Ohomasticon. IV, 74. p. 223 B
ESr.YC.LOPÈniE DE LA MISIOIE ET DICTIONXAIIiE Df COX^ERVATOIRE
grave. Aussi les poètes romains associent-ils souvent au culte de Cybéle une fîùle cornu adunco, cornu inflexo^, qu'ils appellent parfois buxus," en buis^ », ou même cornu^.
0 Les flûtes phrygiennes ont un diamètre plus étroit que les tliites grecques, ce qui leur donne, à longueur égale, des sons plus graves''. » On leur applique ordinairement, en effet, l'épi tliète baryphtongoi, buryhromoi% « sonnant au grave ». Cependant Aristoxène range l'élyme parmi ce qu'il appelle les a!(/o!'par/'(ii(s, c'est-à-dire ayant l'étendue de notre voix de ténor, r^, à sol 2'^. Cette contradiction n'est qu'apparente; les flûtes phrygiennes étaient doubles, didymoi omozygos auloP; le tuyau de gauche seul avait un diapason grave, à cause du pavillon en corne qui le surmonte; celui de droite avait un registre plus élevé, et c'est lui qu'Aristoxène a en vue.
Le son des flûtes phrygiennes, Phrygius sonus, fit une grande impression sur les Grecs et les Romains, à cause de son ampleur et de sa beauté, qui formaient un vif contraste avec les sons grêles et sans éclat de la flûte arcadienne".
La flûte lydienne.— C'était des flûtes lydiennes que l'on faisait usage à Rome dans les cérémonies publiques'. « Nous chantons, disait Horace, en mêlant à notre chant le son des flûtes lydiennes; nous chantons, comme faisaient nos ancêtres, les grandes vertus des héros, et Troie, et Ancbise, et la postérité de la douce Vénus'". » En Grèce Pindare avait dit : « 0 Jupiter! je viens vers toi en suppliant, soufflant dans des flûtes lydiennes". »
On leur donnait parfois le nom de magadis, peutêtre parce que les tuyaux étaient à l'octave l'un de l'autre'^. « Je ferai sortir de la magadis, écrit Anaxandride, un son grave et un son aigu en même temps ''. » M. Gevaërt interprète autrement cette phrase; dans les flûtes de ce type, dit-il, une pression d'air plus forte donne l'octave, puis la quinte harmoniques; CI l'octave s'arpège si rapidement qu'on croit entendre des sons simultanés"-. »
Nous ne croyons pas qu'il faille admettre cette explication un peu forcée, d'autant plus que nous savons par ailleurs que les flûtes lydiennes étaient à la fois masculines et fi'minines, c'est-à-dire à sons graves et aigus'". Nous n'adoptons pasdavantage une correction proposée par M. Meinecke, le savant éditeur d'Athénée. Le nom de palaiomagadis, « ancienne magadis », qui se trouve parfois appliqué à l'instrument lydien, lui semble « inepte », et il lui substitue celui de plagiomagudis par comparaison avec plagiaule, « flûte oblique, traversiére'° ». Cela est absolument incompatible avec tout ce que nous savons de la flûte lydienne.
La magadis était une flûte citharistrie''', c'est-àdire qu'elle était employée de concert avec des instruments à cordes.
Les Instruments à percussion. — Le tympanon. — Le tympanon, tambourin, était très en faveur en Asie Mineure, où il jouait un grand rôle dans les cultes orgiastiques de ce pays. Les prêtres de Cybèle et de Dionysos le firent connaître en Grèce; ces divinités se plaisaient, disait-on, à entendre résonner autour d'elles les sons retentissants de cet instrument" qu'ils avaient inventé et transmis à leurs fidèles". Les bourgeois d'Athènes ne purent jamais s'y faire, et ils se plaignaient amèrement de son bruit discordant-". Aussi quelles risées devait exciter une scène des Gui'pes d'Aristophane : un malheureux Athénien, possédé de la passion déjuger, a été mené par son fils, en désespoir de cause, parmi les Corybantes, pour être initié à leurs mystères; il parvient à s'échapper et court siéger au tribunal, le tympanon en main-'.
Les Romains également méprisaient fort cet instrument; il fallait avoir un esprit barbare pour se plaire au vacarme des tympanistes et ne point en avoir l'oreille déchirée--. Quand un rhéteur abusait des grands gestes et des violents mouvements oratoires, on disait de lui : il tympanise-^. On employait aussi cette expression pour flétrir les efféminés qui adoptaient les molles habitudes de l'Orient, à l'exemple des Galles ou des Corybantes-*.
A l'origine le tympanon avait été une simple peau tendue sur un cercle en bois--'; plus tard il se rapprocha de notre timbale, et on appela tympana des pierres précieuses taillées en forme hémisphéroîdale^'.
Les cymbales et les crotales. — Les cymbales, petits disques concaves que l'on frappait l'un contre l'autre, et les crotales, sorte de castagnettes, eurent aussi une grande vogue parmi les initiés aux Mystères. << Ce fut — disait Pindare — en l'honneur de Cybèle que retentit pour la première fois la vaste cymbale au contour arrondi et les bruyants crotales-'. » a Ces instruments d'airain, remarque Martial, avec lesquels on pleure les amours de Cybèle, le Galle les vend souvent, quand il a faim-'. »
1. Ovide, Fastes, IV; Métamorphoses, XI ; Pontigues, I, 1 ; Tibui.le, 111, i.
2. Horace, Carmina, I. 16, y. 20 ; Stace, Thébaîde, IV, v. 94; VIII.