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A celte époque était célèbre en Italie le luthiste Francesco da Milano, que ses contemporains appelèrent (7 diiino. On connaît bien peu de sa vie; dans sa jeunesse il était peut-être aux yages de (;onzaf.'a ;i Mantoue, et certainement vers l'an 1330 il fut à Home auprès du cardinal Ippolito de' Medici. // iliv'tno, dont il nous reste bien des tablatures de lutli, traita toujours les formes les plus pures de l'art, soit en se livrant à des Fantasie originales, bien souvent constituées au commencement par des canoni à la quarte, à la quinte ou à l'octave, (jui se développent ensuite avec une imagination très libre, soit en s'inspirant de l'ensemble d'une clianson, dont il agrandissait quelques traits saillants, avec les complications du style de ce temps-là, mais avec une clarté admirable de pensée. 11 paraît plus sévère dans les Ricercari, dont la simplicité n"a d'égale que la douceur.
11 eut aussi le mérite de contribuer au progrès de
la culture musicale comme transcripteur : grâce à sa renommée se répandirent en Italie les chansons françaises, dont il mit en tablature (lb36) La Batta- (jlia francese et La Canzon dejjli uccelli de Janequin, puis peu à. peu les meilleures compositions du genre. On ne rencontre cependant pas d'airs de danse dans ses tablatures ; si cela prouve que le compositeur ne voulut jamais abandonner les sphères les plus élevées de l'art, d'un autre côté il est à regretter qu'un musicien aussi parfait que lui n'ait pas traité ces formes nouvelles, créées par le génie populaire, qui ont eu tant d'inlluence pour faire sortir la mélodie du style polyphonique. J'ai publié beaucoup de musique de Francesco da Milano (Libro 1° et Libro III") en quelques-uns de mes ouvrages'; je citerai ici ua liiccrcare de sa composition.
1 . Consultez ;i re |iro|JOS les ouvr.iges déjà nomiiiès, le Saijgio sullti melodia popolure det cînguecetito, rdiziuiie Kicoriii. et les Sammeibdn'kii dt'r Internationnlen Musik^esHlschaft, :inno IV", fascicolo 3.
F.sr.yr.LOPÉniE de la MrsfocE et nicrio\x\inE nr r.ns-^EnvMniiu-.
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Perino Fiorciitino, élève df Francesco da Milano, s'efforça de surpasser son maître, en clierLiiaiit de nouvelles combinaisons de sons et de nouveaux entrelacements de parties. J'ai lu qnelques-UMcs de ses Foiitasie dans le Libro III" de Francesco (104*1, mais si elles sont surprenantes à cause de la difliculté de leur exécution, elles n'excellent pas [lar l'éléf-'ance de l'idée.
Pietro Paolo liorrono est du même temps et du même pays que Francesco da Milano. J'ai pu examiner son Libro (Htnio de tablature du luth, imprimé à Venise par G. Scollo en 1548. Au premier abord, il me promettait merveilles, parce qu'il contenait force Pa- \ane, Salla}clli, plusieuis Funtasie (deux de l'auteur et onze de Francesco da Milanoi, quelques chansons framaises lune de Josquiri et quatre de mu>^iciens inconnus), et deux Mohiti de J. Mouton; ceiiendanl le résultat de ma lecture n'a pas répondu à mon attente. Soit à cause de l'inhabileté du transcri|itcur pour le lulli, qui pourtant se dit eccellenic dans le titre de son livre, soit à cause des fautes communes à toutes les éditions de Scotli, peu de pages de celte tablature peuvent être interprétées d'une façon si'ire. Il ne reste que la faible satisfaction de remaniuer, en comparant quelques chansons avec d'autres tablatures, la f-'rande liberté que prenaient les luthistes en faveur de leur instrument dans la traduction musicale, non seulement en enrichissant de fioriture la
forme orifjinalo, mais aussi en réduisant l'harmonie jusqu'à rinsi;;nifKince, et parfois même en changeant entièrement les accords, afin d'exécuter avec beaucoup de sonorité sur le luth les compositions écrites pour les voix.
Je me sers des fnr-similcs de M. Morphy, dans l'ouvraf;e cite'', pour interpréter une Pavane, un peu fade mais firacieuse, et une Romance assez intéressante comme étant l'un des plus anciens exeni[des de ce fleure dans l'art moderne. Ces compositions sont mises (Il tablature dans le livre Et Maestro (1336) de Luis Milan, musicien qui était au service du viceroi de Valence, Don Hernando de Aragon, et qui jouit d'une grande leiiommée en son temps. Il em- [iloie la tablaturi: italienne, mais il place les cordes
au rebours ;
c'est-à-dire de haut en
bas, et, lorsqu'il doit noter une chanson avec accompagnement de luth, il écrit en rouge sur les cordes la touche (numéro) qui se rapporte à la voix. Cette trouvaille très ingénieuse a ét('' adoptée par d'autres hithisles espagnols, qui cependaulont accepté presque généralement le système des tablatures italiennes
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XVI" ET XVII' SIECLES. - ITALIE r,w
avoc lus cordes de bas en haut
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