Durand cl 61s éditeurs, Paris. 190i
2. On peut recommander comme des modèles d':in:ilyse celles que M. d"lnd\- fait du motet di? Palestrina ; Cranantibiis iïlis accepit Jésus
^panetr, ainsi que du Sanctiis Dominus SabaotU, par Vitoria. Cciirsdf Com/iosiUon Musicale, pages 147 et 148, passitn.
3. Il ne saurait être question ici de la Chansou poi>ulaire monodique. Voir sur ce sujet l'ouvrage de M.Julien Ticrsot : Hisluir^ de la chanson
^populaire en France.
4. Voir ces deux pièces célèbres dans la précieuse collection les
iliig.il une supériorité d'art sur la chanson rythmique, les nombreux spécimens que l'on possède de ce genre lie compositions témoignent parfois tl'tin souci de l'écriture polyphonii|ne i|ui b's fait classer immédiatement après les plus beaux .Motets.
Avec le Madrigal apparaît une innovation qui fui comme le point de dé-part de la musique sympiioniqiie, à savoir, ruuioiides voix et des instruments. Si, au début, le rôle ell'acé de doiibluie consista pour ces derniers à servir de guide, de soutien, aux chanteurs, l'inexpérience lies artistes chargés de la partie instrumenlalo l'explique suflisammenl. Mais peu à peu, l'habileté professionnelle aidant, les instrumentistes se dégageront de celte humilité pour prétendre à une partie indépendante dans le concert.
Presiiue tous les musiciens llamands, italiens, français, allemands, les plus illustres comme les plus modesles, se sont essayés dans le Madrigal. De la4') jus- (pi'à 1000, ce fut une vogue énorme : pas un mariage princier dont les cérémonies n'aient été pour les compositeurs l'occasion d'écriie des pièces dans ce genre aimable et galant. Quelques noms négligés ou simplement cités dans le courant de cette élude ont droit à une mention en tant que faiseurs de madrigaux :
Le Néerlandais Jakob Arcadeit, qui, après avoir été maître de chapelle du pape en lo40, arriva en France à la cour de Henri II et publia, un des premiers, six recueils de madrigaux;
Orazio Vecchi (loo0-1605), né à Modène, auteur de Il i-nnvitomusicide.Ae .'i à 8 voix; l'Amfiparnasso,commedia armonica^ (1597); la Veyiia di Siena, overo i varii humori délia musica moderna (IfiOl); enfin d'une œuvre humoristique dont le titre a la longueur d'un poème : « la Selva di varia ricreazione, cioè madrigali, cappricci, balli, arie, canzonetle, fantasie, serenate, dialoghi, un lotto amoroso, cou una battaglia a 10 (voci'.'i nel fine » (to90) (la Foret des plaisirs variés, à savoir, madrigau.r, caprics. d'inscs, airs, chansonnettes, loterie amoureuse, avec une bataille [un ensemble à 10 ^voix% pour finir 1590));
Giovanni Matteo Asola;
Luca Marenzio;
Felice Anerio;
Adriano Ranchieri, (jui prenait pour texte de ses compositions madrigalesques les sujets les moins poétiques : Il Zabaione musicale, inveazione boscarreccia;
Barca di Venezia pcr Vadova;
Festino nella sera del giovedi grasso:
Thomas Morley, musicien anglais de l'école de Byrd, dont on possède un grand nombre de madrigaux accompagnés par des instruments aux noms bizarres, la pandoia, la cisterne, le treble-lute;
Francisco Soriano, né à Rome en lo49; à l'âge de lo ans enfant de chœur à Saint-Jean de Lalran, puis successivement attaché aux maîtrises ds Saint-Louis des Français, Sainte-Marie-Majeure, Saint-Pierre, Soriano a publié en 1381 un premier livre de Madrigaux à .") voix; puis trois autres recueils en 1592 et
Joscjuin des Prés, Willaert, Palestrina' Roland de Lassus, ont écrit quantité de MadrigaiR qui ne le
Mtiitrr^s .Musiciens tte l<t tlemitssance fraïu-aisr, par M. Henry Expert (.Mpli. Leduc éditeur, Paris, 1901).
