‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 577 sur 1158 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

Voir plus haut, p

10. Day, omr. cité, p. 130; Matiillon {id.), n» 96, p. 155; Yantrakosha. p. 62.

• Elirait de l'ouvrage du cap. C.-R. Day, avec l'autorisalion spéciale de la maison Novello et C°.

mSTOIRE DE LA MUSIQUE

FiG 211".

Ekalaiilri, ou yektar.

— Parmi les iiislnimeiits à cordes, un des plus primitifs est, sans ("(intredil, le moiiociirde appelé dans les textes sanscrits (///os/ikAv) ou cka-tantrilai, ekii-tiirii, dont on a l'ait chtara, yektav ((ig. iVi'i; on le dt''sipno encore sous le nom de luntuni. 11 so compose simplement d'un liamlioii, au bout duquel est altaoliéo une yrunde f,'ourde ou un cylindre de bois creux; l'un des eûtes do celle caisse est recouvert d'une membrane de parchemin, traversée au centre par une corde que relient un simple no'ud.r.el instrument est communément enirt; les mains desreiij;ieux mendiants, qui en pincent de temps en temps l'unique corde avec les doi^'ts, pour accompagner leur chaut monotone. Oans les villnjies et les campagnes du DéUhan et du Centre, où il est très populaire, on comliine son emploi avec celui d'un tambour, pour scander une espèce de dialogue satirique et plutôt grossier sur quelque sujet d'actualité.

2° Piniik'i'. — Plus rudimentaire encore, peut-être, est la pinàkï des lexles sanscrits, dont on fait honneur au dieu Çiva. Un arc et une corde seraient les seuls éléments dont il se compose aujourd'hui. La tension de la corde est arbitraire et se règle sur la voix que l'instrument soutient. Cette corde se pince du bout des doigts et produit un son grêle. Mais le Samgila-ralmikara- le dote d'une gourde de renforcement du son et d'un archet tenu de la main droite.

3° Ananda-lahari^. — L'n instrument du même genre est Vânanda-lahriri, « flot de plaisir », qui, en plus du grand cylindre de Yek(i-I(intn, que l'exécutant serre sous le bras gauche, comprend, à l'autre extrémité de la corde, un petit récipient également recouvert d'une membrane; la main droite ébranle, avec un plectre d'ivoire allongé, la corde tendue à l'aide de l'autre main.

A liy\i '^° Gopl-yantra^. — 11 sert aux

y\ rll W mêmes usages que les précédents,

tout comme le gopi-yanlra, « instrument des bergères », dont nous donnons la description d'après le Catalogue de M. Mahillon (fig.

243). Composé également d'un C3lindre fermé à la base par une membrane, ce dernier comprend en plus un tuyau de bambou, muni à son extrémité d'une cheville; le tuyau est fendu sur la plus grande partie de sa longueur, de façon à former deux branches qui bifurquent sous la cheville et viennent s'attacher sur deux cotés opposés delà partie supérieure du cylindre. La corde en acier, enroulée par un bout sur la cheville, s'attache par l'autre bout au centre de la

membrane, de manière à traverser le cylimlie. C'est dans l'écartement laissé entre les deux branches que la corde est pincée par le bout de l'index de la main droite. Lu ra[iprocliant les branches [)ar une pression de la main gauche, on détend la corde, et le son baisse; en les lelàchant, le son remonte à la hauteur déterminée par la tension exercée à l'aide de la cheville.

f\ Kinnarî-vinâ. — La k'mnari-v'md (de kinnaraf, êtres mythiques à tète de cheval) est un ancien instrument (|ui semble bien déchu de son importance première; car il est regardé aujourd'hui comme grossier et est employé principalement par les gens de la camp.Tgne. Le Sami/ila-raindkara, qui le décrit longuement iVI, 25o-32;)), en signale 2 variétés, la petite {t(i(jln'i) et la grande (briltatl], auxquelles s'ajoute parfois une moyenne kinnari tmailhyariid)'^.

Tel qu'on le rencontre actuellement''' (lig. 2'i-6*), il est formé d'un bambou ou d'une pièce de bois noir, d'environ O™,?.'!, sur lesquels sont fixées, au moyen d'une composition résineuse, des touches d'os ou de métal, ou encore d'écailles de pangolin, au nombre de 12. Sous la tige sont attachées 3 gouides de ré-

FiG. 245.

Gopi-yanlra.

[Mahillon, ourr, citi\

Kimiari-vinù.

sonance. Des deux cordes métalliques, l'une passe sur les touches, l'autre, accordée sur la 1"^ eu quarte ou en quinte descendantes, suivant que l'accord est en panelinma- ou en madhyama-rrutl, est fixée à une certaine distance au-dessus des touches. Le son de cet instrument, limité dans sa capacité, est grêle, et le nasillement des cordes le rend au premier abord déplaisant. Comme dans les descriptions anciennes et les figurations des monuments, le bas est sculpté en forme de poitrine de vautour.

Dans la collection du Musée de Bruxelles", se trouve une kinnari dont la caisse sonore est formée des trois quarts d'un œuf d'autruche, recouvert d'une mince table de bois; on en jouerait avec un plectre d'acier.

La raiiktika-vind^, « luth de nacre », de la même collection, ne diffère de la précédente que par la caisse sonore, formée d'une coquille de nacre.

g) Rabâb'. — Lerabâb ou rubeb (fig. 247* et 2i7 bis) offre, comme la plupart des types hindous, de nombreuses variétés; on le désigne encore sous le nom ancien de rudva-vlnd. Son emploi est surtout fréquent dans les contrées mahométanes, en Perse, en Afghanistan, dans l'Inde supérieure et le Penjab, etc.; la forme seule diffère suivant les régions.

Page 1