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ESCYCLOPÈDIE DE LA MUSIQUE ET DICT ION iS AIRE DU COXSEnVATOinE

les Grecs employaienl — dans des limites sévires, il est vrai, — la modulalion à la sous-dominante, aussi souvent que les Modernes exploitent la modulation à la dominante.

On trouve ainsi, dans la pratique et dans la terminologie des Anciens, une confirmalion des règles de prudence édictées par les iModernes pour l'emploi de la modulation à la sous-dominante. Sa fadeur redoutée nous la fait souvent reléguer à la tin d'une pièce. Là elle s'associe très bien au ton principal, dont elle n'est plus que l'humble acolyte. C'e.st ainsi que le plus souvent la traite J.-S. Bach.

Parce que les Grecs eux-niônies eurent la notion de cette dépendance, ils ont jugé la modulation passagère à la sousdominanle indigne du nom de <■ niétabole » (:= modulation!, et ils ont donné droit de cité au télracorde des Conjointes dans un système dit » non modulant »-. Les mêmes causes qui rendent la sous-dominante dangereuse dans la Tonalité moderne ont décidé de son inslallalion permanente dans la modalité hellénique. On trouve dans les cantilènes liturgiques du Moyen Age la survivance de cette pratique des Anciens.

12. Si l'on prend, en le transposant d'une oclave à l'aigu, le diagramme que les Grecs estimaient suffisant à la représentation de tous les sons utilisables, abstraction faite de Vajoulée au grave, et si l'on découpe dans celle série diatonique loutes les octaves incluses, on obtient les sept espèces suivantes, toutes dillérentes, par suite du déplacement des 1/2 tons dans l'intérieur de ces échelles partielles :

Lyre fruste, lieplacorde, tournée vers la face. Il faul regarder le vase à jour frisant pour distinguer le plcclre que la femme tient de la main droite, et qui n'a pas été reproduit ici. De la main gauche la musicienne pince les cordes, tandis que de l'autre main elle s'apprête à les grallcr. L'alternance ou la combinaison des deux modes d'attaque étaient réglées par le style des divers genres musicaux. On s'accorde à croire que la main gauche exécutait un accompagnement conlrapontique (à une partie) ou harmonique (Sym/ihonies seules), tandis que le chant était réservé au plectre de la droite (cf. XXXIII). Un Immlrier devait fixer l'instrument soit au poignet gauche (cf. image XIII, et plus loin les citharistes), soit au cou de la musicienne , pour permettre à la lyre de prendre la position horizontale. — Coupe à figures rouges, de la première moitié du v siècle avant J.-C. A.

gauche de la femme, un réchaud ; k droite, un autel. — Caf/inet îles Médailles; catalogue de Ridder, n" 581.

11. L'explication de l'antinomie qui existe entre l'étiquette du Système Immuable et ses fonctions modulantes doit résider dans le fait, confirmé jusqu'ici par les monuments, qu'à l'intérieur d'une période musicale, aucune autre modulation « passagère » n'était admise que la modulation à la quarte aigiie'. Et encore n'était-elle eH'ectuée que dans le tétracorde des Moyennes, qui se trouvait, ainsi qu'on l'a vu, transposé vers l'aigu. Momentanément la fonction do la mèse passait du la au ré, et l'hypate des Moyennes remplissait l'office d'hypale des Graves. Or, c'est là, dans noire langage et pour notre oreille, une véritable modulation à la sous-dominante. Elle élaitdans l'art grec si fréquente et si exclusive qu'on s'habitua à considérer le tétracorde des Conjointes, son moyen mécanique, comme le frère-né des quatre autres. En réalité il était, dans la famille télracordale, un intrus. Mais on l'adopta. Pour mieux marquer ses droits exclusifs à la communauté, et pour mieux poser l'interdiction de toute modulation autre, on proclama le système dans lequel on l'avait introduit : « immuable. « Cette qualification ne doit pas donner le change :

L'octave mi-Mi occupe le centre du tableau. Audessus et au-dessous d'elle trois octaves se disposent : fa-Fa, sol-Sol, la-La, en haut ; ré-Hé, iil-Ut, si-Si, en bas. Cette octave maîtresse, représentative du Mode Dorien, est apparentée étroitement avec celles qui sont situées aux deux extrémités de la figure :

Les sons compréhensil's^ font, dans ces trois formules, partie du Corps de l'Harmonie {H), cette ossature essentielle que les figures [27] à [32] mettent en évidence.

