Gevaert, Problèmes d'Aristote, p
2. Des trares de l'Enharmonique peuvent se jelever encore dans la notation du Moyen .Age. (Cf. Nistoire de la tani/ue niusicale (Laurens), mais surtout Gastocé, Origines du chant romain (A. Picard).
losophes idéalistes, tout comme le vulgaire, restèrent étrangers à ces aberrations'. »
MÉLANGE DES Kl'.i.NCES
75. Si l'on veut se faire une idée de la complexité introduite dans l'art par ces rallinemenls, il convient de recueillir une curieuse assertion de Plolémée relative au mélange des Nuances. De même qu'on enchevêtrait les Genres, on enchevêlrail les .Nuances. Elles alternaient d'un tétracorde à l'autre suivant des régies assez précises, au dire de l'astronome. Cenres et .Nuances s'associaient pour donner aux formes mélodiques les inflexions les plus capricieuses elles plus tourmentées. Il est vrai que les recettes pour le mélange, fournies par Ptolémée, sont trop récentes (ir s. ap. J.-C.) pour qu'on puisse en faire remonter l'origine aux musiciens de la belle époque (vi" et V s. avant notre ère). Les exemples [210] ^220] et [221] ne sont donc présentés que sous bénéfice d'inventaire.
76. Il va de soi que, en dehors du Diatonique vulgaire (ou des Pythagoriciens), toutes les nuances (Diatonique amolli, Chromatique amolli, etc.) sont le fait des professionnels. Les nuances, quelles qu'elles fussent, faisaient opposition aux formules «vulgaire».
De ces pratiques il n'a rien subsisté. L'an antique, en se perpétuant jusqu'à la tin du Moyen Age dans les chants de l'Eglise chrétienne, s'est dépouillé peu à peu de ces artifices. Les mélopées de l'Antiphonaire et du Graduel ont hérité de ce qui, ches les Anciens, était vraiment stable et transmissible. Les spéculations des théoriciens, les artifices exharmoniques des praticiens, ont fini par sombrer-, tandis que seules surnageaient la doctrine pythagoricienne et la pratique « vulgaire ».
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Chroma des Diatonique de? Chr des Pythagoriciens. Pythagoriciens nMusiciens»
ou Chr vulgaire.
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Il.des(iMusicien5i)D-des?ythagonciens D desftMusiciens" où D, vulgaire. -
11 amolli.. Il desiMusiciens.
D. amolli.
D desiMusicienS».
B. amolli.
77. Il convient toutefois d'observer que la musique moderne, sans retomber dans la chimère des nuances, n'est pas exempte d'intonations Hotlanles, dans l'agencement de la polyphonie. En une symphonie avec chœurs écrite pour orgue et orchestre, les instruments à cordes, accordés par quintes justes, fournissent, au moins sur les cordes à vide, des intervalles pythagoriciens d'une justesse absolue'''. Les
3. Les violonistes, obligés de, tempérer leurs quintes, ne peuvent se servir qu'exceptiotinellement de leurs cordes à vides (triples et quadru[)les cordes). Mrlodigitemevt les cordes à vide sont détestables, parce gu'eiles sont Jitstes, et que le reste de l'orchestre ne l'est pas.
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
iiislniniints de ctiivi-o, liiyaiix sonores, produisenl des tierees naliirelli-s, plus cniirles t|iie les tierces pvlliaf;ni'icieiincs. l."orf,'iie no donne ([lie des intervalles tenipéri's. Les voix hiitiiaines, tiraillées en tout sens par res infliienccs diverses, ne peuvent émettre (7ue des sons de " conipioniis », dont la justesse est toute relative. Kt cependant notre oreille réduit à l'unilé ces éléments de discord. Pourvu que les diverf;enccs n'excèdent point certaines limites, elle se tient pour satisfaite. Les modulations de lalauf^ue musicale moderne reposent en partie sur la confusion systématique de sons dill'érents, suflisamment voisins, le; et le I', dits honiotones, et aussi « enharmoniques », dans un sens du mot bien ditl'érent du sens anlicjue.
Par une opération analogue, mais artiliciellemenl aggravée, l'oreille des (irecs, chez les professionnels très exercés, se plaisait à iniroduire dans la ligne mélodique des oscillations inquii'^lantcs. Dans cet art homophone, où les échelles étaient à nu, le danger de « l'iiijustesse » était moins apparent que dans le nôtre. !Séanmoius, à force de tirailler les cordes de la lyre et d'oblurer parliellement les trous de leurs IhMes, les professionnels se virent obligés de faire bande à part et de laisser au « vulgaire » le soin de perpétuer et de transmettre les vraies traditions de l'art.
Sous la complication stérile de la musique grecque se cache un art plus simple, un art normal, qui coexista <i celui des théoriciens et des virtuoses, et qui lui survécut. De cet art-là le nôtre sortit, par l'intermédiaire des modes médiévaux, et le mot de Platon, « l'échelle musicale est consonance », a une portée très générale.
L Quatre tons priinilifn :