‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 744 sur 1158 · I.XI · texte numérisé non relu

I.XI

Tympanon historié, de grandes dimensions. — Vase peint dans le courant du iv" siècle av. J.-C. ; publié par Millin, l'rise» aiiliques, II, 53.

Docbmiaques. — Le monnayage des longues va nous fournir une fois de plus le nombre des unités organiques : il est de huit-. La battue de Rossbach et Westphal, et dccomposc'e, est :

cretique anUlhelitjue

Œdipe Rm.l3Ii-

Condensation

èï nénXoi

— 01 Kiv- El bé-^OQ Orejte.'ibS

Ce vers est un dimètre dochmiaque.

L'iambe initial peut être remplacé par un spondée ou un dactyle (antithétiques, parce que substituts de l'iambe) :

-. La plupart des nietriciens font le péon thétique, de sorte que les deux posés se heurtent. Si ce choc est caractéristique des dochmiaques, !a présente interprétation, d'après Rossbach et Westphal, plus simple apparemment, n'est pas la bonne. Mais comme le papyrus Rainer l203) parait donner tort aux uns et aux autres, on peut bénéficier du doute et adopter provisoirement la battue ci-dessus.

ESr.YCLOPÉDIE DE LA MVSIQVE ET DICTIOXiXAIRE Dr COXSERVATOIRE

il yô Tô5-€,ij£Ïj Eujnemi(!es,781

8aû|im't - jioiiOiûtiv Agamemnon.1165 [514]

La brève médiane du crétique peut devenir longue, et la mesure à 3 8 se transformer en une mesure à 6 8, ou à 3 4. Cette seconde interprétation serait-elle préférable, puisque^amais la Ioni;ue médiane n'est monnayée? D'autre part la syncope, telle que le 6 8 l'installe, est plus mordante, et, dans une mesure qui se vante d'être « boiteuse », peut paraître plus logique :

On aurait donc, en décomposant la battue

nôi-vi', é - TTni>b(i) - iiav îhilocléU.335

Quoi qu'il en soit de la battue', on constate ici avec certitude qu'un pied de li unités est substitué à un pied de o unités, dans l'intention marquée de briser l'isochronisme des mesures en série.

L'allongement de la dernière noire du crétique apparent, que les nouveaux fragments rythmiques d'Aristoxène- mettent hors de doute en certains cas, n'était pas applicable au rythme dochmiaque : le fréquent monnayage de la dernière noire prouve que celle-ci ne vaut que deux unités, dans le crétique terminal.

Il arrive souvent que la juxtaposition de vers construits sur le même rythme permette de contrôler le nombre de leurs unités organiques. Exemple emprunté à deux diniètres dochmiaques consécutifs, le second étant un véritable commentaire rythmique du premier :

'A -nô^ - \u>ïTÔb liv,

A-iioX - Xiuv (jii-Xoi,

6 KOt-KB

uu u ;

Ka-KÔ Te4û)v

u oiu uu y viu

é-uà Toib' è-iià nà-flta.

^ Œdipe M, 1329-30

N. B. — Jamais le spondée et le dactyle substituts ne monnayent leur première longue.

1. Les métrtciens ea proposent plusieurs; celle-ci entre autres, qui

/L 5\ crée un rapport nouveau ( p = - I non catalogue par les théoriciens

L'ensemble de ces faits témoigne de rallinemenls rythmiques : les Grecs ne se contentent pas d'abolir, par le 3 + 3, l'isochronisme, mais ils greffent encore, sur ces mètres boiteux, des iiTégularilés fréquentes. Laloy a mis en lumière ces subtilités.

202. Mais le dactyle substitué à liambe dans la première partie de la mesure ne devait point pi oduire un agrandissement de cette partie. La substitution d'un pied binaire à un pied ternaire est si fréquente par ailleurs, qu'ici encore 2 4doitéquivaloirà3 8, comme dans le diianibe ou le ditrochée, où la forme binaire équivaut en durée à la forme ternaire pure :

"AX-^v

y-u u eu u \ju

'enei S-Otoç (x-(j]iXot;

KJU U eu 0 ^\ ïïÙllBTOV.-

(EaipeSoi,661.

Le dactyle ï/'.ov a la même durée quel'iambeào'.Aoî.

203. C'est au rythme dochmiaque qu'appartient le fragment célèbre, trouvé dans un papyrus de l'archiduc Rainer et publié par \Vessely en 1892, ce chœur de l'Oreste d'Euripide, très mutilé, dont la transcription reste éniymatique.

La plus élégante solution est celle de ^Yeil et Th. Heinach, qui voient dans les signes HO une prolongation (vocale ou) instrumentale de la longue antérieure, ou une sorte de remplissage, dans l'espèce tout à fait conforme à ce que nous savons de la polyphonie dans l'art grec. Leur transcription dilTère de celle que Gevaert a tentée [CM] non seulement par l'organisation des deux avant-derniers dochmiaques, mais par la suppression de la septième iz = sol) : Th. Reinach rejette absolument celle conjecture.

Les points d'intensité marqués sur le fragment sont assez nettement installés comme il suit :

ce qui est une battue « décomposée » avec iambe c< thélique » normal (142). Mais ici, contrairement à la « pesée » métrique des précédents exemples, le posé de chaque pied (:^ tempsi est initial. Oa peut appliquer cette battue à la pièce :

Tf P C

ntp : r>i^ r^h^- ^^i^-rr-çrtv^

KO-TO-Xo — ip\ip~ o-\iai, P f V

ta-To-Ko — (J)up-o-\ioi

mr^yr ji r y r TT^^^n=^=m

HOT-e-poc; ai - jiot oôn;, ô a'à -va - |iaR-)(eù -ei;

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