C'est le signe de gauche, mais couché
î. Gevaert, Problèmes musicaux d'Ariilole, p. 338.
/irSTOfnR DE LA MUSIQUE
vaille : les niijlopécs liclli^niiHips, dans Icnii's foriiiuli's conclusivcs, manifeslcmeiil «c (ii'si'ciuli'iil ". Delà une manière traditionnelle et, à la Jonfiiie, impérieuse, de situer la sensible au firave, pniscpie le sou le plus bas exerçait, apparemment, une attiaclion sur son voisin. Nous verrous plus loin que cette attraction étendait ses ciïels jusi/u'an voisin ilii voisin et, qu'il se produisait, ;\ l'intérieur de chaque télracorde, un resserrement des deux sons médians contre le son de base :
A de telles lialiitudes correspond normalement la forme diatonique où le demi-toii, dans cluuiue télracorde, est à la troisième place, à partir de l'aif^u.
(Juant à l'importance de la quarte, il faut croire que cet intervalle limita l'étendue des mélopées primitives. Les discussions physico-philosophiques des 4\vtliaf;oriciens expliquèrent après coup l'organisme du tétracorde et le conrirmèi'cnt dans ses dignilés.
L'orientation de l'éclielle vers le grave est donc, dans la musique grecque, constitutive. Dorénavant, et pour nous conformer à l'usage des théoriciens de l'Antiquité, nous présenterons les diagrammes systématiques sous la forme descendante; et, pour faciliter la lecture, ils seront transposés en clef de sol : les lignes supplémentaires se trouvei'ont ainsi supprimées.
7. De ce que la quarte est théoriquement le système générateur, il résulte que l'échelle générale doit se résoudre à n'avoir plus toute l'étendue indiquée plus haut :
ërvigjon aTtiiquë ^ TétracordeE,
clrîisioii moderne
i-'ij
Le /(( d'en bas, qui complète l'octave grave, est, au sens antique, supplémentaire. Admis à figurer au tableau, par symétrie, il s'appelle la « note ajoutée » (proslambanomène) pour bien marquer qu'il est en dehors des tétracordes vénérés.
Le vrai diagramme est celui-ci :
qui est fait de deux systèmes de tétracordes conjoints* deu.x il deux, séparés par un « ton disjonctif » [si-la).
L'octave mi-Mi occupe donc le centre absolu de cette échelle générale. Elle est à cheval sur la Disjonction; fait important, car il aura pour résultat d'engendrer à cette place même un mécanisme modulant qui sera décrit plus loin (10).
Le précédent exposé permet d'ébaucher l'histoire de ce système général. L'origine en est l'octave mi-Mi considérée beaucoup moins comme une octave que comme la juxtaposition des deux tétracordes seinblables : [mi, ré, ut-si] et [la, sol, fa-mi]. L'extension de cette octave se fit par l'adjonction à l'aigu et au
1. Deii\ tèlraconies sont dits conjoints lorsque le son le plus aigu de l'un sert de son gr.ivc ii l'autre. Séparés par un ton, ils sont disjoints.
grave il'un ti'tracorde conjoint, l.'ajuuli'c ne fut que le pendant symétrique du son le plus aigu par rapport au la central, qui devint, grâce à elle, le véritable centre, le milieu ou Mése^ du svstéme :
Il ne 'faut pas o'-blior que la hauteur vraie de la
ilèse est : ^E
; ou, au diapason moderne, à peu
La.
près :
tï:
8. Ainsi l'octave n'est point le système générateur de l'échelle musicale grecque. Les tétracordes ne s'associent pas deux à deux pour former une octave, mais quatre h quatre pour en former deux, moins un Ion.
Pendant longtemps cette étendue sonore de 14 degrés fut sulTisante pour tous les besoins musicaux. Lorsqu'il lui arriva d'être dépassée, les procédés de notation et de nomenclature employés pour exprimer les sons débordants conlirmèrent la doctrine primitive. On va le voir.
Tandis que pour nous les « phénomènes musicaux » renaissent d'octave en octave, semblables entre eux, par la juxtaposition des octaves (A, A, A...), bout h. bout,
-fflO
chez les Grecs la série sonore, dont les éléments sont indissolublement liés entre eux, est singulièrement plus longue et plus compliquée [lo|. Elle renaît (a, a, a ...) de double en double octave :
et elle n'est compréhensible, à l'encontre delà nôtre, où la division tétracordale est tout à fait secondaire, que si on la résout en une double paire de tétracordes associés.
On ne devra pas s'étonner que dans la série hellénique {y.) les mêmes noms ne puissent s'appliquer à des sons séparés par une distance d'octave. Celte distance, qui est pour nous un repère essentiel, ne constitue point pour les Grecs un jalonnement uniforme. Leur diagramme sonore a une longueur de 14 degrés diatoniques : c'est dire que 14 noms dilférenls leur sont attribués.
La MiisE sert de point d'origine à la nomenclature. Elle est la mottenne par essence. Le tétracorde auquel
Mlse. corde moveone ^ corde du milieu.
KXr.YCLOPÉDIE DE LA Ml'SIQl'E ET DICTIOXXAIRE DU r.OXSERVATOIRE
elle appartient prend le nom de T. des moyennes. Celui-ci a pour conjoint, au grave, le T. des graves. Au-dessus de la Disjonction se trouve le T. des disjointes, lequel a pour conjoint, en haut, le T. des
1IÏPERB0LÉES ou deS SURAIGUES :
'^32«I£lr£s
Lyre fruste, heptacorde, tournée du côté de la face antérieure ; les images VIII et IX, analogues, montrent le dos de la carapace. Ici l'on voit très nettement le cordier, auquel sont fixées les cordes, le chcvalel qui les soulève et le pleclre, attaché à la corne de droite par un cordonnet de laine rouge, et qui semble accroché au chevalet. Une houppette de laine orne le plectre. Les clierilles d'accord, ici plutôt des rouleau.r, ne sont pas en nombre égal à celui
9. Le centre de ce diagramme [28] est l'octave de MI. C'est à cette région que s'appliquent les noms individuels des sons. Ils sont, comme les sons eux-mêmes, répartis en deux groupements séparés par la disjonction la-si :
in
Ui
te
Le