‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 80 sur 1158 · Martial, XIV · texte numérisé non relu

Martial, XIV

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SYRIENS ET PHRYGIENS 6:i

rus' ". Nous n'avons aucune raison de ne pas [lenser de iiu''mi'.

Le mode phrygien. — I.e mode phryiiien scniMe avoir eu piiur hase une fiauime majeure dout le septième degré serait abaissé d'un domi-lon ; il aurait donc ou un dièse de moins, ou un bémol de plus que notre majeur. Les éléments de Taccord de dominante lui font défaut, en raison de l'absence de noli^ sensible; aussi sa modulation se dirise-t-elle surtout du côté do la sous-dominante, ut mi sol, et de sa quinle inférieure, /'<! la iil. .Né dans les cultes orgiastiques de l'Asie .Mineure, il était d'un earactére sombre et oxallé, et la cadence plai;ale y dominait. Les (irecs le co[isidéraient comme le mode par excellence du dithyrambe; un musicien ayant essayé de com|ioser un hymne de cette nature sur le mode dorien, dut y renoncer et employer le pliryi;ien. » Il est dans les harmonies, déclare Aristote, à peu près ce qu'est la thUe parmi les instruments; tous deux donnent à l'àme des sensations impétueuses et passionnées-. » Ces sensations prenaient parfois un caractère excessif; un jeune homme, raconte Roéce, fut tellement surexcité par une composition écrite en ce style, qu'il voulut tout briser. Pylliagore parvint à le calmer en lui faisant chanter des mètres spondiaques^.

Toutefois les philosophes les plus sévères n'allaient pas jusqu'à en blâmer l'usage; certains même lui reconnaissaient un elTet moral, et Socrate l'admettait à côté du dorien. Arislote s'en étonnait fort : Socrale avait proscrit lafliVe, et l'expression exallée du mode phrygien ne pouvait s'adapter aux sons calmes et nobles de la cithare'. Les médecins prétendaient que les airs en mode phrygien constituaient d'excellents remèdes contre la sciatique : « Cela enchante le mal, disait Théophraste, et les malades ne sentent plus la douleur^. »

En Phrygie les compositions musicales étaient surtout des Mi-troa, des hymnes en l'honneur de la mère des dieux, Cybèle. Ils se répandirent en Grèce avec le ,' culte de celte déesseet y furenttoujours très en vogue. M.Gevaërt a cru pouvoir en retrouver des traces ou | des réminiscences dans le IV° mode ecclésiastique, huitième ton grégorien^. On les reconnaîtrait à la présence du hémol devant le si ou à l'absence totale de la tierce aigué du son final. Tels seraient les hymnes Elegentnt apostoli Slephanum (offertoire), Populo meus (vendredi saint), Allcluia (lundi de Pâques), les antiennes JYos qui vivimus, Mm-lyres Domini, Angeli Domini. Disparu dès le syi^ siècle du choral protestant, le mode phrygien se serait maintenu dans le chant j populaire". ;

Deux passages du De Musica de Plutarque nous donnent quelques renseignements sur la technique des musiciens phrygiens : " Olympos, se mouvant dans le genre diatonique, faisait souvent passer la mélodie directement à la parhypale diatonique (fa) en parlant tantôt de la paramèse isi), tantôt de la mèse (ta) et en sautant la lichtinosdiatotiique{solj. 11 remarqua la beauté du caractère de cette progression, admira la gamme modale construite sur cette analogie, l'adopta et y composa des airs dans le ton dorien; ce faisant, il ne s'attachait plus aux particu-

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