Vuir pour le (lêt.iil mes Ori'jines. déjà citées
ES'crcLnPEDiE DE LA MH^iQUE ET DicTfnx.vAmE PU r.oysEnvATnrRE
B. 1. — La notation par accents est basée sur des principes que j'ai exposés tout au long dans cette même encyclopédie, la Musique byzantine, V, p. o.'j.'i et s., el qu'on peut résumer ainsi : l'accent aigu, marque de l'accent ou syllabe tonique, indique un son plus élevé; l'accent grave, l'inverse; l'accent circonflexe, droit ou renversé, une combinaison des deux. Le point el l'apostroplie indiquent des notes tenues ou répétées. De ces accents sont sorties les figures nommées d'abord noies usuelles, puis neumes.
Le stade le plus lointain de celle notation est représenté par des manuscrits grecs du v" siècle; déjà, à celte époque, les signes primordiaux sont modifiés ou groupés pur formules, et un seul signe, sur un mot ou un membre de phrase, suffit à rappeler au lecteur, au chanteur, la mélodie à adapter à ce passage. C'est du même principe, en somme, que procèdent les lamim hébreux, et déjà un auteur du iii" siècle, Censorin, fait allusion à cet emploi des accents dans la musique. Toutefois, tandis que les signes hébraïques sont lixés à ce moment, la notation par accents va se développer en des sens divers, à Constantinople et en Syrie d'une part, en Occident et surtout à Home d'autre part.
2. — Les exécutants de la musique religieuse, ayant appris par cœur les mélodies au moyen du monocorde et de la notation alphabétique, se servent des combinaisons d'accents comme d'une sorte de sténographie en même temps que d'un aide-mémoire. Puis, entre le ix"^ et le xii'' siècle, celle notation se perfectionne et fait abandonner même les notations alphabétiques auxquelles elle était d'abord jointe, el bientôt Guy d'Arezzo va lancer son écriture sur lignes.
Mais venons aux formes primordiales et à leur transformation.
If
1, accent aigu ou vinja, acuta, son plus élevé.
2, accent grave ou gracis, son plus grave.
3, circontlexe, flexa, 2 sons, aigu et grave.
4, circonflexe renversé, 2 sons, grave et aigu. 0, point, punclum.
6, apostrophe (deux apostrophes : bi ou distrophn ; trois, tristroi)h(i), apostropha ou sirophieus.
Ces signes se transformèrent petit à petit jusqu'à ces formes :
Vers le xi'^ siècle, on donna au groupe .'! le nom de
elhis, et au 4 celui de podalus ou de pes. Les autres combinaisons principales prirent les noms do :
J" scandicus, \\ climacus, .^U torcutus, \ porrectus, ""^ pressas.
Hesupinus est le qualificatif du signe dont une note
remonte après la dernière |\ ^^"; flexus est l'inverse : L I i p^scpunctis se dit d'un neume
précédé de punctum \ *; subpuncUs, d'un neume
qui en esl suivi N\.
Enfin, on donne à l'apostrophe une signification de noie tremblante, ainsi qu'au i/uilisma ji^l (cf. notalions byzantines), et l'on écrivit d'une façon spéciale les notes correspondant aux syllabes semi-vocales et
liquescenles ' ' y etc.
En résumé, les notes è\a\&i\\. groupées, comme avec les notation s alphabétiques,c/i(7(/!(eé/t';;ieH<(?'/!((ia/eji< à un temps, sans aucune subdivision : la rirga. le gravis, le punctum, le strophicus, le qiiiUsma := un temps bref.
Les diverses formes de pexa, 2 sons = 2 temps brefs ou un long. Les groupes de trois sons, 3 temps, etc.
G. 1. — Cette notation était, dès le ix' et peut-être le viii' siècle, appelée nota romana, ou « notation romaine ». A mesure que les chantres romains l'introduisirent en Occident, elle se ilifférencia en diverses classes, correspondant aux principales écoles de chant : messine, de iielz; française, de Paris; sani/allienne, de Sainl-Gall; aquitaine, du Midi el de l'Espagne, etc. On les dislingue généralement en neumes-accenis, à points liés ou à points détachés, suivant la manière dont sont groupés les premiers éléments. On distingue aussi les notations chironomiqucs, lorsque les notes sont simplement placées côte à côte, comme dans les exemples ci-dessus, et les notations dinstématiques, lorsqu'elles indiquent, par leur place au-dessus ou au-dessous d'une ligne imaginaire, la hauteur ou la gravité plus ou moins absolue des sons.
2. — En même temps, plusieurs maîtres imaginaient de nouvelles notations d'école : la notation dasieniie, employée par llucbald, d'après les mêmes principes (un son =: un temps), formée de transformations de l'esprit doux [daseia) des Grecs; une notation par lignes, en indiquant au début des lignes les intervalles des tons et demi-tons.
3. — Guy d'Arezzo fondit toutes ces notations. 11 emprunta h la dernière les lignes de la portée, aux notations alphabétiques les lettres-clefs, et enfin plaça les neumes sur lignes, sans rien changer à la valeur propre des notes, comme
Transcription éc[uivalente
Telle elle fut ainsi reçue, telle la notation se perpétua ; telle on la restaure de nos jours dans son intégrité '.
A ce moment même, la musique mesurée allait sortir de ses langes. Les inventeurs de sa notation em-
pruntèrent à la précédente la portée, les clefs et une partie des signes, qu'ils combinèrent en ligatures diverses. La notation mesurée employa dés lors, en leur
donnant un sens proportionnel : | longue, ■ brève,
1. On pourra se reporter aux divers eoiirs du chant grégorien pour leâ détails qui seraient iei oiseul.
nrsTninn de la musiovi-:
MOYEN AGE 581
# siMiii-brcve (d'un emploi très rare). La longue parfaite valait A brèves; la brève parfaite, trois iemilircrei. Colli' proporlioii ou prolalioii parfaite ou ternaire était la seule employée des premiers maîtres qui écrivaient en mesure, comme on a pu le voir par les exemples cités. Je n'entrerai pas dans le détail des règles compliquées de cette notation : Je donnerai
seulement le résumé des principales lif^alures telles qu'elles furent li.xées dans la seconde moitié du xiii" siècle (notation franconienne, ainsi nommée de Francon [voir p. 'wl ;, qui en lixa les rè^^les).
Vax donnant à la lonçiiie parfaite Téiiuivaleiice de la noire pointée, et à la brève celle de la croclie, nous obtiendrons les équivalences suivantes :
^ = ^J = -Ji ^\-iii ?-i^- ^'ë- iv^-^ n=rr
On voit qu'il va là un art tout dilIVrenl de la notation liu cliant firéyorien; et si, pendant l'époque de décadence linale de ce cliant, et au début de sa restauration, on attribua à certaines notes du plain-cliant des valeurs proportionnelles, ce fut par une regrettable
confusion des neumes avec la notation mesuréeldii xiM'' siècle, d'où estsortie, à parllr du xiv siècle, noire notation moilerne, comme le montreront excellemment d'autres collaborateurs de cet ouvrage.
Amédée GASTOL'É, 190ti.