‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 549 sur 1158 · Voir S. M. Tagore, A few Spécimens of Indian Songs · texte numérisé non relu

Voir S. M. Tagore, A few Spécimens of Indian Songs

elle comprend généralement les divisions suivantes, ou motifs distincts, qui se succèdent dans l'ordre indiqué, sans être toujours toutes employées. Ce sont: 1° toujours une à&thâyl; 2° toujours également une ou plusieurs anlâràs; 3° parfois une saincâii; i" parfois un liblioija.

Caractères des mélodies hindoues. — Dans son Traité sur la musique de V ilindouUan^ , le cap. N.-A. Willard avait déjà résumé assez exactement les caractères de la mélodie hindoue, et ses observations, que nous traduisons librement, s'appliquent aussi bien à la musique du Sud qu'à celle du Nord :

1" Les motils sont courts, mais comportent des répétitions ou des variations qui viennent augmenter la longueur des mélodies;

2° Elles participent plus de la nature du rondo que d'aucune autre forme de comjiosition européenne, le morceau étant régulièrement terminé par la répétition du premier motif, parfois de la première mesure ou de la première note de cette mesure;

3° Les répétitions de mesures ou de membres de phrases sont fréquentes, avec de légères variations, la plupart ad libitum;

4° Les pauses ou points d'orgue peuvent être prolongés au gré de l'artiste, qui jouit d'une très grande liberté d'exécution.

On peut ajouter que le mouvement est sujet à de nombreux changements, que le chant se trouvi^ coupé fréquemment par de véritables récitatifs ad lilAlum. Le rythme est, en général, très marqué, mais bien moins régulier, surtout pour les couplets, que dans notre musique. Les finales présentent une physionomie très particulière, ou plutôt les airs semblent totalement dépourvus de conclusion, car ils finissent très souvent sur ce que nous appellerions un temps faible ou levé, et même sur le dernier temps de la mesure, sans le retour obligatoire de la tonique. On veut expliquer cette coulume bien orientale par ce fait que ces courtes mélodies étaient soumises à des reprises ou du ciipo, surlout les chansons populaires à couplets; mais, en supposant que ces ballades se terminassent par une véritable conclusion, analogue à nos finales, celle-ci n'est, en tout cas, jamais indiquée dans les airs notés. Les traits et embellissements dont elles sont comme à plaisir surchargées, les modifications fréquentes de mouvement, de mesure, de rythme en un mot, l'emploi des nombreuses échelles à intervalles variables, si déconcertants pour nos oreilles, etc., rendent difficile la traduction exacte en notation européenne de la plupart des mélodies hindoues.

L'interprétation indigène; les chanteurs'^. — Il est même assez rare de les entendre bien interprétées par la généralité des chanteurs indigènes, qui s'ingénient sottement, pour faire valoir leur virtuosité, à masquer l'air sous d'innombrables ornements, et finissent par le rendre méconnaissable. D'autre part, leur méthode de chant, surtout dans le système karnàtique^, est très défectueuse, el leur voix manque en général de volume. Ils ne la cultivent pas, dans

Page 1