Hchnholtz, Théorie physioloyique de la musique, p
ESr.YC.LOPÈDIE DE LA MlSfOUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIRE
8" Le caractère homophone et purement mélodique de la musique hindoue.
Nous allons reprendre un à un ces 8 élémenls de différenciation que nous venons de distinguer, pour essayer d'en expliquer l'origine et la raison d'être, ou d'en montrer la conséquence et l'intluence sur les destinées de la musique hindoue.
l'> Emploi du quart de ton; son existence réelle dans la théorie et dans la pratique musicales hindoues. — 11 est alïsolument indéniable que la théorie hindoue connaît un intervalle de son que nous pouvons assimiler à notre quart de ton {il en diffère à peine de plus d'un conima), et que cette rriiti. pour lui donner son véritable nom', est employée, depuis un lointain passé et aujourd'hui encore, dans la pratique musicale. Toute' la technique hindoue repose sur la division de l'octave en 22 de ces intervalles; ce qui ne veut pas dire que la mélodie procède uniquement par quarts de ton : jamais, en aucun temps et chez aucun peuple, il n'y eut de chants de celte espèce. lUie pareille musique « nous endormirait, nous jetterait dans une langueur rêveuse et stupide, si elle montait et desceiulait loujoiirs par gradations insensibles l'échelle des vibrations sonores^. » La trame de la mélodie hindoue est donc tissée sur une gamme diatonique, progressant par intervalles déler'minés et variables suivant ses nombreux modes, mais toujours divisée, comme dans noire musique européenne, en 7 notes : sa, ri, ga, mu, pa, dha, ni.
C'est cette variabilité de grandeur et de position des intervalles qui dislingue les modes entre eux. Or, parmi les 21) espèces d'échelles usitées dans le système de Soma, pour nous en tenir à cet exemple, il en est plusieurs qui ne présentent qu'un simple intervalle d'une i;ruti, de certaines noies à la suivante. Il suffît d'un simple coup d'œil aux tableaux des pages 321-32:) (que complète celui de la page 290), pour se rendre compte que c'est bien le cas pour les échelles vasantii-iltairavl, miUava-fiauda, hnmhira, karnald, deràks^hi, cuddha-nàtii, rîti-r/unda, (ibliirl, kabjnna, kdmbodi, siimanta et sdramua^. Chaque fois que nous entendons ces noies à intervalles augmentés ou réduits, différents de ceux que nous admettons aujourd'hui, notre oreille est affectée d'un défaut de justesse ; mais disons-nous bien qu'il en va de nn^me pour les Hindous, dont nos tons et demi-tons ne satisfont pas davanlage la délicatesse auditive.
Le quart de ton, qui existe donc bien — contrairement aux doutes émis par plusieurs musiciens européens mal informés — dans le dessin de la mélodie hindoue, est d'un emploi plus fréquent encore au cours des nombreux ornements et liroderies de petites notes, que les exécutants ajoutent à volonté, à propos