Meadows Tayîor. ouvr. cité, p
9. Voir, pour plus de détails. The i\'nq{jitrali-khanah, and the Impérial Mtisicians, p. 211-21G. Conip. chap. il, p. 272, 273; cli. I, p. 26G.
ESCYCLOPÈniE DE LA MlSIçrE ET DrCTfO.WAmE DU COXSERVATOrnE
soleil (avant minuit?), des musiciens se mettent à jouer du sHî'nrt (chalumeau) et éveillent ceux qui sont endormis; et un yh'.irt après le lever du soleil, ils exécutent un court prélude, au cours duquel ils battent quelques coups de kuaarijali ilimbalel, soufflent de la grande trompette (km-ana), du nafir (petite trompette), et jouent des autres instruments, à l'exception de la timbale naqqarah. Après une courte pause, les surnas se font entendre à nouveau, sur l'indication de jouer donnée par les nafirs. Une heure plus lard, les naqqaralis commencent à résonner, et tous les musiciens entonnent le dianl de bénédiction^. Après quoi, ils exécutent 7 sortes de compositions... »
Parmi les instruments de musique employés dans le yaqqarali-khanah, l'ouvrage d'Abul-Kazl mentionne : 1° le kuwargah, ou timbale au son sourd, communément appelé damamah, dont il y a environ 18 paires; 2" le naqqarah (ou grande timbale nàgarà), 20 paires; 3° le duhul itimbale dhol\, 4 exemplaires; 4° le karnna (ou kurna, grande trompette d'or, d'argent, de cuivre ou d'autre métal), dont on ne joue jamais moins de 4 à la fois; 5° le surna ichalumeau), 9 exemplaires du type persan ou hindou; 6" le nafiv [nafari, petite trompettei, 1 exemplaire de chaque type persan, européen et hindou; 7° le sitvj (ou cor, çringa\, en forme de corne de vache, qui va par paire; 8o le sanij (grandes cymbales, jlianjd), 3 paires. »
L'empereur AUbar lui-même ne craignait pas de faire sa partie dans le nâhabet. « Sa Majesté a une connaissance de la science musicale qui dépasse celle que peut avoir un musicien accompli, et possède également un grand talent d'exécution, spécialement sur le naqqarali ^. »
Aujourd'hui 3, le nâhabet ne se compose pas d'un aussi grand nombre d'instruments. La plupart des ndhabet-khanclis possèdent seulement 1 paire de grands nâhabels; 2 paires de nakhras, avec d'autres tambours au besoin; 1 kurna, si le rang du maître le comporte; 1 ou 2 tndtris; l paire ou 2 de cymbales; 1 ou 2 ndgasdras. accompagnés de leur bourdon de cornemuse; et parfois 1 ou 2 nuyn ou flûtes à bec. Aussi l'effet produit par ces orchestres modernes est-il moins imposant qu'il pouvait l'être autrefois.
La musique des nautchs'. — Les concerts-pantomimes appelés nautchs dans l'Inde actuelle, par corruption du sanscrit mitija i danse mimiquée, représentation théâtrale), et que nous connaissons sous le nom plutôt impropre de danses des bayadires, ont leur musique spéciale, désignée par les termes laf/'a
ou keylika, et sont exécutés par des musiciens et danseurs des deux sexes, tout à fait de second ordre. Us appartiennent à une caste spéciale, dénommée melakdra-jdti dans l'Inde méridionale; leur troupe constitue le cliinna-mebi '. L'orchestre usuel se compose de 2 sdranrj'is lou de 2 violons accordés à la mode hindoue), d'une paire de timbales {mridanga ou tabla), de 1 bourdon de cornemuse (rruti-iipanga] et d'une paire de cymbales (tdlas ou jdlras) ^.
Le spectacle'' commence habituellement par un chant de bienvenue ou de bénédiction (mangala), dont les paroles saluent les principaux personnages présents; puis le chef de la troupe, tenant en main les cymbales, fredonne ou chante une espèce d'accompagnement, koiinaiiolu', scandé par le bruit des cymbales, et auquel s'ajoute le tintement des clochettes attachées autour des chevilles des danseuses. Pendant ce temps, les autres artistes, abandonnés à euxmêmes, jouent et parfois chanlent en chœur en toute indépendance, sans se préoccuper de la mesure et du pas des danseuses, tel ou tel air ou vdija, très doucement. La danse terminée, le vérilalde concert-pantomime commence. On exécute surtout des javadis et des patliams: une voix chante le solo, et le chœur reprend doucement le refrain. Les nautch-girh, pour nous servir de l'expression anglo-indienne, ou bayaderes, miment le chant, en avant des musiciens. Leur danse consiste surtout à rendre exactement les sentiments et les passions qu'e.xpriment les paroles chantées, à l'aide de gestes, d'attitudes, de mouvements lents des bras et du corps et de jeux de physionomie, dans lesquels elles mettent plus ou moins de retenue ou de hardiesse, suivant la qualité des spectateurs. Parfois le soliste chante des strophes sanscrites ou astapat/iis; et les instruments jouent une sorte d'accompagnement doux et monotone, sans mesure bien définie, qui soutient la voix ou alterne avec elle. On termine ces spectacles-pantomimes — bien particuliers aux peuples orientaux, et auxquels les spectateurs étrangers, désappointés, trouvent généralement peu de charme, faute d'en comprendre et d'en apprécier le véritable caractère' — par la reprise du mangala.
A vrai dire, la plupart des troupes de naitlchsnè sont pas composées d'artistes de premier ordre; et ce n'est pas par le spectacle de ces exhibitions qu'on peut se faire une idée exacte du caractère de la danse et de la musique hindoues.
1. Ce chant était probablcmeot analogue au mant/ala par lequel se commencent et se terminent toutes les exéculious musicales dans l'Inde |V. chap. V. p. 338).