Chap. IV, p. 309; ciiap. V, p. 3-J
10. Pour la notation classique et niotierne, se reporter au chap. IV, p. 308. et au chap. V, p. 3S7.
11. Voir contra : Hinda Music repriutt'd frotn the J/imloo Patriot, p. 8 ; et The Iiulian Daily A'ews, 20 août 187i {Public Opinion, f. lî).
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
criliMulciit li'S orcliostres européens jouer ;i la cour lie leurs iiiali.'iràjas ou dans les villes devenues territoire an;.!lais, le mariage des accords déconcerte et choque leur oreille. C'est donc à tort qu'on a essayé d'en trouver l'exislonce dans la musique hindoue, comme on avait tenté de la chercher dans la musique grecque. Sans doute, ces musiques admettaient les chœurs et la multiplicité des instruments comme accompagnement du cliant. Sans doute, comme nous l'avons vu dans l'étude que nous avons faite des instrumenls hindous', on trouve parmi eux des chalumeaux accompagnateurs accouplés dans l'exécution musicale et accordés les uns en unisson avec la tonique, les autres avec la dominante; des bourdons de cornemuse poussant une note soutenue pendant loul le cours de la mélodie, en unisson avec la tonique; des timhales ou tambours, sur lesquels les chanteurs et les instruments prennent le ton, accouplés par deux, par trois, etc., et dont les dill'érentes membranes donnent chacune une note distincte, soit la tonique, soit la quarte ou la quinte, suivant que la musique est en madln/dma ou en pancama-rruti-. Sans doute, un des plus anciens textes sanscrits', en indiquant les trois manières différentes d'accorder les ijroupes de 3 ou 4 tambours, nous apprend que le i" donnait la tonique {sa}, le 2° la tierce (ya) ou encore la seconde (ri), le plus aigu la quinte ()>«), et que, parfois, un 4'^^ tambour donnait la note auxiliaire ni. 11 y a là, si l'on veut, un embryon d'harmonie; mais les accompagnements en sourdine des timbales, les murmures monotones des cornemuses, les pédales soutenues des chalumeaux, le doux tintement ou le battement bruyant des cymbales, les répliques des chœurs à l'octave ou à l'unisson, ne suffisent pas à nous autoriser à reconnaître l'harmonie, au sens moderne du mot, dans ces concerts où les instruments ne servaient qu'à renforcer ou à soutenir le thème mélodique. <i Dans un tel concert, et la musique non harmonique n'en peut produire d'autres, la mélodie est tout; seule elle a des lois, des cadences, un mouvement; les bruits qui l'enveloppenl ne sont point un véritable accompagnement; ils ne sont que le fond sonore, l'atmosphère lourde et mobile qui soutient les ailes de la pensée musicale'. »
Caractères de la musique hindoue. — Ce n'est donc point la magie des timljres, l'elTet saisissant de l'harmonie, la nouveauté de la modulation, qui constituent la valeur de l'œuvre musicale dans l'Inde, mais la richesse de l'expression mélodique. On pourrait diie, mulatis mutandis, des airs hindous ce que dit M. A. Laugel des vieux airs écossais et irlandais, monuments du génie mélodique des Gaëls : « Si vous voulez en goûter pleinement le charme..., ne les étudiez point sur les transcriptions de musiciens ignorants qui s'etTorcent de les faire entrer dans le lit de Procuste de la gamme moderne; gardez-vous sur-