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En alternnnt avec la (juarle, renversement do la quinte

2. Au-dessus du son le plus grave, 6 quintes ascendantes successives surlisent à remplir l'octave, et celte constatation a été faite de très bonne heure.

3. J'écris en unifiant l'orthograplie : résQnance,rionsonance, dis. sonance.

les Modernes ont pris pour base normale de leur langage sonore une octave divisible en deux tétracordes ayant chacun le 1/2 ton à l'aigu, les Grecs ont donné la prééminence à la gamme qui place, dans chacun des tétracordes, le 1/2 ton au grave. De sorte que si l'on superpose les deux systèmes, en inversant leurs directions, on obtient, à ces directions près, deux

gammes semblables :

[9] présentant ce caraclère commun qu'elles ont chacune deux Sensibles, et cette différence essentielle que si dans l'art moderne les sensibles ont une allure ascendante, dans la musique grecque elles tendent au grave. On reviendra plus loin sur ces analogies et sur ces divergences (Ul) |112|.

Lyre fruste, portée par Apollon. — Monnaie de Tarenle, frappée vers la fin du vic siècle avant notre ère. Inscription à rebours : TAPAI. — Cabinel des Médailles.

3. Voici comment, dans la pratique, la gamme de mi fut constituée. Supposons une lyre à huit cordes dont l'accord puisse être réglé par un mécanisme simple, et fixons au la-i la quatrième corde de l'instrument à partir du grave. Prenons successivement sa quinte mi^ aiguë; l'octave grave mi-i de cette quinte''. Nous obtenons ainsi les cordes compréhensives de l'octave rnii-mi-^.

Ketournons au la,. Prenons sa quarte supérieure ré,; delà, par quinte descendante, réglons le sol-,; de ce sol-2 montons à l'ut-,, et de celui-ci descendons au fa^. Nous aurons, en partant du la et par une série de consonances qui sont des quintes ou des équivalences de la quinte, « accordé » notre lyre à la manière des .anciens :

Les chiffres et les flèches indiquent clairement 1 o- ]iération. Le résultat est la gamme ou mode de MI :

4. Au lieu de prendre l'oc^Uve de mta au pravi», on pourrait, en partant du Ms. accorder le îiiit par quarte inférieure. La quarte étant une quinle renversée fournit un moyen d'accorder presque aussi snr. L'observation est gêncralo et s'applique au reste de rop6ration décrite.

lIISTOfRE DE LA MVSIQCE

Pour la consli'uire, les Anciens procédaient comme | nos luthiers ; tout instrumentiste, au temps d'Kscliyle ou au nôtre, pour accorder cet instrument, aura rel'ours au moyen immuable, universel, à l'étalon par excellence, la Quinte, que la nature semble avoir créée pour être, dans l'art de tous les temps et de tous les pays, l'ordonnatrice des sons musicaux.

A ce lu. central les Cirées attribuaient un rôle si important qu'ils le dénommèrent la mksk, la corde du milieu, exprimant par là non seulement sa position (thétique), mais sa fonction (ilynamique). Le ta, est pour eux l'ombilic du système sonore. " Pourquoi, se demande Aristole [problcinc X.XXVI), lorsque la Mèse est dérangée de son accord, les autres cordes, elles aussi, sonnent-elles faux, sinon parce que, pour toutes les cordes, la tension est réglée par la Mèse ' ? "

A la mèse se rattachent étroitement les deux mi, « conipréhensifs » de l'octave, et le si. Ces quatre sons constituent l'ossature llxe, essentielle, de l'échelle musicale, et, suivant la belle expression d'Aristote, « le Corps de l'Harmonie- ». >'on pas que les autres degrés de l'échelle soient moins intimement reliés au la par consonances. Mais on verra bientùl que, à la différence de notre gamme, les échelles grecques toléraient des tlotteraents dans le réglage des sons autres que mi, la, si, mi,

corps de 1 HABMONIE

lorsque le diatonique naturel n'était point pratiqué. Or, même dans ce cas, c'est-à-dire lorsque les Grecs faisaient subir à leurs gammes les plus étranges déformations, ils décrétaient immuable le Corps de l'Harmonie et le constituaient gardien des consonances fondamentales.

