Onomasticon, tV
EXr.YCUlPÈDŒ DE LA Mr^IQl'E ET DICTIONNAIRE DV C.ON!<ERVATOIRE
La gamme d'Olympos, à laquelle manquent le sal et le ré, pourrait en être un souvenir.
Quoi qu'il en soit, l'habileté des musiciens phrygiens avait su triompher des obstacles; « malgré leur simplicité et le nombre restreint de leurs notes, leurs compositions l'emportent à tel point sur les compositions variées et surchargées de notes et de modulalions, qu'elles les laissent toutes loin derrière elles et que nul ne peut imiter leur style'. »
Le mode lydien. — Le mode lydien est basé, lui aussi, sui- une gamme majeure dont le quatrième degré aurait été haussé d'un demi-ton, formant ainsi un intervalle de triton avec la tonique. Il a donc un dièse de plus ou un bémol de moins que notre majeur. Celui-ci est en réalité composé de la partie inférieure du lydien et de la partie supérieure du phrygien. Toutefois le lydien s'en rapproche beaucoup par l'importance donnée aux sons de l'accord de dominante. Le caractère majeur y est un peu plus prononcé; il va même parfois jusqu'à làpreté. De plus, il olfre peu de ressources pour la modulation, qui ne peut se diriger que d'un seul cùté, la tonique étant à l'extrémité gauche de la série diatonique. Aussi les mélodies écrites sur le mode lydien roulent-elles sur deux accords principaux.
M. Gevaért croit avoir retrouvé des vestiges assez incertains du mode lydien dans le septième et le huitième ton grégorien. Tels seraient le Benediclus es Domine [Sanctus des qualre-temps dans l'Avent), 1'^dorate Deum (introït du troisième dimanche après l'Epiphanie), \'Allcluia (troisième dimanche après Pâques), le Lux xterna (commun de la messe des morts)-.
Le mode lydien fut connu en Grèce d'assez bonne heure, peut-être avant le phrygien. Il se présenta sous deux formes : le lydien pur et le syntonolydien, lydien relâché. Le premier, employé par Alcman,Sacadas, Sapho et Pindare, était fait de mesures légères, groupées en périodes courtes et gracieuses; il semblait à Aristote « convenir à la vieillesse et h l'enfance, car il réunissait la décence à l'instruction^ ».
Le syntonolydien, au contraire, fut proscrit par les philosophes à cause de son caractère thrénodique*. C'étaient des mélodies rapides, agitées, chantées dans le registre élevé sur des instruments à sons aigus et déchirants, propres, suivant la conception orientale, aux lamentations funèbres. Aussi croyaiton en Grèce que l'origine première du lydien le rattachait aux cérémonies de deuils C'était une erreur, car, ainsi que l'a fait remarquer M. Reinach, « le caractère harmonique d'un mode est indépendant en principe de la hauteur absolue d'exécution, mais on comprend que, par suite d'habitudes locales, il ait fini par y avoir une association intime entre telle tessiture et telle forme de gamme, et que le vulgaire ait mis sur le compte de celle-ci ce qui n'était en réalité que le résultat de celle-là. »
Les musiciens cariens ou lydiens qui accompagnaient les Athéniens à leur dernière demeure* devaient augmenter les vieux airs de leur pays de miaulements lamentables obtenus en glissant les doigts