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~ 5 "^ 32 ~ ÏÔÔ ~ 80
Déroutés par ces variations, les Grecs ont hésité sur les qualités consonantes des tierces (et des sixtes) et linalement ils les ont méconnues. Ils se sont ainsi privés de l'Accord de III sons, puisqu'il leur était interdit de superposer leurs tierces majeures [ditons^ et leurs tierces mineures [trihémitons], parce que fausses. Ils n'ont donc pu les émettre que successivement. Jamais ils n'ont amalgamé diton et triliémiton en un accord unique. C'était impossible, d'ailleurs. Mais il est à remarquer que ces intervalles <i inliarmoniques >i peuvent passer, dans un art homophone, qui exclut l'Accord Parfait, pour préférables mélodiquement et qu'ils sont, sous le régime de la monodie, presque instinctifs. A preuve le réglage [276J de la cithare : il n'est en somme que l'expression mécanique de l'opération sonore à laquelle mentalement le chanteur se soumet, lorsque aucune harmonisation ne le soutient, et qu'il calibre ses intervalles aul^moyen de quintes latentes. Même dans l'art polyphone, la tendance des bons chanteurs, des violonistes, de tous les exécutants qui » font leur son », est d'agrandir leurs tierces majeures, dans l'exécution d'une ligne mélodique mise en évidence ou momentanément dénudée; si bien que leur valeur tende à se rapprocher du diton pythagoricien.
Et l'on peut en passant tirer cette conclusion pratique que les plainchantistes exercés — • qui doivent se refuser à tout accompagnement polyphone — peuvent avec avantage suivre cette pratique, tenir larges leurs tierces majeures, serrées leurs tierces mineures, et retrouver ainsi le mode d'accord vocal que les Pythagoriciens préconisèrent : il convient bien à la mélodie isolée dans l'espace sonore, car il individualise mieux les tierces. Le chant ecclésiastique médiéval, dit « grégorien », est une survivance de l'art antique et appelle le même réglage sonore.
104. Reportons-nous à la figure [273] pour en extraire les sons employés par les Anciens dans la construction de leurs échelles diatoniques normales : ce sont les harmoniques 2, 3, 4, à l'exclusion de tous autres : '
:2so]
On peut dire que telles sont les limites dans lesquelles ils se sont laissé persuader par le phénomène de la Résonance. Ils en ont subi les injonctions depuis 1 jusqu'à 4- et se sont obstinés à ne point reconnaître pour conducteurs et maîtres les sons naturels qui dépassent en hauteur ceux-là, dans la série des harmoniques.
Le Quaternaire arithmétique fait précisément de ces 4 nombres, vint à la rescousse pour leur donner force de loi. « Ce qui est le plus simple est le plus beau et aussi le plus stable, » disait l'Ecole. Or les intervalles d'octave (jV de quinte (^Y de quarte (^ Y
ont pour seuls éléments les 4 premiers nombres : ils sont les plus beaux, les plus stables. De là à les déclarer seuls capables d'entrer comme facteurs dans la construction des échelles diatoniques, il y avait d'autant moins loin, que les musiciens se contentaient précisément de ces intervalles simples pour les bâtir.
Ce ne fut point la théorie des nombres qui créa la pratique musicale, mais elle la consacra, la sanctifia, pourrait-on dire; au point que les musiciens euxmêmes, régentés par les philosophes, finirent par considérer ces canons arithmétiques comme des règles inviolables. Cela si'irement retarda l'époque où les lierces naturelles fuient admises au nombre des consonances capables d'entrer, elles aussi, dans la construction des échelles diatoniques.
Fait remarquable, l'Enharmoniqne, le plus « régulier », sinon le plus « naturel » des genres, dans l'opinion des Anciens, peut accueillir les lierces naturelles, ell'accord de l'instrument, dans la pratique, se fait comme il suit, d'après Archylas, et Plolémée :
Quant aux mésopycnes (M) accordés d'abord à l'unisson des oxypycnes (0), ils étaient obtenus par tiraillement des cordes, relâchement arbitraire qui ne permettait guère aux « quarts de ton » d'avoir leur valeur exacte. D'ailleurs les théoriciens attribuaient à ces quarts de ton des dimensions variables. (Archylas
assigne (ô^)au quart de ton supérieur et ( ^ ) à l'inférieur; Ptolémée, (^) et (ttt); Didyme, (tx) et I — ^ I, etc.). Ils ne sont d'accord que sur un point :
l'intervalle de demi-Ion I — |, reste de la quarte quand
on en a retranché' la tierce majeure, ne se divise pas exactement en deux quarts de Ion égaux. Aucun intervalle mtisical non tempéré ne fournit par division deux intervalles é'jaux. Les efforts d'Aristoxène pour faire