‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 618 sur 1158 · Voir notamment chap IV, p. 28li · texte numérisé non relu

Voir notamment chap IV, p. 28li

8. Voir, entre autres, S. M. Tagorc, Six Principal M(jna, Introduction, p. 7.

tl. Parmi lesr|uel5 on peut citer, avec les cap. Willard, Day, etc., le cap. MeadowsTaylor (Voir chap. VI, p. 355. — Comp. plus loin p. 360 et 375j. ,,'

10. Le peu d'estime qu'avait Platon pour les genres de musique qui

comme hors de propos, au thème qu'ils ont à interpréter. Dans l'exposé que nous avons eu à faire de certains points de la théorie de Soma, nous avons signalé et dt-tîni quelques-unes de ces délicates nuances d'intonation qu'indique sa notation originale*, et qui, admises déjà par la théorie anlérietire, ont été d'une pratique constante jusqu'à l'époque actuelle, à la fois dans la musique vocale et dans la musique instrumentale °. Des savants modernes, ignorant tout de l'Inde, ont essayé de nier ces raflinemenls si appropriés au caractère hindou, et de les réduire à une pure spéculation scientifique. « Ils supposent que ces différences sont si faibles, qu'il faudrait une éducation incroyablement raffinée de l'oreille pour en apprécier l'effet esthétique ^. » Mais le témoignage unanime des textes'', les affirmations des musiciens indigènes', comme les observations des Européens, qu'un long séjour dans l'Inde a rais à même de bien connaître les procédés de sa musique', renversent leur fragile hypothèse.

Constatation du quart de ton chez les Grecs. — On peut répudier, comme le faisait déjà Platon'", l'usage de ces nuances imperceptibles ou désagréables pour notre organisme; on est cependant obligé d'en reconnaître et d'en admettre l'existence, non seulement dans l'Inde, mais chez la plupart des peuples orientaux et dans la Grèce même. Ici comme là, les intervalles musicaux arrivèrent à se rétrécir jusqu'aux quarts de ton. Les variétés subtiles d'intonation que les Grecs désignaient par le nom de clmiai (ypoaî, couleurs, nuances), aussi bien que leur genre chromatique et enharmonique, s'étaient, dès avant Pythagore, le créateur de la science acoustique chez les Hellènes, introduits dans la monodie et dans la musique instrumentale.

Son explication par une finesse auditive supérieure. — " 11 est naturel, remaniue à ce sujet M. Gevaert, qu'un peuple dont la finesso d'oreille était proverbiale dans l'antiquité, ait cherché à utiliser des nuances peu sensibles pour nous autres modernes, absorbés que nous sommes par des combinaisons d'un autre ordre. De toute manière, l'extislence d'un art aussi raffiné nous forcerait à admettre chez les anciens un rare talent pour l'exécution musicale, si nous ne savions d'ailleurs, par des rapports dignes de foi, que le public grec et romain inonlrait à cet égard un goût très éclairé, et relevait avec sévérité la moindre inadvertance du chanteur ou de l'exécutant virtuose". »

Richesse et nuances délicates de la gamme des sons parlés dans l'Inde. — Combien cette remarque judicieuse s'applique plus exactement encore au peuple hindou, dont la phonétique possède tant de

admettent des inicrvalles plus petits que le demi -ton ressort de ce passage : « il est plaisant, en elTet, Socrate, de voir nos musiciens, avec ce qu'ils appellent leurs nuances diatoniques, l'oreille tendue comme des curieux qui sont aux écoutes, les uns disant qu'ils découvrent un certain ton particulier entre deui tons, et que ce ton est le plus petit qu'on puisse apprécier; les aulres, au contraire, soutenant que cette ditrérence est nulle; mais tous d'accord pour préférer l'autorité de l'oreille â celle de l'esprit. » {Républigue, L, vu.) — On pourrait rapprocher de cette critique la houtade du Chariot de terj-e cuite, où Mailreya se moque de ceux qui vocalisent le kdliatl (intervalle de son minuscule). Comp. ch. I, p. 264.