Due coïncidence existe entre cette ossature du mode DE MI antique et les notes tonales de notre Majeur Moderne; et, fait remarquable, les degrés armés de S dans notre gamme de mi majeur [= gamme d'ut majeur] sont précisément ceux qui pouvaient, chez les Hellènes, lorsque le Diatonique naturel était rejeté comme trop naturel, prendre diverses intonations :

D'ailleurs, dans cette gamme moderne comme dans le mode antique, le I^^ le IV% le V« et le VIIl" degrés limitent deux à deux les tétracordes.

On n'insistera pas ici sur ces coïncidences, qui ne sont pas fortuites, qui impliquent des lois supérieures, antérieures à tout système musical, et qui sont relatées seulement pour que le lecteur y trouve une mnémotechnie provisoire.

1. Voir le comraenlaire de Gevaert. Probl. muiic. d'A., p. 1S8 sqq.

2. Le mot harmonie signifie, en grec, série mélodique coordonnée.' — 11 arri%e très souvent que les termes français dérivés expriment tout autre chose dans notre langue. C'est ainsi que le mot symphonie (voir l'épigraphe de ce chapitre) doit se traduire par consonance. Ces difficultés terminologiques sont nombreuses.

3. M. Francisque Creif, dontles deux premières études sur la musique grecque [Revue des Etudes Grecques, 1909) font pressentir l'opinion là-dessus, annonce qu'il exposera procha inementuae solution satisfaisante. Le sera-t-ellc sur tous les points?

Lyre fruste, penlacorde, vue sur la face postérieure. Exécution assez fantaisiste : aspect singulier des cornes. Les va!;ues banderoles qui pendent à droite et à gauche sont sans doute un baudrier, dont les citharistes plus loin feront comprendre l'usajie, et le cordonnet du plectre. — Inlaille de l'époque gréco-romaine. — Cabinet des Médailles.

4. Le Cl diatonique vulgaire », celui que Pythagore et ses disciples mensurèrent, resta, pendant toute l'Antiquité, le seul régime musical d'une majorité. Et il ne faut pas croire que cette majorité se recrutât seulement dans la foule illettrée. Platon semble ne pas avoir admis d'autre échelle que celle qui procède par tons et demi-tons. Il faut poser en fait, au début de cette étude, qu'il y eut en Grèce deux arts musicaux parallèles, celui du « vulgaire » — sans que le mot soit ici péjoratif, car il implique simplement l'ignorance des subtilités et des artilices chers aux professionnels — et celui des musiciens de métier ou des dilettanti très renseignés. Or celui-là précéda celui-ci et ne cessa point de lui coexister. Reprenons donc la formule modale qui en fut, pour Pythagore, Platon et pour la foule, l'invariable et sacré principe, en l'allongeant, au grave, d'une quinte; à l'aigu, d'une quarte. Il en résultera le diagramme suivant :

Lai

série diatonique d'une longueur de deux octaves, qui correspond, à une tierce près, à l'étendue générale des voix d'hommes diverses, mises bout à bout. C'est, en elîet, sur les dimensions totales de la voix masculine que l'échelle type des Grecs a été établie, non seulement pour les voix, mais pour les instruments. On ne s'explique certaines particularités de la notation et de la théorie que si l'on a présent à l'esprit ce diagramme essentiel. Il faut, pour qu'il coïncide avec l'étendue réelle de nos voix d'hommes actuelles, lui faire subir une transposition d'une tierce (mineure) environ, au grave. Car, dans les interprétations admises jusqu'ici^, le diapason des Anciens est d'un ton et demi plus bas que le nôtre; et il ne faut jamais l'oublier, lorsque l'on opère une transcription séméiographique, d'après le système de Bellermann-Gevaert.

