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L'ge lus, ans quem n'e stra

Ce morceau est le plus aucit'n spécimen de musique mesurer du moyen âge. Bientôt, cel art nouveau, encore à son début, doit èlre l'objet d'une réglementation. Il faut l'écrire, — il ne l'était pas avant, — il faut l'enseiijner, et, comme il devient de plus en plus important, l'enseigner autrement que par imitation ou tradition, mais Un ouvrir la porte des écoles.

La création de la notation mesurée et ses premiers développements furent l'œuvre de théorieiens fort remarquables du xni'- siècle : \\ aller Odoincton, puis Francox de Cologne^. Ce fut l'essor donné à la musique mesurée, et bienliM une rapide efflorescence des écoles de trouvères et de troubadours en France, de miimesinijers ou maitres-chanleurs en Allemagne, vint consacrer définitivement l'art nouveau.

En même temps, la polyphonie se développait, et il est difficile de séparer l'une de l'autre ces deu.\ évolutions contemporaines dans l'art musical.

Le chant à plusieurs parties avait des origines plus lointaines, et les maities du li» siècle, tels que HucbalJ, en parlaient comme d'un usage immé-

1. Aubry, la Musigue de danse au moyen àtje, dans la Revue musicale, 1604.

2. Cet article ay,int été écrit on 1905-1006, nous n'avons pas pu tenir compte, dans les exemples, des récentes découvertes sur le rythme lie ces pièces, qui, par suite de ces découvertes, se trouve quelque peu modifié.

morial. Dans sa vie de Cbarlemague, le moine d'Angouléme dit que les chantres de la Scltota ranlorum romaine, venus dans nos pav'; vers l'an 800, l'enseignèrent en même temps que l'art grégorien. Ce sont là les deux textes les plus anciens qui se rattachent à la rudimentaire harmonisation connue sous le nom d'orijnnum.

Vn autre auteur plus réceift, chroniqueur accueillant toutes les histoires, KkUebard de Sainl-Gall, a prétendu que l'usage de Voifjdnuiti fut introduit dans l'église parle pape Vitalien, au vii« siècle : c'est une afiirmation sans valeur; elle repose sur une méprise et sur un texte mal compris.

D'où ce nom d'oi-{/anum? Il a le sens général d' « instrument » et le sens plus précis d' « orgue ». Dans Yùrgnyium vocal, la partie du chant est nommée vox primip'ilis , et celle de l'accompagnement, rox orij'inalis, qu'on peut traduire par : partie instrumentale. Nous aurions donc, dans ce rudimentaire contrepoint, une espèce musicale d'origine instrumentale, et plus précisément se rattachant au jeu de l'orgue. Mais l'orgue n'était point employé dans les églises, et les antiques liydraules (orgues à eaul

3. Il semble prouvé que Francon de Paris et Francon de Cologne sont un seul et même personnage. En tout cas, c'est bien dans la seconde moitié du xiw siècle que ce musicien a vécu, perfectionnant le système ébauché par Walter Oddington cinquante ans auparavant.

F.sr.ycLOPÈniE de la mv^ique et nir.TWWAinE du r.oxsERVATninE

n'étaient plus f,'uére connues, sinon à Rome et dans l'empire bv/antin, en même temps que les orgues à soufflets, alors dans leur primitive nouveauté.

Or, comme nous l'avons va par un texte plus haut cité, le jeu de l'orgue, au v' siècle, comprenait au moins deux parties, deux voix. Sur quelles bases cet accord était-il établi'.' On l'ignore absolument, mais il devait avoir quelque lapport avec l'acconipagneraenl des citliarèdes, en tant qu'emploi des intervalles. Il est impossible de ne pas voir que les deux parties primitives de Vorijamiin vocal sont une imitation du cbant à deux voix exécuté sur les claviers de Vorganum, instrument à eau ou à vent, et, justement, tandis que notre polyphonie s'est développée, les héritiers modernes de la Byzance du moyen âge, alors centre de la construction et du jeu des orgues, ont conservé, dans leur ison souvent barbare, une des espèces de l'antique organum vocal, décrit par nos plus anciens auteurs.

Jusqu'à preuve du contraire, on doit donc tenir Vorganum chanté pour l'imitation vocale du genre instrumental de l'orgue primitif. Importé dans nos contrées par les maîtres romains du vin'" siècle, son origine doit être cherchée par delà, jusqu'à Byzance et dans la Rome antique.

A l'époque la plus ancienne que nous connaissions de cet art, du ix= au xi'' siècle, on distinguait : i'Vorg'inwn simple, suite de consonances, quartes, quintes ou octaves, à deux parties, simples ou redoublées, semblable assez à Vdntiphonie antique; •2" la diophonie. mêlée de dissonances {diaplionin -rz dissonance), à deux ou à trois parties. On applir|uait ces procédés aussi bien à la voix humaine qu'aux instruments. Une voix d'homme pouvait « organizer >< avec la voix d'enfant. On arrivait donc en pratique à des exemples de ce genre tels qu'il nous sont donnés par les maîtres du temps :

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