Brenet
Exr.yr.LOPÉniE de là misiqi e et nrcTfo.xyAiRE nu cossERVAToinE
Jean Rogier, (laspard Hoste, Louis de Luxembourg, etc.; mais ce n'est qu'en l'an 1.329 que jiarut ;'i l'imprimerie de Pierre j^ttaingnant de Paris un livre de tablature pour le luth. Kiirte en a reproduit quelques compositions : deux préludes, un air de danse, une chanson et une pièce bien insigniliante sous le titre de la Guerre. Vasielewski aussi présente des exemples de cette tablature, mais dans une notation
Fi'i. 301. — Luthi>le ilu xv siècle.
qui laisse à désirer plus de soin pour la clarté des valeurs rythmiques dont dépendent les diverses parties de la musique interprétée par lui.
Le livre de Vasielewski nous dorme de même des transcriptions de la musique de Hans Judenkiiuig, le premier luthiste allemand qui a mis en tablature et publié {i;)23, à Vienne d'Autriche) un petit Lautenljiuh. [lour l'aciliter l'étude et la pratique de son instrument.
L'ouvra;^e deM.Morphy sur les luthistes espagnols, que j'ai déjà cité, mérite toute attention surtout au sujet des notices historiques, critiques et bibliogra-
phiques rapportées dans les pages de préface; cependant ces notices ne sont pas entièrement acceptables sans revision. La musique publiée par l'auteur représente des chansons [Ronadiccs, Villancicos. Sonnets. etc.) à une voix avec accom]iaguemenl de luth Iriltuela), et des compositions instrumentales pour le luth, tirées des tablatures de Louis Milan, dont El Maestro [io3G) est le plus ancien des livres de tablatuie imprimés en Espagne, de Luis de Narvaez ij)ell'in para viliiiela, 1538), deAlonso de Mudarra i T/'S.s libros lie musicn en cifras, lo46', de .Anriquez de Valderràbano (Si/vn rff Sirenas, lo47), de Dieijo Pisador tlJhro lie nwsicn de viliuela, 1352\ de Miguel de Kuenllana iOrplienicn lira, lno4), de Venegas de Hinestrosa {Litiro de cif'ra nueva, 13;i7) et de Esteban Daza [El Parnaso, 1.Ï76).
.\ mon avis, il y a à regretter dans les transcriptions de M. Morpliy, plus que dans celles de 'M. Vasielewski, une certaine insouciance quant à l'écriture moderne des notes, laquelle devrait être très soignée alhi de montier bien clairement la vraie constitution de l'ancienne polyphonie.
En Italie il y avait des tablatures de luth dès les premières années du xvi° siècle publiées à Venise par (.». Petrucci (Ij07-la08';, et parmi les luthistes étaient connus (iiovanni .\mbrosio D'.\lzu de Milan et .\lberto De Ripa de .Mantoue; celui-ci laissa de lui une grande renommée en France, oii il lut pendant vingt-cinq ans consécutifs au service de François I='' et de Henri II et où, après sa mort, sa musique, inédite jusqu'alors, fut recueillie et imprimée Io.i3-15d8) par les soins du luthiste français Guillaume Morlaye, son disciple et admirateur. Les ouvrages déjà cités ont traité de façon complète des tablatures de D'Alza et de De Ripa, et donné plusieurs exemples de transcriptions. Je dirai seulement que le livre de D'Alza, publié en 1508, contient :
Padovaiic ilivprsn.
Calalc a la spagnola.
Calate a la (aliana.
Taslar de corJe con li soi rccercar drieiro.
frotlule.
Je remarque que les frottole à plusieurs voix sont un genre de composition très intéressant, parce qu'elles n'ont ni les formes, ni les intentions, ni les manières de l'école flamande; elles ne proviennent pas même directement de l'art populaire. Elles constitueraient plutôt les premiers essais d'un art savant profane, qui tâchait de mettre l'expression musicale en juste rapport avec le sentiment des paroles. Les luthistes mirent en tablatures les frottole les jdus parfaites, comme plus tard ils transportèrent sur le luth les miidriiiali et puis les chansons françaises, qui vers la moitié du xvi" siècle eurent de grands succès en Italie. D'une forme plus simple, d'une structure jdus rè^'ulière, d'un dessin mélodique plus précis que le madrinnl, les chansons françaises atteignaient au plus haut degré la vérité de rexjiression, et d'ailleurs la variété des ell'ets et la souplesse du rythme, ajoutées aux doctes artitices de la science musicale, leur donnaient le charme spécial des manifestations directes de l'art jiopulaire. dont elles s'inspiraient.
Je résume brièvement mes recherches sur les luthistes des siècles xvr et xvii°.
Hans iNewsidler est le premier d'entre eux : né à Presbourg, [mis devenu citoyen de .Nuremberg, il fabriquait, dans les premières années du xvr' siècle,
iiisroiiti: iiE i.A MisiijiE
ITALIE ii'.s
lies luths qui étaient fort ri'olicrcliés dans toute !'l'>uro|io, et on l"i.'t6 et i'M't il publia ilcux livres do luth, aliii irap|vn'iiili(> riiislininont aux ainatruis. Il niouiut on li>6;i. J'ai tiansorit df lui rduvrago imprimé on \'à'.\(i à .Nuiemlior;,' |iar Jolian l'oticMo : Kii\ Scu'<ifi>rdinl Kiinatlirli Lau(fiihurli, olr. .l'y ai trouvé beaucoup lie oliansons polypliiiiui|uos llamaiides, à doux ot à Irois voix, dont i|uel(iuos-uiies ont été oiinsorvi'os dans la l'orme (irif,'inale par le pn'Tioux voinmi' do O l'olrncoi, lluvmoiiici' miisicrs (hUccaloii, cl pliisiours airs de danse qui consliluenl la ]iaitio la plus importante du recueil.
Uuaiil aux oliansoiis, on doit admirer l'art p.ir loiiuel Newsidior a su suppléer, en se servant do iiuobiuos simples iliminulioux (/iori/wrc), au maniiuo
d'elTet que la musique vocale polyphonique devait nérossairemonl subir lorsqu'elle était transportée sur un iiisIrunioMt aussi p.iuvie de sonorité liomo- ;.'èno ciuo lo lutli. Les airs do danse, au oontraire, ont toujours très bien ri'ussi, et se déf.'a;,'ont vifs, ijraeicux et oai'ai-t('Mistiqu(rs, avec une simplicité rharinante. Je reproilnis un exemple dos idiansons et des danses aver, le fac-sititiU du l(!\to orif^iniil, pour montrer oommcut on metl.ait on piatiijue l'aucionno l.ablature alliMuande du lulli.
V.w rompaïaut la lr,iuseri[ilion avec roi'i;,'inal, on doit faire altontion t[ue le ton est Iran.sposé à la quinte, ot (pie dans la danse .Newsidler baissa d'un de^'ro la sixième corde.
Nbwsidi.icu, iririri. — Kttiit kh srlnin rciiii'^ irrr/li'x wrjjli.
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