usage dans l'ancien Orient. 11 se compose d'une caisse de résonnance de grande taille et de forme courbe avec une traverse perpendiculaire à l'une des extrémités. Elle est percée de deux ouïes qui permettent au son de mieux s'échapper; sur le bord inférieur sont figurés de petils ronds qu'on a pris pour des chevilles; mais, leur nombre n'étant jamais identique à celui des cordes, peut-être faut-il y voir de simples ornements. Les cordes, en grand nombre, environ une vingtaine, sont parallèles et disposées obliquement par rapport à la traverse;
par l'elfet d'une mode locale (fig. 8o, l"' musicien). Cet instrument était l'instrument de concert par excellence et formait la base des orchestres*.
Psaltérion. — Le second musicien de l'orchestre susien sculpté à INinive (fig. 87) joue d'un instrument très curieux et très intéressant. On l'a souvent confondu avec la harpe du premier type, en supposant que l'artiste assyrien avait oublié de figurer la traverse qui tendait les cordes. Cet oubli est bien improbable, étant donné le soin avec lequel sont taillés les bas-reliefs assyriens. Fétis propose une complication bien extraordinaire : « La courbe que le sculpteur a fait décrire aux cordes, dit-il, aurait rendu impossible leur sonorité, à nioiiis qu'on ne suppose qu'elles étaient appuyées sur des poulies et tendues par des poids °. «
Pour nous (fig. 88), cet instrument se composait d'une table d'harmonie de forme d'ailleurs indifférente, sous laquelle était fixée une caisse de résonnance analogue à celle de la mandoline. Les cordes étaient disposées en éventail sur la table d'harmonie; elles venaient s'enrouler autour de chevilles placées dans la partie évasée de l'instrument, et leurs bouts s'attachaient à l'un des bords; elles étaient d'inégale longueur, et leur disposition générale rappelle celle du piano.
Elles sont au nombre de treize, et la treizième est
Fig. 86. — Joueur de nebel"-. Fig. 87. — Joueur de psaltérion^.
elles s'y enroulent, et leurs bouts pendent librement (fig. 86); parfois aussi on réunissait ces bouts, sans doute pour ne pas gêner le musicien, ou peut-être
Fig. SS. — Psaltérion.
d'une longueur double de la première. Il ne faudrait pas cependant affirmer là-dessus qu'elle devait en sonner l'octave; nous ne savons pas s'il y avait des différences de grosseur ou de matière; cela est assez fâcheux, car nous aurions au moins un léger aperçu sur le système musical élamite qui aurait divisé l'octave en douze sons.
Un tel instiument était très difficile à représenter de prolil si l'on voulait figurer les cordes. Or, les sculpteurs ninivites avaient un trop grand amour du détail pour y renoncer; ils imaginèrent donc une combinaison; ils sculptèrent l'instrument de profil et placèrent les cordes au-dessus en les redressant et en respectaiit leur disposition. Nous ne ferions d'ailleurs pas autrement, mais en prenant soin de dessiner suivant les lois de la perspective, en déformant l'objet. L'artiste assyrien n'avait pas cette audace; quand un objet était rond, il n'aurait pas osé le représenter ovale; de là des effets étranges, qui se retrouvent ailleurs, et notamment en Egypte. C'est à cette conception particulière de la perspective que nous devons cette étrange représentation qui a si bien dérouté ceux qui l'ont examinée.
Cet instrument est un psaltérion; il est placé par le livre de Daniel et l'historien Ctésias parmi ceux en usage à Ninive'". C'est le psaltcrwn des Grecs, le san-
1. Inscriplion rupestre de Koul-i-Firaoun. d'après les Mémoires de la Délégation en Perse, 1902, t. III. i" série, pi. 23. Le bas-relief a Ole endommagé par l'eau, mais les grandes lignes sont encore très visibles, et le dessinateur s'est borné â les reproduire en leur ôlaul leur aspect un peu fruste.