MINEUR MODERNE
Descendant.
Ascendant.
3aE^
En fin de compte, la musique moderne, tyrannisée par le Majeur, qui se glisse subrepticement jusque dans le mineur, est incapable d'être « modale » en ce sens qu'elle est absolument « centralisée ». Elle a gagné en profondeur par la polyphonie harmonique, mais elle a perdu les modes, si variés. Elle ne possède qu'une manière d'être essentielle, un mode unique. 110. La musique antique, au contraire, a été essentiellement modale, c'est-à-dire riche en manières d'être, parce que, n'ayant point de tonique fixe, elle s'est satisfaite de pseudo-toniques, d'un pouvoir débonnaire. Elles se plièrent d'abord à l'hégémonie de mi; elles devinrent plus indépendantes, par la suite. Elles furent quatre. On peut les désigner sous l'étiquette de fondamentales des modes :
^^ ^^ ^^ ^ donsli iasti Dypolvdisti de
éolisli phryipsli Ivaisti mixc
lypplvdisti lyaisti
dorisli mixolydisli
Dans chacune des couples modales se trouve incluse une tierce, tantAt mineure, tantôt majeure. Mais le calibre de cette tierce est tel que l'usage des triades sonores :
4. 11 suffirait de donner aux figures [297] et [298] les formes suivantes, équivalentes :
[297 1er] (298 1er]
pour constiter que, à partir de fa, base de la quinte génératrice grave (note 1), tous les intervalles de la série majeure sont majeurs, et que, à partir de si, base de la quinte génératrice aiguc d'après la théorie de la Résonance Inférieure, tous les intervalles de la série mineure sont mineurs.
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
assises sur la fondamentale de chaque mode, ne peut (Hre (jU!' nuModique. Il n'y a là que des formules pylliaf^oricienties |i92|; la produclion simultanée des sons qu'elles associent est radicalement impossible. Il semble donc que les Grecs aient perçu la Hésonance assez clairement pour soupçonner les assises et les cadres de la Tonalité :
et pas assez complètement pour y insérer le remplissage fixe, dévolu par les Modernes ;\ la tierce majeure naturelle, dans la Hésonance Supérieure :
1 l i lu 5
OU à la tierce mineure naturelle, dans la Résonance Inférieure de Riemann (iOi)). De là leurs incertitudes quand il s'agissait de meubler la formule [302], et les dill'érenles solutions qu'ils ont acceptées : ce sont les modes.
111. Celui auquel ils ont donné la prépondérance ressemble, extérieurement, au Mineur « exact » de Riemann. 11 en dillere d'une manière essentielle par la grandeur des tierces évaluées rigoureusement, comme on va le voir. Le Mineur des Anciens, leur mode de mi est une échelle inapte à l'harmonisation, autrement dit à la construction des Accords Parfaits. De sorte que si, par un secret instinct, les Grecs ont pressenti l'importance générale de la formule mélodique :
dont ils ont fait la norme de toutes les autres, ils l'ont cependant jugée assez flottante pour y disposer deux quintes modales et en tirer deux modes :
La structure harmonique (sens moderne) du Mineur pur leur restant masquée par les ditons (1031, ils en vinrent, dans leur art homophone, à hésiter sur la tonique. De là à faire prendre aux autres sons de l'échelle', par analogie, le rôle de pseudo-Ioniques, il y avait une sorte d'entraînement. Ils se refusèrent cependant à parcourir tout le cycle des modes possibles. Et il est digne de remarque que, parmi les deux fondamentales reléguées'^ {ré, ut) se trouve celle qui leur eût sans doute enseigné la Tonalité.
Pour les raisons indiquées plus haut et qui sont
1. Représentée par un clavier de touches blanclies exclusivement.
2. Le 51 est liors de cause. H ne saurait être fondamentale, puisque sa quinte supérieure est s fausse ".
spécieuses, ils se contentèrent d'adjoindre aux fondamentales LA et Ml, cordes limitatives des Moyennes, les deux degrés, sol et fa, du Diatonique inclus. Cela leur procui'a quatre « fondamentales )i sur lesquelles ils installèrent huit modes.
112. Quelle cause a pu donner à leur mode essentiel la forme (]u'il a prise?
lui accoidant par (piinles (et quartes) ils auraient pu trouver aussi bien, semblc-t-il, la formule :