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G. Comp. le récit et les appréciations d'un autre vojageur, M. K. de Bonuières, cilè plus liant, eh. Vil, p. :i(ir». 7 .The Athenxum, i janvier 18'.'0(rci)roduit par Day, ouvr. c//t', p. 3^).
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INDE iTi
c'était (|iiilk'r ralinosplicte du désert pour une aliilOspliére parfumée d'un air frais et ilcs senteurs des lle'urs. » Et il ajoute : « L'éclielle ciiromali(|ue hindoue, sur laquelle sont formés les nombreux modes et les mélodies-types, ne parait pas diirérer de la niMre. 1,'absence d'harmonie fait passer, sans qu'on les reniar(|U(', les lé^'éres diltéronces qu'il peut y avoir entre elles. lîeaucoup décompositions de la mnsi(]ue hindoue, écrites dans le ton mineur, impressionnent l'Européen; mais les déviations de son des instruments à cordes, et les accommodements que permettent les instruments à vent, y introduisent un système enharmoiiii]ue qui di'lie la notation'. »
Imperfections de la plupart des transcriptions et des renseignements recueillis. — Au lnii de déclarer, d'une façon i;énérale, la musique hindoue absolument iiulifiiie d'estime, uni!'ormémeut nasillarde, traînante et monotone, ne conviendrait-il pas de reconnaître que. Jusqu'à ces dernières années, bien peu de ses innombrables productions ont pu étie notées, que bien peu de musique hindoue digne de ce nom, de musique classique ou relevée, a été entendu par des oreilles européennes? i< On peut juger, disait hétis, de la lé|,'èreté avec laquelle ont été recueillis les fails dont on prétend tirer des conséquences concernant la musique moderne de l'Inde, lorsqu'on examine les collections de mélodies indiennes publiées à diverses époques; les mêmes chants y présentent des liaductions si ditférentes de formes et de tonalité, qu'elles autorisent à mettre en doute la fidélité de l'une ou de l'autre transcription-... »
Abondance, originalité des documents musicaux. — Et cependant, dans un pays aussi vaste, et composé de réi:ions aussi ditférentes, que l'Inde, les documents abondent. Après avoir insisté sur le peu de valeur de ceux parvenus jusqu'à nous, un de ceux qui ont le mieux compris l'originalité de l'art musical hindou, le capitaine (depuis devenu colonel Meadows Taylor ajoute : « 11 existe idans l'indei une musique d'une grande beauté intrinsèque; et les anciens nigas ou modes, avec leurs mélodies pleines de simplicité, leurs échelles souvent charmantes et d'une difficulté merveilleuse, les dhrupaih et les liivunis et les auties thèmes de l'exécution vocale et instrumentale, les belles et plaintives ballades des Ràjpoutes et des Mahrattes, récompenseraient amplement de la peine qu'un homme compétent prendrait à les recueillir. Le gouvernement de l'Inde rendrait un service inappréciable au monde musical entier, en entreprenant la collection et la mise en valeur complète des meilleures productions musicales hindoues et mahométanes, qui existent dans le >'ord de l'Inde, le Ràjpoute et le Guzerate, dans les provinces du Sud et les provinces centrales, le .Mahàràshtra et le Bundelkund. La musique de chacune de ces provinces a un caraclére aussi dill'érent que peut l'être celui de la musique des diverses nations de l'Europe, et une grande partie de ces documents est très intéressante. Que de chants d'amour traduits dans les vieux rdgai! Combien d'événements chevaleresques des temps anciens et moyenâgeux fournissent le sujet de ballades très semblables aux nôtres, descriptives, pittoresques et originales au plus haut degré,
1 . 1! s'agit ici des agréments ou lioriturcs procédant par quarts de ton.
2. Fôtis, ouvr. cité, p. 200. — ]Nous nous gardons d'exagérer la valeur et l'importance des quelques caulilèucs ou mélodies de ÇàrngadcTa. dont nous aurions \'U donner (Voir p. 30S-314. 318-320) de plus nombreux exemples ; telles qu'elles sont cependant, elles contribueront peut-être, à côté des spécimens ifairs empruntés aux publications antérieures ou recueillis par le cap. Day, ù donner une idée des manifes-
à la fois au point de vue du sujet et de la musiiiuc! Dans le pays niahralte, ma propre expérience me permet de rallirmer, les ballades et les chansons d'amour sont iiinoiu brailles. Les premières appartiennent soit à la période niahométane ancienne, soit à celle des soulèvements mahrattes, ou des luttes plus récentes de ces derniers contre les ,\uglais, et elles sont remplies d'aventures locales et d'ardentes descriptions; tandis (|ue, parmi chacune des formes que revêt la chanson d'amour, sous les diverses dénominations régionales (in'elle reçoit, il y en a des vingtaines, même des centaines, dans chaque province de l'Inde, qui méiiteraioiit d'être tirées de l'obscurité où elles sont ensevelies, et de prendre place dans les annales musicales du monde'. »
Note habituelle des compositions hindoues. — Bien que les Hindous se soient, aux dilTérentes époques de leur histoire, essayés dans les divers genres musicaux, il faut reconnaître, avec un de leurs porteparole les iiliis autorisés, le ràja S. M. Tagore'-, qu'à leur musique moderne tout au moins les grandes envolées héroïques et martiales font presque complètement défaut; ce n'est pas dans l'expression des sentiments virils et rudes qu'ils excellent, mais dans la note tendre et voluptueuse, volontiers erotique, ou mélancolique et rêveuse, et aussi dans les diverses manifestations d'une gaieté franche et légère. Intluence du climat, prédisposition native, résultat de circonstances concomitantes, conséquence d'un état social parliculier, peu importe à notre constatation. Si l'expression trop vive de la joie, de la douleur, de l'enthousiasme, répugnait au caractère du peuple grec, à son goiU sobre et délicat, subordonnant à la beauté froide, puissante et un peu sèche, qu'il prisait audessus de tout, l'explosion exubérante d'une sensibilité raffinée ■■; — au contraire, les accents passionnés et pathétiques, la recherche du mystique et du vague, les apprêts dune sorte de romantisme éthéré, plaisent au suprême degré et conviennent admirablement h la tournure d'esprit éminemment subjective de la race hindoue.
Charme de la musique de l'Inde. — C'est en faisant abstraction de nos tendances modernes, en sachant tenir compte du caractère et des aspirations de ce peuple au passé glorieux, qu'il faut s'essayer à percevoir et à comprendre le sens et la nature de sa musique originale. Et alors, s'il nous arrive, dans cette favorable disposition d'esprit, d'entendre aujourd'hui de vieilles cantilènes, d'anciennes odes écrites il y a des siècles, chantées dans la même mélodie franche et naïve qu'autrefois, avec les mêmes cadences douces et paresseuses, les mêmes battements légers de petites mains, le même tintement cristallin des cymbales d'argent, peut-être pourrons-nous parvenir à saisir l'âme de cette musique. .Notre injuste dédain fera peu à peu place à une bienveillante impartialité, à une accueillante surprise, à une curiosité attentive, et, la comprenant davantage, sans doute arriverons-nous à l'aimer^. \a moins, nous la connaîtrons mieux, et avec elle et par elle le peuple qui l'a enfantée.
L'âme d'un peuple révélée par le caractère de sa musiiiue. — " Nul spectacle, nulle lecture, nulle étude.
talions relativement anciennes d'un art qui raérilc certes mieux qu'un ilédaigneux oubli.