5. Ce diagramme [14] était, dès le milieu du vu» siècle, exprimé par la notation suivante* :

4. Ce sont là, comme on peut le voir par plusieurs signes, des lettres qui nous paraissent droites. M. Greif prétend qu'à l'époque où la notation fut codifiée par les Harmoniciens, disciples de Polvmnesle, Sacadas et Lasos, les lettres droites étaient le retournement de cellesci, et il propose, comme Hugo Riemann, une série différente de signes primitifs. Le résultat aboutit à une simple transposition, (hevue des Etudes Grecques, tome XXII, n* 97,)

ENCYCLOPEDIE DE LA MrSIQl'E ET DICTIOWAIIiE DC COXSERVATOTRE

empruntée à un alphabet archaïque (?). Il importe de retenir imniédialement la figuration de la mèse, du fa, et du fa^, ces deux dernières cordes délimitant l'octave moyenne des voix masculines, au diapason antique :

emploi et représentât, par exemple, roctave de mi par la série séniéioeraphique :

c<nKCFAr

Diapason anti(îue

Diapason moderne

Celte octave jouait un rôle important dans la pratique musicale des Anciens.

Bien que chacun de ces caractères pseudo-alphabéliques ait sa valeur précise, sa hauteur absolue, et qu'il soit possible de conjecturer que, très anciennement, le Diatonique vulgaire eût recours à leur seul

l'histoire de la notation grecque ne permet point de remonter à cet usage graphique très simple. Dès la fin du vii= siècle, le Diatonique vulgaire s'exprime par des moyens plus compliqués et qui correspondent aux particularités de la théorie, artificielle, dés lors et depuis en honneur. 11 ne conserve que 6 de ces signes et remplace le second, dans chaque télracorde (en montanl) par un étrange substitut', sur la nature duquel la suite de ce traité fixera le lecteur :

c < iTK c F iTr

[isj

L'étude de la notation est capitale, dans l'histoire de la musique grecque. « Beaucoup de bizarreries de la doctrine harmonique ont leur unique source dans les signes musicaux et ne trouvent qu'en eux leur explication^. »

Lyre fruste, hexacorde. On voit que les cordes ne sont point ici fixées au joug par des chevilles, mais qu'elles s'enroulent autour de lui, séparées les unes des autres par des renflements de la traverse, qui maintiennent l'écartement entre elles. La main fjauche de la Sirène est active et pince les cordes; la main droite tient le ;)/er/re, dont le cordonnet forme boucle tombante. Le musicien est ici une Sirène funéraire. Elle est debout sur un tombeau et elle mêle " la douceur de son chant aux plaintes du thrène «.

6. Considéré par les Modernes, ce diagramme [14] et [io] se diviserait en deux octaves. Pour les Anciens il n'en était pas ainsi, et l'échelle musicale était fragmentée d'une autre manière. Ils légiféraient que tout intervalle, à partir de la tierce mineure, peut devenir un » système » dans lequel le demi-ton se déplace ; et que le système fondamental, générateur de toute échelle, était la Ouarte consonante. Ils légiféraient aussi que parmi les trois formes de la quarte, spécifiées par la place du demi- ton, la quarte par

Démon redoutable jadis, la Sirène est devenue compatissante aux hommes, et elle vient distraire le mort de son éternel ennui. Eu face de celle-ci se tient un vieillard, parent ou ami du défunt, qui rend visite au tombeau. (Voy. Max. ColUgnon, les Statues funéraires diius l'art grec, p. SO-81.) — Vase en forme de lécylhe, k fond blanc, de la première moitié du v« siècle av. J.-C, publié par Collifrnon, op. cil. — Brilisk Muséum; catalogue de Waltcrs, III, B, 1351.

excellence avait le demi-ton au grave. L'octave mi- Mi en contient deux :

AJP o-

Il semble que l'explication de ce choix soil la sui-

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