Day, oiwr. citi^, p. U
• Extrait de l'ouvrage du cap. C.-U. Day, avec l'autorisation spéciale de la maison Novello et G".
niSTOinE DE LA MUSIQUE
(Gauche)
en panchama - çruti
en madhyama - f ru f i " '
en madhyama- çruti '*'
(cordes lalérales) | (manclio)
La main fiauche rt'ple les intonations en pressant sur les cordes à la hauteur îles touches, généralement avec les deux premiers doigts réunis sur la 1''^' corde, avec le ponce sur la 4'^. La plus légère diiïérence de pression fait varier le son, et celte circonstance est utilisée pour l'exécution des agréments, trilles, tremblés, cadences de petites notes, dont les traités indiquent le jeu, fondé sur des intervalles d'un (|uart de ton [rruti) clairement perceptibles pour des oreilles exercées. En pressant fortement la corde et en la faisant un peu dévier de la ligne droite. Sema' indique le moyen de produire sur la touche de m, par exemple, la tierce ga (cet ell'et s'appelle uccatâ), ou la seconde ri {parald}-, etc.
Quant à la main droite, elle est iniiquement employée à juiicer les cordes, comme on ferait de la mandoline ou de la guitare, à l'aide des ongles, qu'on laisse pousser dans ce but, car on n'emploie pas le pleclre avec cette vinà. Ces pincements {mehlu} sont de 3 sortes : kiitra-, todn-, et gotu-mehlu^. La [ main prend la position suivante : le poignet repose presque sur le bord de la table, la main étant légèrement arquée. L'index et le médius sont sur la table et frappent les grandes cordes, les ongles en bas; les deux autres doigts servent à pincer les cordes latérales par un mouvement de bas en haut. Le premier exercice auquel doit se livrer l'élève consiste à frapper une des grandes cordes de haut en bas, en même temps qu'il frappe une des cordes latérales de bas en haut, ce qui est plus difficile qu'il ne parait au premier abord. Ces coups simples constituent le golu-mehtu. Le kiitra-mehtu consiste à frapper deux fois une même corde, d'abord avec l'index, puis avec le médius, de façon à répéter le son. Le toda-methu (étoufferaent) se fait en frappant la corde avec l'index, puis en arrêtant légèrement la vibration avec le médius, de façon à produire un détaché (staccato).
Pour jouer de la xinà, on donne à l'instrument une des 3 positions suivantes : 1° l'exécutant est assis sur le sol, les jambes croisées, et lient son luth de façon que la calebasse louche presque sa cuisse gauche, le bras gauche arrondi autour du manche, les doigts se posant aisément sur les touches; le corps de l'instrument repose sur le sol, en partie supporté par la cuisse droite; — 2° même position, mais le genou droit est relevé, face à l'inslrumenl, que la jambe empêche de glisser; — 3° l'exécutant, toujours assis les jambes croisées, tient le corps de l'instrument appuyé contre sa poitrine, le manche relevé dans la position verticale.
Cet instrument est inférieur, pour le volume du son, à la mandoline ou à la guitare, mais a une capacité plus grande et, dans des mains habiles, produit des ell'ets plus variés; il a un caractère doux et plaintif et une grande richesse d'expression. C'est l'inslrumenl favori de la haute société dans le sud de l'Inde, où, contrairement à ce qui se passe dans le Déklian et dans le Nord, il n'esl pas réservé aux musiciens de profession, mais est enseigné dans les écoles et se trouve entre les mains de nombreux amateurs.
b] Vinâ du Nord •. — Moins parfaite que l'instrument précédent, la vinà du Nord (fig. 239 et 239 bix'), appelée aussi vinà du Bengale, miiliati-iimi, etc., et, par corruption, bin, est d'un usage populaire, à cause de son prix comparativement bas. C'est celle dont les peintures et allégories anciennes ont vulgarisé la
Fig. 239. — Viiiâ du Nord (Clément, llisl. de la mus., p. 119.)
forme et le jeu; c'est l'instrument préféré des musiciens hindouslanis, celui dont on rencontre déjà la descriplion dans l'Harmonie Universelle du Père Mersenne (Paris, 1636), et qui a été étudié avec soin par Fr. Fowke, dans une letlre au président de VAsiatic Socieli/ of Bengal, sous le nom de vinà ou lyre indienne-. Ce qui caractérise surtout ce luth, en dehors
Fig. 239 bis'
■ Bin sitdr, sorle de viiià du Nord.