PERIODE DU CONTREPOINT VOCAL
FLANDRE, ANGLETERIiE, ITALIE, ALLEMAGNE, ESPAG.NE. FRANCE (De la fin du A'/'' à la fin du XVII' siècle)
Par P. et L. HILLEMACHER
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Les rares et très vagues documents que l'on possède sur ce que pouvait être l'art musical chez les Grecs — et l'archéolot-'ie, en celte matière, n'est pas parvenue à remonter plus avant — autorisent à dire que l'antiquilé a complètement iiinoré la polyphonie et que, pendant de longs siècles, les voix ont chanté a l'unisson, tandis que le rôle des instruments se réduisait sans doute à les renforcer, soit que la lUHe doublât servilement ce chant, soit que la déclamation fût ponctuée de quelques notes pincées sur les cordes de la lyre ou de la cithare'. Donc : monodic ou mt'lopée, mais pas la moindre trace de combinaisons vocales ou instrumentales.
C'est seulement vers la fin du xi= siècle de notre ère que l'on découvre les premières manifestations de groupements mélodiques, sous une forme rudimentaire, il est vrai, et des plus barbares : au cantus firmus ou plaln-chanl liturgique, des moines musiciens avalent Imaginé — sans doute pour utiliser celles des voix à qui leur registre ne permettait pas
Cl Paul IlillL-mirhcr, 1870.
Lucii-n llillemacher. 1880.
i. « La déclatnatiun parlée sur un accorapagncniciil inslrumental était d'un usage assez fièquent daus le théâtre grec. L'œuvre des grands trajiiques en otVre de nonibrcui exemples. Tantôt, séparés nettement, cette déclamation accompagnée et le chant alternaient; tantôt ils se inèUiient au point ipic. dans la même phrase poétique et
les sons aigus ou les sons graves — d'adjoindre un autre chant, noie contre note, sorte d'accompagnement parallèle dont l'elTet n'était rien moins que contraire aux lois fondamentales de notre harmonie moderne.
De ces deux thèmes superposés (l'un appartenant à la musique liturgique, l'autre au chant populaire), les mélodies eheminaienl en rapport de quintes, de quartes, voire de secondes; telle était — à l'unisson près sur la note Initiale ou la finale — cette naïve Diaphonie'- dont l'usage s'est maintenu quelque cent ans, et que, de nos Jours, les oreilles les moins exigeantes ne sauraient plus tolérer.
Il est juste d'ajouter, pour e.\cuser de semblables hérésies, que cette seconde partie était le plus souvent improvisée par les chanteurs eux-mêmes, ce qui lui avait fait donner le nom de : Chant sur le Livre (canto alla mente) ou aussi : Déchant.
L'usage de ces improvisations persista longtemps sans progrès appréciables. Voici les noms qui nous
sans qu'il y eût changement d'interlocuteur, une mélodie se transformait en discours, ou, au contraire, une phrase parlée s'achevait, s'epanouissait en chant, n (M. Camille Bellaigue, Hevue des Deux Mondes, l""" novembre 1903.)
Cf. les Problëtnes musicaux d'Aristote, par M.M. F. -A. Gevaert et I.-C. Vollgrair.