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Aristoxéne de Tarente^ p. 137 alpassim

petite pièce de l'.Vnonyme, un air instrumental, peutêtre une mélodie vocale transcrite pour cithare, et dans laquelle un clioriamlie voisine avec des péons.

.Si l'on s'en lient aux manusciits, nulle part le signe do la longue à Z unités ne se lit, et les longues (-i valent 2 unités, sans plus.

Le sclième rythmique peut être établi rûiiinn' il suit, en ado|i(ant jiour solutions celles (|ui se li'ouvent dans le plus grand nombre île manuscrits, méthode dont il faut bien se contenler ici, la (|ualité des textes n'étant pas sutTisammcnt hiérarchisée :

Air de l'Anonyme.

\j — VA^ \J —

La troisième couple de mesures étant d'une forme bien connue dans la poésie lyrique (c'est un plUrécrulcen... premier) :

on peut faire subir au fa supérieur de la dernière mesure l'allongement voulu pour produire cette syncope (c'est-à-dire 3 unités de temps au lieu de 2). Mais partout ailleurs on doit conserver aux loneues de 2 unités la valeur graphique que les manuscrits leur prêtent. Westphal a bravement allongé, dans les quatre premières mesures, la longue terminale : c'est une supposition que rien n'autorise-.

Sept manuscrits fournissent cet air. Il y en a deux à Paris, désignés ci-dessous parleurs numéros de catalogue (Bibliothèque Nationale) et dont voici les f'acf.iinitc :

(2532) KÔiXov é^dan^ov

L'o TV ûl u ^

[413] (Z'tSS) KÛiXov èè,(iantiov

(- "0 TT Ou- Û Y'

i. On peut admirer la dérision aver laquelle il a coilTé tel signe plutôt que tel autre du trait marquant la longue. Sans doute les autres manuscrits l'ont guidé? Car il faut avouer que sur nos deux « parisiens » bien des incertitudes subsistent.

ESCyc.l.OPICDIE DE LA Ml'SrOI'E ET niCTIOW.UnE Df CnXSEnVATOIRE

Ci-dessous la Iranscriplion que Weslphal [die Musik des (jriecli. Alterlhwm, p. 337) en propose :

i u<uC<n'^n<nFc

[ilO]

Comme nulle paît Weslphal n'a relevé le signe de lalongue ternaire [378], on peut estimerqu'il n"y apas lieu de l'introduire, si ce n'est dans la sixième et dernière mesure, qui parait contenir une syncope interne.

On peut donc croire, jusqu'à plus ample informé, que ce petit air charmant se compose de quatre mesures quinaires suivies de deux mesures sénaires. \i\\ choriamhe (-wu-|, mesure métabolique [--= modulante! par excellence, sert de lien entre les deux séries.

Observons sur l'ex. [U71 que si la traduction rythmique y est exacte, les Levés et les Posés des mesures se trouvent affrontés, d'une mesure à l'autre et alternativement : il y a renversement de la battue à chaque mètre. C'est là une recherche étrangère à notre art, et c'est assurément une des singularités de la rythmique des Grecs, qui mériterait qu'on la mil en pleine lumière. Il en sera relevé des exemples irrécusables dans les Strophes [oSi] et suiv., et ils témoigneront que ce chavirement de la balance rythmique, dont l'Air de l'Anonyme pose le problème, était un procédé usuel dans le lyrisme.

163. En effet, avant d'abandonner ce petit monument, il faut constater qu'il serait permis de donner aux mesures o el 6 la forme suivante :

autrement dit, de revenir, pour conclure la période, au thème lythniique initial. Le 6/8 se trouverait ainsi isolé et l'eprésenlé par une seule mesure, noyée au milieu de mesures quinaires. Cela n'était point pour elTrayer les Grecs. (Cf. Laloy, Anstnxène, p. 327 sq.) Il y a une telle ressemblance entre les rythmes de cet Air et ceux des vers 10-11 de la Pythique V, —dans l'hypothèse où aucune longue, ici comme là, ne vaut ]ilus de deux unités, — que, en appliquant la règle de Serruys, se provoque une comparaison justiliée par les apparences. Est adoptée pour l'ensemble la battue normale du diambe terminal :

^TCTf^

KgT'ni-Bùg- oti pâ-Kai - pavea-ii-av

Qu'il paraisse plus simple d'aIlonger,ifa longue terminale de chaque péon et de chaque bacchée, cela

peut être l'opinion d'un grammairien; ce n'est pas celle d'un musicien. Laloy reproche aux métriciens modernes de s'être acharnés à établir ces équivalences et cet isochronisrae. « L'oscillation de cinq à six et de six à cinq devait ajouter au charme de ces rythmes enveloppants et tournants... L'introduction des péons et des bacchées réels (dans des séries diiambiques) prévient la monotonie du rythme ternaire trop prolongé. » (Arhto-vène. p. 331.)

164. Apparemment il n'y a pas de dilférence essentielle entre les péons (crétiques et bacchiaques) considérés commf pieds et les péons comptés pour mètres. Temps et mesures peuvent se confondre. Toutefois, la nature de leur emploi conseille des traitements divers. Ainsi les exemples antérieurs sont tirés de vers péoniques isolés, et il est nécessaire d'y mettre en évidence, en raison de cet isolement, les divisions internes du rythme type, par conséquent de battre par temps : ce qui revient à taire du temps la mesure. Au contraire, les hymnes delphiques piésentent de longues séries de péons; et il est logique, en pareil cas, d'y chercher les groupements, selon la méthode préconisée par Aristoxène. Il vaut donc mieux réserver ces hymnes à la section des « mesures composées » [2 13] 'à [215].

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