STROPHES IONIQUES
217. Assez fréquemment on peut relever chez les Tragiques le mélange, dans la strophe, des vers cliorlambiques et des vers ioniques : raétabole rythmique délicate, puisque le nombre des unités constitutives reste le même quand on passe des cliorianibes aux ioniques et vice versa. Mais le contraste est réel : il y a changement de «genre », en ce sens que le rap[)ort numérique du Posé au Levé se trouve modilié. Du Ijenre égal on émigré dans le (ienre double.
O W 1 KJ ^ ^ V./0 OOl I
év - Bail'
Vers 1, 2, tétramétre choriambique.
Vers 3, 4, tétramétre et dimètro ioniques [.360, i;].
Mais si on observe que la place des coupes est constante et se retrouve la même dans l'antislroplie, il vaut mieux faire des vers 1 et 2 des dimètres (chacun deu.x choriambes) ; du vers 3, un dimètre (deux dipodies ioniques), du vers 4, un monomètre (dipodie ionique). On battrait donc :
TB-pào - 0£1
â - iio-(j)6.g — K0v9 '
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èv -m'
<j \j JL - \j\j Cj
11 serait faux d'écrire les choriambes
et les ioniques
dans des passages tels que le précédent. Ce qui n'erapéche point les <c faux choriambes » et les » faux ioniques » du texte verbal d'avoir ailleurs cette signification. Dans ce cas, la forme [oj2j représente un ionique (mesure à trois temps binaires), et la forme [.'i.')3] un ditrochée (mesure à deux temps ternaires). H. Gledilch donne au 4' vers qui suit le dernier vers cité, dans la même strophe, la forme :
— ^Aj — \j \j u w \J yj — \-f — u AaooaxÎGaii; èitîxoypoç à3r]Xtov OavaTwv
111^ roi HE DE I.A MISIQIIE
Si celle conjecture csl exacle, voilà un exemple de faux clioi'iaiiilxï inst''i'ô dans des ioniques et qu'il faiil écrire, si l'on isole chaque nietre :
AaPboKfooK;
Mais ici encore la balliio par dipodies est iiuliquét par la ooupo :
<kJij y y o
èni • Kou
l.'ariinité des clioriambes avec les ioniques, r(5v(5lée pai' de nombreux contacts dans les strophes lyriques, montre combien la modulation rythmique du (i/S au M 4, ou cice vorsa, était goûléo des Grecs, lîieii (]ue h' nombre de leurs unités constitutives suit le même, la rcparl ition de ces uiiilés en 3 + •! (clioriambes) et 2 + -' -\-2 (iouiijues) établit entre les deux formes une distinction fondamentale. Le passage de l'une à l'autre n'en est que plus piquant, pour un auditeur attentif. Supposons qu'une alternance réi'uliére de mesures à ti 8 et de mesuies ;i 4, se produise, la durée absolue des unes et îles autres étant la même, il faudra une oreille exercée pour percevoir la diversité des groupements suivant lesquels les unités constitutives se répartissent; mais sitôt cette diversité perçue, la métabole prendra toute sa valeur.
La modulation rythmique sera plus sensible si chaque temps — et non chaque unité — demeure isochrone, c'est-à-dire si les deux temps du choriambe valent les trois temps de l'ionique; autrement dit si la durée du choriambe est les 2 3 de celle de l'ioni- (jue. il est probable que les deux manières étaient pratiquées : d'une part l'isocbronisme des unités ou des mesures, d'autre part l'isocbronisme des temps. II est encore plus certain que des différences de mouvements, im]iossil)les à préciser, pouvaient marc|uei' le passage d'un rythme à l'autre. Autant de nuances dont le poète musicien restait maître et qu'il réglait en toute liberté pour l'exécution de ses œuvres. Le malheur est que nous soyons ignorants des motifs qu'il pouvait avoir de prendre un parti plutôt que l'autre. Seule l'analyse du texte verbal fournit quelques iudications^et encore ne serait-il pas très dangereux d'aflirmer que là où notre sentiment modei'iie appelle un accelerando, les Anciens eussent la même tendance'?
STROPHES GIIORIAMBIQUES
218. L'emploi des clioriambes en qualité de mesures vient d'être indiqué, emploi conforme à leur origine, puisque le choriambe est l'équivalent soit du diiambe, le plus souvent, — soit du ditrochée. lieslent à examiner les strophes choriambiques, faites de vers plus ou moins nombreux, et dans lesquelles le choriambe parait être traité comme une mesure simple; car la fin des mots y coïncide avec les limites de la mesure (147).
