‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 802 sur 1158 · SECONDE TAILLE · texte numérisé non relu

SECONDE TAILLE

TAILLE

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EXCYCLOPÈniE DE LA MISIQVE ET DICTIOSNAIBE DU CONSERVATOIRE

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Dernière Partie (Cadence finale).

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A en juger par les oraisons dithyrambiques que Ka mort inspira. Le Jeune fut un Maîlre fort goiUé de son époque :

Nul ne pouvoyt chatouiller les sens de si douce ravisson, Kl riMnplii', comme luy, d'ayse l'oreille et le cœur.

Claude I.i- Jeune mourant, sont morts ensemble tout d'un coup Des mouvements nombreux l'art, la science et l'honneur...

Ces vers élégiaques sont dus à la plume de N. Rapin, limeur fantaisiste à qui la mesure de l'alexandrin ne suflisait pas pour e.xprimer l'ardeur de son culte'.

De la même époque date, en France, une innovation assez curieuse, en tout cas conforme aux principes si fort en lionneur, au début de la Renaissance, pour les arts plastiques, qui étaient de s'inspirer jusqu'à la servilité des formes de l'antiquité : il s'agit de l'application à la poésie française des règles de la métrique latine-. Le poète Baïf avait, le premier, imaginé de diviser son vers, non plus en pieds et hémisticlies, mais en longues et brèves, autrement dit on dactyles et spondées alternés. On conçoit sans peine que les musiciens contemporains de Baïf durent rivaliser de zèle pour appliquer ce procédé à la cadence de leurs phrases mélodiques. Ne serait-ce qu'à cet égard, les œuvres de Le Jeune, de Mauduil, de Du Caurroy, oll'reut un intérêt spécial. En tète d'une édition de Ballard, datée de 160:i, se trouve une préface qui a pour objet de présenter au lecteur la nouvelle méthode poétique appliquée au rythme musical :

« Les Antiens qui ont traité de la Musique l'ont divi-

(') Nous reproduisons fidèlement ici la notation d»^ M. Expert, qui signala Ini-niome par un point d'interrogation le conllil résultant du fafi et du /as entendus simultancmeat. Ces sortes diiérésies se rouconlrent i;a et lii dans les œuvres de la Renaissance.

1. t'n autre admirateur de Le Jeune glorifiait aussi dignement son idole, quoique sur un mode moins désordonné ;

sée en deux parties. Harmonique et Rythmique, l'une consistant en l'assemhlarje proportionni; des sons graves et aif/us, l'autre des temps briefs et longs. L'Harmonique a esté si peu cogneue d'eux, qu'ils ne se sont servis d'autres consonances que de l'octave, la quinte et la quarte : dont ils composoient un certain accord sur la li/re, au son duquel ils chantaient leurs vers. La Ri/lhinique, au contraire, a été mise par eux en telle perfection, qu'ils en ont fait des effets merveilleux : csinouvans par icclle les âmes des hommes à telles passions qu'ils voulaient : ce qu'ils nous ont voulu représenter sous les fables d'Orphée et d'Amphion, qui adoucissoient le courage félon des bestes plus sauvages, et animoyent les bois et les pierres, iusques à les faire mouvoir, et placer on bon leur setnbloit. Depuis, ceste Uijtlwiiqueaesté tellement négligée, quelle s'est perdiie du tout, et l'Harmonique depuis deux cens ans si exactement recherchée qu'elle s'est rendue parfaite, faisant de beaux et grands effects, mais non tels que ceux que l'antiquité raconte. Ce qui a donné occasion de s'estonner à plusieurs, veu que les Antiens ne chantaient qu'à une voix, et que nous avons la mélodie de plusieurs voix ensemble, dont quelques-uns ont ipeut-estrc) descouvert la cause : mais personne ne s'est trouvé pour y aporler remède, jusques « Claudia Le Jeune, qui s'est le premier enhardij de rel'trer celte pauvre Rythmique du tombeau oh elle avait esté si longtemps gisante, pour l'aparier à l'Harmonique. Ce qu'il a fait avec tel art et tel heur, que du premier coup il a mis notre musique au comble d'une perfection, qui le fera suycrc de beaucoup plus d'admirateurs que d'imitateurs... »

On aperçoit en sa Musique Les secrets de Mathéinaliqu'' Bien observez <le point en point :

M.iis en cet art riont elle e?t pleine On voit i(u'il a donoé sans (leine La douceur a son contrepoint.

■2. Uans un ouvrage imprimé en looo.on trouve iléjù plusieurs odes d'Horace mises en musique par Claude Goudimcl.

EXr.YC.LOPÉniE DE L.\ MISFQfE ET DICTIO.XXAIRE DE CnXSEnyATnmE

Un exemple emprunlé à Cl. Le Jeune fera comprendre de quelle façon se pratiquait la déclamation musicale sur des vers mesurés. A parlir de la seconde moitié du xvii» siècle, l'avènement de la barre de mesure, résultat de l'emploi des valeurs proportion-

nelles, rendra superflu ce procédé métrique dont le but apparent était de préciser à l'exécutant la place des syllabes longues ou brèves, c'est-à-dire de doter la langue française d'un accent tonique qui lui fait défaut.

— f.ongu( w lireve.

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