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A. liarlh. Les Hdir/ions de l'Inde, p

deux modes de la gamme, les diverses séries ascendantes et descendantes des notes, distinguées par leur point de départ, par le mode et l'octave imilrrhands), des traits ou fioritures variés, des espèces analogues de rythmes, de mesures, de mouvements (tâlas, etc.). S'il n'est plus question des 18 types de cantilènes, du moins sous leur antique dénomination de jàti, le ràga a continué à se développer, conjointement avec les échelles ou modes dans lesquels il s'exécute.

Sans doute, comme il advint, du reste, à l'époque que nous avons appelée classique, l'Inde moderne connaît plusieurs systèmes musicaux, présentant entre eux des dilférences assez nombreuses; mais le fond semble être resté toujours le même. Qu'ils se réclament de la théorie karn.itique ou hindoustanie, les musiciens actuels dans leurs compositions, les écrivains dans leurs ouvrages en dialectes provinciaux, continuent à suivre, comme des autorités infaillibles et intangibles, les anciens traités sanscrits, ceux de Bharata, de Çàrngadeva, de Dàmodara, d'Hanuraan ou de Soma, etc. La doctrine s'est conservée plus ou moins pure suivant les contrées : celles du Nord, plus immédiatement ouvertes à la fréquence des invasions, ont pu voir le métal premier s'altérer sous les couches successives d'un alliage d'importation étrangère; mais il apparaît encore nettement sous celte surface d'emprunt. Comme on l'a dit, l'hide est, par excellence, le pays où rien ne se perd^ : la tradition musicale antique s'y est perpétuée jusqu'à nos jours. Nous avons toutefois à indiquer les quelques particularités qui distinguent la musique actuelle de celle de l'ancienne époque'.

Les notes, çrutis, etc. — Les 7 notes ont conservé, avec parfois de légères modifications dialectales, les noms sanscrits. Les mêmes caractères devandijarîs servent à les désigner, concurremment avec les signes correspondants des divers alphabets de l'Inde, bengalis, taniouls, marhattîs, telingas, etc., selon les régions. Nous les donnons sous cette dernière forme, le telinga ou telugu étant la langue musicale par excellence du sud de l'Inde :

XD (Sa), ^ (ri] ,X (ga), JSo (ma),

^ (pa), ^ (dha) , <^ (ni)

Les 22 çrutis constituent toujours les intervalles de la gamme, et leur place dans l'échelle donne aux notes qui leur correspondent leur juste intonation. Comme dans la théorie classique du reste, ces minimes intervalles ne trouvent, à proprement parler, leur application que dans l'exécution des multiples fioritures, qui utilisent réellement le quart de ton''; et, d'autre part, le décompte des intervalles, en nombre variable, qui séparent les notes, sert à distinguer non seulement deux formes principales delà gamme, mais encore les nombreuses échelles ou modes, analogues aux iiiclas de Soina, auxquels a donné naissance la théorie complexe des rdgas.

La gamme chromatique hindoue. — En réalité, l'octave hindoue moderne serait divisée en 12 demi-

3. L'ouvrage, si souvent utilisé, du cap. Day nous renseignant surtout sur la théorie moderne du sud de l'Inde, et notamment sur la théorie karnàlique, c'est celle c|ue nous exposons à peu près exclusivement au début de ce chapitre (V. cap. Day, onvr. cité, p. 30 et suiv.).

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