Les formes principales des vers choriambiques, dans
les stroiilies, sont les siiivanles :
Dimétres acatalectes (chacun = deux clioriambes) :
llimètrcs catalecliques, à syncope
Trimètre acatalecte (rare) :
Trimétres catalecliques : il suffit de préposer un choriambe devant chacun des deux dimétres catalecliques précédents :
(ôr,9]
Cette dernière forme est un acheminement vers le remarquable trimètre à based'iambes, catalectique, devenu le vers sapphique lo24i [528;. On peut y considérer le ditrochée initial et le diiambe terminal comme des choriambes transformés :
Mais le ditrochée va devenir thétique, car le premier pied seulement y reste pur :
De là pour le vers sapphique, dont la première et la troisième mesure sont rvlhmiquement « adverses», celte battue décomposée (204l, médiatrice [328].
Il existe également des létramèlres, des pentamètres et des vers choriambiques de plus grandes dimensions, assimilables à des sijstàncs (loli. ■
Trompette métallique. Le liiijau est légèrement mais manifes- lemonl et n'atteint pas un mètre de longueur : c'est une " petite
tement conique. Le pniilion, de forme ])resque sphérique, est trompette n. — Coupe it tî^ures rouges, de très beau style, peinte
singulier. L'eiiilioucliitre est invisible. Si longue qu'elle paraisse, à l'époque des guerres médiques. (Cf. Klein, Eitphronitts, p. 289
cette trompette est un tube fort court, qui ne subit aucun enrou- et 2'J9.j — ilusèe ilii Loutre, salle G.
STKOPHES GLYCONIEX.NES
219. A défaut d'explications « métriques », les seules indications fournies sur ces strophes auront trait à l'allure générale de leur rythme.
Les gljconiens paraissent tous ressortir à la mesure à 6 8. Ils sont le plus souvent divisibles en dimètres dont le second est un diiambe ^360, 4", acatalecte ou catalectique (normal ou syncopé) :
remplacé quelquefois par un choriambe !^360, iquaier] de même poids rythmique, donc antithétique.
La première mesure dudimètre, dans la majorité des cas, a pour second temps un trochée, le premier pied pouvant prendre les formes les plus variées :
mesure U .
Dans les vers glycoriieiis télramètres, le second temps des mesures 1 et 3 présente plus souvent un trochée que tout autre arrangement ternaire. Voy.en particulier la dernière strophe d'un des hymnes delphiques [436].
On remarquera [oC3] la subslitution de l'iambe* au trochée, c'est-à-dire du pied antagoniste, ce qui donne la combinaison remarquable :
appelée antispastc par les métriciens.
En principe les dimètres glycoiiiens ont une battue antithétique modelée sur le diiambe, qui est le rythme type. Le diiambe, catalectique ou non, est presque toujours reconnaissable à la seconde mesure. Le ditrochée de la première mesure peut être remplacé par un diiambe ou par un choriambe, plus rarement par des pieds binaires (dispondée, didactyle, dianapeste).
220. Formes exceptionnelles de la première mesure du dimélre glyconien :
tel
!i 'i^ flr
sans parler du monnayage du ditrochée en 6 croches, assez peu fréquent ;
\JU fjlîkj K>
Toutes ces formes sont antithétiques. Lorsqu'un didactyle se rencontre, il participe aussi bien que le dianapeste ou le dispondée à la battue par Levé initial.
221. Voici un exemple de glyconiens très purs, tirés d'Anacréon (fragment 2i. V apparaissent clairement le ditrochée antithétique initial :360, „] et le diiambe, tantôt acatalecte [360, i], tantôt catalectique [360, f-J, terminal :
insTniHE /II-: i.a Mi'sinri':
bn - tiA-Anq 2 id
im.
A - dipo - àiT - n
-idem
lEVE lEVE
— — J. SJ V i
€ - na -Koù - eiv t )
222. Sophocle a construit des strophes où les giyconiens, moins réguliers, sont cependant recoiuiaissables; par instants le balancement des dimètres est brisé, aliii d'éviter la monotonie : des séries dactyliques et anapestiques interviennent. Quant au pentamètre clioriambique (vers 16 de l'exemple [0O8;), il s'insère très naturellement dans des dimètres diiambiques ; par le nombre de ses mesures il rompt la monotonie du balancement par deux, qui sans lui serait perpétuel :
iH23-ll4:i,
Philoctèle,
LEVE
LEVE
LEVE
iS:
— OCf-VO -VA/— Ou
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^iiwo(iov Ji - bé 001
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