‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 637 sur 1158 · UT · texte numérisé non relu

UT

SI

1. La désignation de cette corde {trite = troisftme) indique l'orientation descendante du diagramme.

HYPATE des moyennes.

LICHANOS des graves.

PARHYPATE des graves.

HYPATE des graves.

Quant à la corde ajoutée, le ^2 (proslambanomène), elle ne gardait cette désignation que si elle n'était point dépassée en bas par des sons plus graves. Lors- (|ue l'étendue primitive de 14 sons fut insuflisante vers le grave, le /a^ fut considéré comme la nèle des

HISTOIRE DE LA MVSIQVE

liK'J

Siiraif,'iù>s d'un nouveau syslome semlilable au premier, et qui était sa répli(iuc à la double octave grave. De môme, au-dessus du la, on admit la réplique, a la double octave aif;u<', du tétracordc des (Iraves, et le Mj devint l'Iiypale des Craves. La figure 31 rend clair ce mécanisme sii);:ulier :

Pour comprendre une mélopée grecque, il est indispensable de lui appliquer son régime des IV tétracordes, liés entre eux invariablement et qui donnent, chacun pour sa part, son caractère spécial à la région mélodique correspondante.

L'octave centrale mi-Mi, représentative du mode dorien, 1' « harmonie » nationale par excellence, se trouve divisée en 2 létracordes par la Disjonction lasi. Celle-ci est un « lieu musical » important, auquel s'adapte un mécanisme modulant très usité 1 10). Aussi peut-on dire que la Disjonclion est non seulement le centre de figure du diagramme sonore, mais le pivot de la modalité fondamentale.

Un tableau d'ensemble va présenter la nomenclature de ce diagramme :

StIRAIGUES'

On peut, pour la mnémotechnie, remarquer que de part et d'autre de la Disjonction {paramèse et mèse) deux groupements de 3 vocables (nèle, paranète, trite, à l'aigu — lichanos, parhypate, hypale, au grave) se font pendant. 11 faut constater aussi que la nèle des DISJOINTES est en même temps la quatrième corde des suRAiGUEs, de même que l'hypate des moye.nnes est aussi la première corde des graves.

Conservons ces désignalions; elles sont de commodes étiquettes. Mais il vaut mieux traduire lichanos par « indicatrice », et ce terme sera justifié par le rôle que joue la corde dans la détermination du « genre » (14).

10. Il manque à cet exposé un aperçu essentiel : :i ces quatre tèlrarordcs, en l'ITct, no se limite pas le système-type élabli par les (Irecs pour la coordination des soïis. Tel qu'il vient d'être décrit, le diagramme constitue le(;n\ND système i-Ani-AiT. Il était complété par l'adjonction d'un !>» télracorde intercalaire et s'appelait alors système immuable ou s. no.n modulant. Il devenait apte, en dépit de son nom, et par une contradiction apparente, h moduler d'une quarte, vers l'aigu, SI lo musicien voulait momentanément abandoinier le ton initial.

On inséiail ilans le régime tétracordal déjà décrit, et en prenant le la comme base, un système de quarte pareil aux quatre autres. De là, apparition du ,<('►>, caractéristi(iue de la modulation à la sous-dominante. Ce si;' coexiste à côté du si; et se trouve mis ainsi à la disposition du musicien.

La figure ci-dessous rend compte de celte inserlion :

âves.

Les noms attribués aux sons, dans ce télracorde intercalaire, sont individuellement les mêmes que dans les létracordes plus aigus que la Disjonction :

NÈTE des conjointes. P.\RANÉTE des conjointes.

TRITE des conjointes.

MÈSE.

et cela en dépit de l'origine des Conjointes, qui ne sont après tout que la transposition des Moyennes. L'ul et le ré. dans le Système Immuable, ayant une double fonction, suivant qu'ils appartiennent au télracorde des Disjointes ou à celui des Conjointes, ont aussi deux appellations.

On remarquera enfin que, dans le cas où le télracorde des Conjointes est employé, l'octocorde mi-Mi se trouve momentanément réduit à n'être qu'un bep-

if"Jowtes

tacorde :

Le mécanisme qui opère celte transformation est un des témoignages de fait les plus probants en faveur de l'antériorité de l'octocorde. C'est de l'octocorde « octavié » que l'heptacorde est sorti, et non l'inverse. Les mélopées enfermées dans les limites de sept sons diatoniquemenl conjoints paraissent avoir été nombreuses ; mais il n'y a aucune raison de croire qu'elles soient primitives. « Les sons qui forment des consonances étant les seuls que l'oreille humaine puisse déterminer avec précision, et que l'organe bumain puisse entonner spontanément, c'est par un enchaînement de quintes, de quartes et d'octaves que tous les peuples ont découvert, et qu'ils retrouvent continuellement la série entière des sons musicaux'.»

1. Gevaert, Problèmes musicaux d'Aristote, p. 177 sqq. Sur l'accord de la lyre à 7 cordes, voy. ibid., p. 182, 18i, 186; cf. p. 93-4.

Page 1