Voir cliap. IV, p
6. Bien que tous les temps ne senibleut pa^avoir la môme imporance, dans la mesure battue par des mouvements de levé et de frappé.
6" Richesse et complexité du matériel rythmique.
— Cette musique est mesurée, c'est-à-dire subdivisée en portions de temps mathématiquement égales", et fortement rythmée par une certaine proportion observée dans la disposition, dans le nombre et dans l'étendue des membres et des périodes. Mais la complexité et la variété de forme des mesures, le caractère irrégulier et changeant du rythme, déroutent nos habitudes européennes. Comme la Grèce, l'Inde, à côté des durées normales ou rationnelles, réductibles à des nombres entiers, emploie des duréi's irrationnelles, qui ne peuvent s'exprimer que par des fractions du temps premier.
En second lieu, l'étendue des membres rythmiques, la coupe des périodes, présentent une abondance de formes inconnue à notre art moderne. « Celui-ci ne connaît, en général, que des périodes construites par la répétition infinie de membres de quatre mesures s'enchaînant d'après un procédé uniforme ■" ». Cette régularité monotone, qu'impose la convention au rythme des compositions modernes, n'est pas admise dans l'Inde, où, comme dans tout l'Orient, l'importance et le développement donnés au dessin rythmique s'expliquent par ce fait que, en l'absence du mariage des consonances et des accords, « c'est en lui seul que consiste la richesse de l'accompagnement* ». Nos musiciens pourraient certainement trouver dans cette partie de l'art oriental des sources d'instruction fécondes et des modèles dignes de leur étutle.
7" Absence de changements de tons ou de modulations. — Bien f|ue le caractère de tonique, ou initiale d'une mélodie, puisse être attribué à n'importe quelle note, toutes les gammes hindoues commencent par sa. La musique de l'Inde ne connaît donc pas les passages d'un ton à un autre, les modulalions. Un ràija y était écrit dans tel ou tel mode, suivant la manière dont les intervalles de l'échelle diatonique étaient disposés, et la mélodie pouvait employer plusieurs rdijas successifs, c'est-à-dire moduler d'un mode à un autre. Chaque fois, par conséquent, les distances des notes à la note fondamentale sa subissaient un changement, au lieu que dans nos transpositions on ne peut relever aucune différence entre les progressions successives; la tonique est déplacée, mais avec tout le cortège des notes qui la suivent dans un ordre identique. Nous avons déjà eu l'occasion de dire' que les Hindous n'employaient ni clef ni armature : ils se servaient toujours purement et simplement, pour la notation'", des sept signes ou syllalies que nous leur connaissons; suivant le mode ou le ràija dans lesquels le morceau était écrit, l'exécutant savait quelles notes il avait à augmenter ou à diminuer.
8° Homophonie, absence d'harmonie. — L'harmonie, qui conihine les sons et les fait entendre simultanément, est « une des conquêtes les plus récentes de la civilisation », et appartient tout entière au monde moderne. Pas plus que les Grecs, les Hindous ne l'ont connue dans le passé; ils ne la connaissent pas davantage aujourd'hui". Bien plus, lorsqu'ils
etc., on n'y trouve [tas ta distiurtion grecque et européenne du temps fort et du temps faible.