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dont les intervalles consécutifs eussent fourni ce que l'on pourrait appeler le « Majeur des Pythagoriciens » :
Cela n'eût pas été le Majeur ce exact », dit « des Physiciens >i, et qui est notre .Majeur « harmonique » (291),
— pas plus que le mode de mi n'était le Mineur exact,
— mais cela eût orienté leur régime mélodique vers l'aigu. Or, c'est précisément contre cette orientation que l'art antique, organiquement, proteste. Et à la question qui se pose de savoir si le hasard seul a décidé du choix de la Mèse [10] ou de la Paramèse [306] pour amorcer le remplissage du Corps de l'Harmonie, la réponse se trouve dans le fait que la musique grecque « penche » vers le grave : elle oblige ainsi la Mèse à être chef de file des sons intérieurs des tétracordes.
Cette direction mélodique vers le grave est attestée par mainte circonstance. Non seulement les théoriciens de l'Antiquité la signalent, mais les monuments la confirment, et la notation la rend claire. Le mécanisme des Genres [52] à [b6] n'est explicable que par celte orientation sonore. Les textes musicaux conservés sont trop rares et trop mutilés pour que nous puissions le constater devkit et aiulitu là où elle est le plus apparente, c'est-à-dire dans les formules conclusives; car celles-ci font souvent défaut surles manuscrits et sur les dalles. Mais nous pouvons y suppléer, dans une large mesure, grâce aux chants de l'Eglise chrétienne, survivance de la mélopée antique, et dans lesquels il nous est loisible d'analyser les cadences mélodiques terminales et d'étudier à notre aise cet « écoulement sonore >• vers le bas du registre vocal. Même ils nous fournissent des exemples nombreux de ces échelles « relâchées » et u intenses », dont les qualifications, dues aux Anciens, expriment l'anomalie qui consiste, pour les unes, à laisser descendre la mélodie bien au-dessous de la Finale; — pour les autres, à employer une Finale exceptionnelle, grimpée à l'aigu. Chez les Grecs comme au Moyen Age, la pente générale, dans le cursus mélodique, se fait de l'aigu au grave ^.
Ce n'est donc pas fortuitement que les Anciens ont opté entre l'opération [10]-[H] et l'opération [306]-[307]. La gamme-type que réglait le cithariste était une gamme descendante, et rendue telle par la place conférée au demi-ton, contre la base tétracor-
;i. Des exemples sont fournis par mon Traité de V Accompttfjnement modal des Psaumes rJaninj.La » pente mélodique » y est l'objet d'une élude particulière.
iv,i
ENCYCLOPÉDIE DE LA MVSIQUE ET DfCTIO.WAIHE DU CONSERVATOIRE
dale, au grave. Celle flamme-type, formule habiluelle banale, élait imposée par les mœurs mélodiques. Il faut la comparer, avec quelque précision, à noire Majeur moderne, « exact » en tant que produit de la Résonance limitée aux quintes et aux tierces, et au Mineur « e.xact » proposé par H. Hiemann, et accueilli par d'Indy.
Si l'on i-approche la figure [307] des figures [290], [291] et [292], on constate : fque le Majeur Pythagoricien [307], inusité chez les Anciens, s'éloigne notablement, par les distances mutuelles de ses échelons intra-létracordaux, du Majeur des Physiciens ou M. Moderne [291]; — 2" que ce Majeur Pylhagoricien esl un hypcrmajeur, puisque ses intervalles majeurs, à l'intérieur des tétracordes, sont trop grands; — 3° que le Mineur antique [291], [292] est un h/perminenr. parce que ses inteivalles mineurs, à l'intérieur des tétracordes, sont trop petits. On va rappeler le rôle de ces diverses échelles.
Historiquement elles se sont succédé conformément aux exigences variables de la « pente mélodique ». El ces changements se sont produits au cours de la longue période homophone de l'arl musical, laquelle commence aux âges primitifs et s'étend au moins jusqu'au x" siècle de notre ère. Durant tout ce laps de siècles le réglage des échelles par les quintes, celui qu'ont adoplé et sanclioimé les Pythagoriciens, a été le seul employé. — 1. Dans l'Antiquité il fournit la formule-type du mode que les schèmes[278], [279], [291] exprimeiit à l'esprit et que la figure [292] montre grossièrement aux yeux; et ce stade correspond à l'écoulement des mélodies vers le grave. — II. Au cours du Moyen Age, vers le x= siècle environ, les mélodies cessent de s'orienter dans cette direction, ont un moment d'arrêt, une sorte i< d'étalé », avant de changer le sens de leur cours. Alors elles trouvent dans le mode de ré autonome (formule du clavier des touches blanches) le truchement normal de leur aspect nouveau. Il suffit de considérer l'échelle de ré, de constater la place que le demi-Ion occupe au centre de chaque tétracorde pour percevoir qu'elle est en elîetdans les deux sens, posée à plat. Elle monte ou elle descend, indiflérerament : aucune attraction ne la soUicile vers le haut ni vers le bas :
Mode de ké \ selon le réglage ■.
Pythagoricien, i
ré tut lu sol la .w ut ré
ré Ht si la sol fit mi ré
[SÛT bin
échelles sont symétriques et inverses, exactement
— III. A cette période transitoire succède celle où l'échelle-type, à l'appel du cursus mélodique, se dresse Ters l'aigu (x» et xi" siècles environ). Le demi-ton se serre en haut contre le son aigu du tétracorde, et l'on aboutit à ce Majeur Pythagoricien [307], aussi complètement inconnu des Anciens que le mode de ré' €t qui régla ses cordes, lorsqu'il naquit, suivant le vieux procédé de l'arl homophone. Ce Majeur, on l'a vu, esl un hi/permajeur à la façon dont le Mode de Mi (Doristi) esl un hijperinineitr. De sorte que, pendant cette période de l'histoire et pendant elle seule, la superposition du Mineur des Grecs et du Majeur nouveau, non harmonique, est rigoureuse. Les deux
1. L'octave lydienne h(-ut a sa Quinte Modale sur fa; par conséquent lecentre d'activité des deux harmonies organisées autour de celte quinte [233] est tout autre que celui du mode d'uT.