5. Transcrit en notation moderne par M. Robert Eitner, « IWutiparnasse ■■ a été publié par la maison Breitkopf et Hartel. en 1902.
G. L'n musicien français, Antoine Barre, qui vivait en Italie dans la «econde moitié du xvi' siècle, roinpos.! des madrl^'auv dont le tour et le stjle ne furent pa<, dit-on, sans influence sur ceux de Palestrina. {V. le volume déjà cité de M. Brenel.)
Esr.yr.LOPÈDiE de la musique et dictionnaire du conservatoire
relient pas en inlérèt à leurs plus belles pièces relioieuses^.
L'Art, pas plus que l'homme, ne peut vivre longtemps sur les sommets. Après que, pendant plus d'un siècle, le motet eut porté et maintenu la musique à son apogée, la décadence devait fatalement arriver : le madrigal accompagné y aida insensiblement.
Sentant qu'ils ne parviendraient pas à surpasser, pas même peut-être a. égaler les admirables l'oiraes aussi bien que les accents sublimes des Palestriiia et des Vitoria, leurs successeurs se résignèrent à un style plus accessible à tous, pour cette raison qu'il paraissait briller d'un éclat plus décoratif. D'autre part, le mariage des instruments et de la voix humaine, qui, à des jours encore lontaiiis à la vérité, devait inspirer de si splendides symphonies, ne fut pas sans modifier singulièrement l'idéal des héritiers de la Uenaissance, en guidant leurs recherches vers un art moins hermétique. Peut-être aussi les chanteurs se lassèrent-ils un jour de subir cette promiscuité, cette rivalité instrumentale qui les empêchait de régner sans partage. Knfin, il n'est pas jusqu'aux théories harmoniques que l'on commençait à pressentir, qui ne portèrent une grave atteinte à la noble architecture contrapuntique : pour abréger un labeur jugé désormais superllu, on adoptera le procédé sommaire du Basso continua, simplilîcation d'écriture qui laissait toute indépendance à l'accompagnement, et dont l'usage allait devenir aussi répandu que néfaste.
Malgré son incontestable maîtrise, Schutz fut
l. Il mourut en 16T2.
l'homme capable d'ébranler les assises d'un art qui, durant prés de l.iO ans, avait lentement progressé, résistant à tout caprice comme à toute dégénérescence.
Né en Saxe, en IoSj, Heinrick Schiitz', ijue l'élude du Droit avait conmiencépar attirer, était, sur l'ordre du landgrave de Hesse, parti pour l'Italie dans le but d'y apprendre la musique. La savante et austère direction de r.abrieli le rendit, en quelques années, capable d'écrire des compositions religieuses connues sous le titre de Cantiones et Sijmphonin' snc/a'. ainsi que plusieurs livres de Motets. Mais son œuvre justement réputée comme la plus parfaite et d'une originalité propre est les « Dialogues » (Dinloijo pcr la Pascua et Dialogn del Farisiano'-. Quoique désignés sous le vocable généralement adopté de Motets, les Uidlor/nes de Schiitz sont conçus dans un style dramatique qui en rend l'exécution convenable au concert plutôt qu'à l'église; la déclamation y atteint à des accents d'un réalisme humain parfois saisissant.
Ce musicien est donc le véritable créateur du genre de la Cantate dramatique et de l'Oratorio, tel que nous le comprenons encore aujourd'hui, avec cette réserve que l'emploi de la basse continue y restreint singulièrement le contrepoint, dont l'abandon se fera peu à peu sentir jusqu'au jour où un colossal génie saura le faire renaître de ses cendres et en forgera un instrument à sa taille, de la plus surhumaine perfection. Néanmoins c'est la gloire de Schiitz d'avoir été le précurseur direct de J.-S. Bach, auquel il seivira de transition, entre cette étude et celle qui en fait la suite immédiate.
2. Les " Dialogues » de Schiitz ont été publiés par tes éditt-ura Breitiiopf et ïiartel.
P.-L. HILLEMACHER, 19i2.
ITALIi:
Par Guido QASPERINI
Dinr.IOTllKCAIRU AU CONSKRVATOIRE ROYAL D:: MCSUJl'E IIP. I-ARMK