M. Bourgault- Ducoudray {Etudes sur la musigue ecclésiastique grecque, p. 2, 3, 4) a reconnu dans la musique byzantine u le fréquent usage d'intervalles altérés d'un quart de ton '■, et « ces variétés de genres de chant désignés par les anciens sous le nom de /poatl ». Il y voit l'inlluence de l'Asie et un « empiétement du goût de l'Orient sur celui de l'Occident ».

11. A. Gevaert, ouvr. cité, 1. 1, p. 34. — Comp. Ilelmholtz, ouvr. cité, p. 371.

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nuances délicates et subtiles du son parlé, soit en voycUfs, soit en consonnes, « dont le besoin ne se fait pas sentir pour nous, que nous n'employons pas, dont nous n'avons même pas l'idée », mais « (|ue toute bouche humaine pourrait arriver h émettre, après une élude plus ou moins proloupée'.

La lanitue sanscrite, pour nous en tenir à la |niiu-ipale langue littéraire do l'Inde, a 0 voyelles simples, 4 diphtoufiues, 33 consonnes proprement dites, 2 autres sons d'une nature particulière (le visargti représentant une aspiialion très faible, et Vanusnira une résonance nasale), en tout 48 sons représentés par autant de signes. 1,'alpliabel sanscrit comprend donc deux fois autant di; signes que l'alphaliet prec ou latin. Celte dilTérence est due, en partie, là l'existence dans la langue sanscrite de sons inconnus au grec et au latin, en partie à la perfection d'un alphabet qui exprime par des signes particuliers toutes les nuances de la prononciation-. Quoi d'étonnant à ce que cette multiplicité, cette subtilité du son parlé, ait son analogue dans la ténuité de l'intervalle musical-type, ou rrttti: à ce que l'oreille hindoue perçoive et admette des molécules de son dont notre appareil auditif a perdu l'habitude? Combien de modulations primitives ont été s'atténuant et ont fini par se perdre, par suite d'une sorte d'atrophie de nos organes vocaux et auditifs, et au fur et à mesure que le langage écrit s'est trouvé emprisonné dans des moules d'où il n'est plus sorti? Comme le suppose M. A. Laugel', « il peut sembler assez probable que le langage primitif de l'homme, comme l'est encore celui de tout enfant, était un gazouillement, un chant, une modulation, dont le timbre variait par d'insensibles gradations... Tout ce que l'acoustique peut apprendre sur la formation et le développement des langues, c'est qu'elles ont dii avoir, au début, un caractère tout musical et une richesse presque infinie d'inflexions >>.

Difficulté de leur perception par les oreilles européennes. — Les (Jrientaux en général, et l'IIinilou en particidier, plus qu'aucun autre peuple gardien fanatique de toutes les traditions, ont conservé quelques-unes de ces nuances phonétiques ou musicales, qui surprennent et déconcertent les oreilles européennes, comme l'indique cette constatation récente d'un Anglais habitant la péninsule, dont on ne niera ni la compétence ni la franchise : « Il faut, toutefois, quelque temps pour que l'oreille européenne s'habitue à saisir ces intonations [rausicales\ De même qu'il est difficile d'arriver à prononcer les diverses consonnes t, d, n, s [de l'alphabet sanscritl, de même il est très difficile et pour moi impossible de distini;uer les subdivisions ténues de notre gamme [hindoue], que l'indigène instruit sait apprécier et peut désigner au fur et à mesure de leur audition*. >>

2° Genèse de la gamme hindoue. — Le dessin de la gamme hindoue n'a pas été tracé comme celui de la gamme moderne. 11 n'y a rien là qui doive nous surprendre : l'histuire de la musique démontre que la gamme n'a jamais été et n'est point chose tout à fait rigide et absolue; que, si elle renferme certains

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