Proàlèmcs, XIV
/iisTnini-: ni-: la misioce
lùi rapprocliiiiit de ce passage l'cpilliète dichurdos, « à deux coriles » (c'csl-à-dire, sans doute, à conles disposées deux par deux), qui est parfois appliquée ;\ la mafjadis, on pourrait penser que cet instrument avait une disposition analogue au clavecin, où chaque note est représentée par un couple de cordes sonnant l'octave.
Pindare appelle la magadis pxalmon anliphtongon, «' instrument d'acrompaj;nement' ». D'après Athénée, elle se montait de façon à être h l'unisson de la voix des chanteurs-. Alors que les instruments purement grecs ne permettaient que île donner l'accord de temps à autre, la magadis pouvait suivie le chant note par note; elle était ainsi d'une grande utilité pour le professeur et pour le chef d'orchestre.
Fort en faveur chez les (îrecs d'Ionie dés le va" siècle, la magadis rencontra quelques détracteurs, l'éleslès de Sélinonte prétendait que ses sons rappelaient ceux de la trompe-'. M. Wagener propose, il est vrai, i\e corri'^eT kernt'iplionon eneralophiinon. « àsonagréahle' », mais il ne semble pas qu'il faille le suivre. Le poète a pris certainement le ton ironique, son joueur de magadis pousse des hurlements, klanga. Quant au prétendu perfectionnement apporté â la magadis par Lysandre de Sicyone qui lui avait enlevé le son sifflant, il ne repose que sur une interprétation maladroite d'un passage d'Athénée où il est question de tout autre chose».
La pfctis. — La pectis était également d'origine lydienne''; on la voit entre les mains des musiciens d'Alyatte, roi de Lydie'. Son introduction en Grèce date d'une époque ti'ès ancienne; on la fait remonter <à la conquête du Péloponnèse par les compagnons de Pélops le Phrygien (xiv" siècle'). Au vii= siècle, les musiciens ioniens, à la suite de Terpandre et de Sapho, adaptèrent au goût grec cet instrument asianique et en propagèrent l'usage'.
C'était une cithare polycorde « à sons aigus », c'est-à-dire à cordes courtes et nombreuses. Aristosène l'assimile à la magadis, qui en aurait été une variété en usage à Lesbos'". Plus tard on la confondit avec un instrument à manche assyrien, la pandore".
Sa tonalité élevée, mais non dépourvue de noblesse, était fort goûtée des musiciens; elle entrait dans des ensembles orchestriques comme accompagnement à l'aigu, la partie de chant étant confiée à des instruments de diapason plus grave, le barbilos ou le trigone'-. Les airs voluptueux qui composaient son répertoire avaient ell'rayé les philosophes grecs, qui la proscrivirent avec rigueur'-'.
Le cyclope Polyphème partageait le goût général pour la pectis. Ne pouvant s'en procurer une, il l'avait construite à sa façon. « C'était un crâne de cerf dépouillé de ses chairs et dont les cornes formaient les montants. Il les avait réunis par une traverse à laquelle
étaient attachées des cordes c|ue ne tendaient pas des chevilles".
Le iarhitos. — Le barbilos était un instiument polycorde et à diapason grave; on l'accordait à l'octave inférieure de la pectis pour magadiser avec elle. Par homophonie ou l'appelait parfois hanimilos, «ù cordes graves"^», l'iie légende en attribuait l'invention àTerpandre; frappé, disait-on, par les accords harmonieux de la cithare lydienne, il avait construit cet instrument pour concerter avec elle"'.
Le barbitos resta longtemps en vogue dans les villes grecques d'Asie. Théocrite ei Sapho le comuirenl et l'apprécièrent" ; Anacréon trouvait sur ses cordes ses cbaimants poèmes d'amour et se consolait ainsi de ne pouvoir chanter en ses vers les dieux et les héros'*. Plus tard ce fut aussi l'instrument de prédilection d'Horace; avec lui le poète latin Joua sous l'ombrage; avec lui il se livia aux luttes amoureuses ; ce fut « la douce consolation de ses peines », et ses regrets furent grands quand il dut l'accrocher au mur; il lui dédia une de ses plus jolies odes". A son exemple, les poètes latins adoptèrent l'instrument de Terpandre. « Aucun barbitos — s'écrie Ovide — ne fera-t-il pour mes larmes un chant mélancolique^"! » Quelques années avant notre ère on pouvait voir encore à Kome, dans les jeux du Cirque, des joueurs de barbitos, alors qu'en Crèce l'usage de cet instrument était depuis longtemps abandonné-'. 11 s'était heurté à l'intransigeance des philosophes, et à l'époque d'Aristophane ne se trouvait plus (|u'entre les mains des femmes et de quelques elïéminés couverts de ridicule--.
Les instruments à vent. — Presque tous les auteurs grecs rapportent à des Phrygio-Lydiens l'invention ou du moins le développement de l'aulétique, c'est-à-dire de Fart de jouer de la tlûte. Aussi bien ces peuples étaient-ils favorisés par la nature; c'était dans le lac de Célène et dans le fleuve Marsyas que poussaient les roseaux les plus propres à faire des flûtes-^. On disait même qu'ils se passaient parfois de bouche humaine: n'avaient-ils
y\-^. lis. — Fh'ite phrygionne -'.
point répété à tous les échos le secret que leur avait imprudemment confié un barbier bavard : « Midas, le roi Midas a des oreilles d'âne! »
La flii te phrygienne. ■ — Au dire de Pollux, « l'elymos,
' invention des Phrygiens, est une flûte en buis dont
le tuyau est surmonté d'une corne--' ». Cette corne
était une corne de veau servant à rendre le son plus
Pindare, fr. 91.
Deipnosoph., XIV, 636 c, III K.. p. 404.
Bergk, Poét. hjr., fr. 4.
Apiid Gkvaert, Histoire de la musiçue, II. p. 633,
Deipnosoph., XIV. 637 f. Voir Gkvaebt, op. cit., II, p,
ATHÉtfKE, Deipnosoph., W\ , 635 sq,
Hérodote, I. xvii, i.
Télestès. fr. 33.
Athénée. Deipnosoph., XIV, 635 d; Sapbo, fr. îi.
Fragm. histor. Orîc., II, fr, 65.
Photics, sub voce; Heztchics, ibid. ; Suidas, ibid.
Atbênée, Deipnosoph., XIV. 635 d.
Platon, République, lit, 399.
!4. Lucien, Dialogues marins. I, 14,