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LES NOTATIONS MUSICALES BYZANTINES ET ORIENTALES

De même qu'on ne saurait connaître suffisamment les origines de notre alphabet sans joindre au dépouillement des manuscrits et inscriptions occidentales l'étude des caractères grecs, phéniciens, égyptiens même, ainsi faut-il, pour se rendre compte de l'évolution et de la transformation des écritures musicales, étudier concurremment avec nos notations celles du moyen âge byzantin, arménien, syrien.

Lorsqu'on aura comparé le tableau des neumes latins et mozarabes avec celui des notations primitives de la civilisation musicale qui nous occupe, on sera frappé du fait que leur origine est commune et leurs procédés analogues. Est-ce à Byzance, à Rome, à Antioclie qu'il en faut placer la source'? Peut-être nulle part et partout.

Toutes ces notations sont, eu elfel, des manifestations diverses d'un état d'esprit, d'une conception générale qui peut caractériser une époque, et dont chaque peuple, chaque civilisation contemporaine, a pris sa part; à une époque plus récente, chacun a évolué de son côté.

Les éléments principaux en sont : le point, l'accent aiijii, l'accent ijrave, la virgule et V^postrophc, et des signes de combinaison. L'accent aigu indique une note plus élevée, le grave des sons plus graves; les combinaisons de l'aigu et du grave, deux sons dont le second esl plus bas que le premier; celle du giave et l'aigu, l'inverse. Le point indique ordinairement un son soutenu; les autres signes, diverses lluctuatious vocales.

Le stade primitif semble le mieux représenté par la notation byzantine ekplioiu-tique ou récitative. Les signes en sont moins des représentations de sons qu'une ponctuation du discours modulé.

Ils ne ligurent en effet qu'aux subdivisions du texte à chanter; un membre de phrase sera ainsi compris entre deux accents musicaux aigus, indiquant un récitatif sur une note élevée. Le chanteur ou le lecteur n'a donc sous les yeux qu'un aidc-mimoire ; les signes sont simplement destinés à lui lappeler la lormule mélodique qu'il a apprise par cœur à la leçon ou au cours : c'est à lui de l'adapter aux mots du texte, d'après leui- enchaînement, leurs accents toniques.

Nous avons des exemples de cette notation récitative dès le v siècle; il est possible qu'elle remonte plus haut, puisqu'un grammairien romain du iii= siècle, Censorinus, a mentionné, dans un traité perdu, le rôle musical des accents. De très nombreux manuscrits byzantins nous donnent des exemples de cette notation, jusque vers le xiu'' siècle. Des copies conservées dans nos bibliothèques, faites au xv et au xvi' siècle sur les manuscrits précédents, montrent que les copistes ne connaissaient plus à ce moment le sens des accents eUphonétiques; il les transcrivent tout de travers.

Comme les accents musicaux juifs, les signes récitatifs byzantins sont placés, suivant leur sens, tantôt au-dessus, tantôt au-dessous du texte.

L'ancienne notation arménienne, du xii^ siècle au

EXCVCIOPÈDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOWAIRE DU COSSEliVATOIRE

XIX', a employé les mêmes procédés et les mêmes sianes; mais ceux-ci prennent un sens musical plus déterminé.

On les place au-dessus du leste, mais cependant

pas encore à toutes les syllabes, et seulement quand le chanteur a besoin d'une aide spéciale, pour lui rappeler une vocalise, un saut de quarte, un ornement.

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