Au contraire, les octaves

I. Lin des byiniii-s dt;lj,liiqTies montre pourtant une modulation p.issagère à la quarte inférieure; mais il ne faut pas oublier que ce sont là des monuments d".^3sez basse époque. ^'

s'appuient sur des sons intercalaires dépourvus de

i. Toutefois ils ont pratiqué de véritables modulations, non passa- {^ùres, à la sous-dominante, en passant d'uni? strophe à une autre, ou ilunc scclion à une antre section, dans le cours d'une pièce longuement déveIoi»pêe. (Cf. hymne delphique. p. 517 et suiv.).

3. C'esl-ù-dire ceux qui limitent et enferment les divers sons contenus dans l'octave.

iifsTnini-: de la mi-sioie

3!il

lixilo. Sans enipiélcr sur la tliéoiie des Modes, qui viendra à son heure, il convient d'installer dès niainlenanl l'octave mi-Mi dans ses piéséances, et de voir en elle le pivot du uiécanisnie modal. Cliaque mode, en ellet, est lli^iirépar l'octave qui e\|Mime,en abréf;»^ et sciiématiiiuemenl, sa formule mélodique cai'actéristique. Au centre du système est le mode de mi; aux deux extrémités et appare[ités avec lui', le mode de La et le mode de Si. dans les régions intennédiaii'es, le mode de Sol. le mode de Fa, le mode de Ht' et le mode d'Ut-, cpii constituent un f;roupenicnt naturel en opposition formelle avec le piemier (102).

Dans l'octave hellénique par excellence, »i(-.U/, c'est la Mèse qui joue le nMe de pivot. Klle avait dans la théorie comme dans la pratique une importance capitale; elle était vraiment l'ombilic de tout le système musical des Grecs. A la hauteur absolue près, voici sa place :

Ce la, joue constamment le rôle d'un jalon sonore essentiel. Nous « donnons le la » dans un sens plus restreint. Pour nous le la n'est qu'un diapason, un son déterminé avec exactitude en vue de l'accord des voix ou des instruments. Pour les Anciens le la est une corde conductrice dont l'emploi permanent constitue à la fois un repère pour l'oreille, une réduction à. l'unité pour l'esprit.

Les trois dispositifs de l'ancienne lyre à sept cordes, la c( phorrainx dorienne^ », étaient, semble-t-il, les suivants'. Le premier :

obtenu par les opérations suivantes

-P fi 6

On descend alors Vu/ d'un 1 - 2 ton en le faisant consonner de quinte avec l'hypate mi :

Le second dispositif :

était obtenu par les opérations :

et destiné aux mélopées nombreuses qui ne touchaient pas à la note; Le troisième :

provenant du réglage :

^ÔJ^râJ^^^^'

Dans les trois cas la Mèse (la) reste la corde centrale de l'instrument, en relation de quarte juste avec l'hypate mi. D'ailleurs le tétracorde des Moyennes, au grave, demeure invariable.

Lyre fruste, octocorde, montrant les écailles, stylisées: l'instrument présente sa face postérieure, convexe, dont les cythares adopteront le principe. Cf. images I, II, IV, XI, XX, XXIII, XXIX. Les chelillcs, ou mieux les rouleaux, sont en nombre égal à celui des cordes.

Le pleclre est attaché à l'une des cordes par un cordonnet rouge et orné à la poignée d'une tiouppette en laine, de même couleur. Ne serait-ce point un de ces plectres en cuir durci, taillés par le savetier, dans un Mime d'Hérondas? (Paul Girard. ) — Amphore à ligures rouges de la première moitié du V' siècle av. J.-C. Inscription :

KAAO£ OIOXOKAEE. Même sujet que VI. — Cabinet des Médailles; catalogue de Ridder, n» 358.

1. Les raisons diverses de la parenté seront eiposées plus loin.

2. Le mode de lié et le mode d' i't sont obligés, dans Tart grec, de changer d'étiquette. Idem le mode de Si.

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