‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 54 sur 1158 · Daniel, III, 5: Ctésias, fr. 52 M · texte numérisé non relu

Daniel, III, 5: Ctésias, fr. 52 M

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liiur des Aiiibes et la cilliare du centre de l'Europe. On le letrouve en lloni^rie, en Hdliènie, en Inde, en Cliine, on Asie, el il a chez nous donné naissance aux instninienls à clavier.

Inslniinenls à ivnt. — Nous ne connaissons chez les Klaniiles, en fait d'instrument à veni, que la doulde llrtle à tuyaux éi;anx. On en remariiue deu.x dans l'orcliestre susicn (lif,'. S'.l). I,cs deu.\ tuyaux semhlenl avoir chacun cinq trous, ce qui donnerait douze notes à l'instrument, en admettant, ce qui parait probalile, que le diamètre intérieur des tuyaux ne filt pas le même. De petite taille, elles devaient avoir des sons assez aif^us.

Inslrutncnts à percussion. — Comme les Assyriens, les lilamites se servaient de la petite timhale en métal munie d'une peau tendue (10° musicien, lifj. 8'J) sur laquelle on frappait avec la paume des deux mains. Ils possédaient aussi un t y m p a n o n carré , formé vraisemblablement d'un cadre en bois recouvert de peau (Cifi. 8o); ce type se trouve en Egypte.

L.\ MusiouK. — La musique élaniite ne nous est pas mieux connue

que la musique assyrienne. On ne peut s'appuyer sur la disposition du psaltérion susien pour affirmer que le système musical de ces peuples avait pour base l'octave divisée en douze intervalles d'un demi- ton, comme chez nous; ce serait faire preuve d'une grande témérité.

Comme en Assyrie, la musique tenait une grande place dans les cérémonies religieuses. Nous savons qu'un des plus anciens rois de Suse, Basha-Shoushinak, voulant honorer le dieu dont il portait le nom, " lit chanter des musiciens matin et soir à la porte de Shoushinak' ». L'n grand personnage, nommé Hanni, s'est fait représenter sur les rochers de Kouli-Fir'aoun, odrant un sacrifice à. ses dieux; accompagné de ses serviteurs, il assiste aux libations du prêtre; à ses côtés, trois musiciens font résonner harpes et tympanon-. Quand, après de sanglantes batailles, le roi d'Elam, Tioumman, fut vaincu et tué, les généraux assyriens firent proclamer à sa place ses deux neveux, élevés à Ninive et gagnés, pensait-on, aux idées assyriennes. Toute la population de Suse sortit en habits de fête au-devant des nouveaux princes; un orchestre ouvrait la marche et mêlait le son des instruments au chant des enfants el des femmes.

Ce bas-relief est fort intéressant, car il nous donne une idée approximative sur la disposition des orchestres élamites et même assyriens, puisqu'il a été sculpté à Ninive.

En tête marche un joueur de nebel, suivi d'un psal-

térion et d'une double llùle. Derrière eux viennent deux autres nclicl, et sur un rang, semhle-l-il, une double lliite et niio timbale encadrés par quatre nehi:l, en tout onze musiciens (lig. K',1). Les six derniers semblent jouer le rôle d'accompagnateurs, la timbale servant à préciser le rythme. Le premier harpiste semble être le chef d'orcheslre et faire le chant, soutenu par la double llùte et le |isaltérion. Les deux autres harpistes étaient sans doute chargés des traits

FiG. 89. — Orchestre susien '.

1. TH^J■RfcAO-DA^ClN. les Inscriptions 'Je Sttmcr et d'Àkkad, p. 255.

2. Maspeuo, op. cit., t. II, p. 850 ; les musiciens sont représentés

FiG. 90. — Chanteurs élamites'.

d'accompagnement trop brillants pour être joués par les musiciens ordinaires. Ceux-ci sont eunuques, et eux seuls; est-ce là simple coïncidence?

Cette disposition ne semble pas être le fait du hasard; elle suppose une certaine connaissance de la science de l'orchestration; on y trouve une réelle variété des timbres, 'les oppositions et les mélanges de sonorités qui sont l'essence même de l'orchestre.

Derrière ces musiciens viennent les chanteurs, disposés sur deux rangs (fig. 90); il y a d'abord neuf enfants âgés de six à douze ans; puis six femmes dont l'une se lient la gorge. Sans doute, comme les femmes arabes et persanes le font encore aujourd'hui, était-ce pour émettre facilement un son plus vibrant.

Le chef de musique et ses trois compagnons battent la mesure avec le pied, et deux des chanteuses avec le bras droit; tous les enfants frappent dans leurs mains.

La musique perse. — Les Perses ont laissé peu de bas-reliefs, et ilu moins aucune représentation musicale. Sans doute usaient-ils des instruments assyrobabyloniens : harpes, cithares, doubles flûtes, psaltérions, et de ceux de Syrie et d'Asie Mineure : kinnor, sambuque, peclis, magadis, barbiton, etc.

Les historiens et géographes grecs nous racontent une foule d'histoires sur l'état de la musique dans ce pays. C'est ainsi que nous apprenons d'Hérodote avec beaucoup d'étonnement que les Perses n'admet-

fig-

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