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Un gros manuscrit du même genre de tablature que j'ai eu l'occasion d'étudier, ne m'a pas olFert de résultats assez brillants pour me pousser à d'autres recherches sur ce sujet. Cependant ce luth, toujours avec la même notation, a duré plus d'un siècle. En ellet, David Kellner, en 1747, composa pour l'instru-
ment Faiiliisie, Ciaccone, Ginhe, Paslorclle. Campanelle, Sarabande. Gffro»e, Rondeaux, Passe-Pied et des Airs assez variés. J'ai lu toutes ces pièces, et quelquesunes m'ont charmé ; toutefois de pareilles compositions ne pouvaient désormais satisfaire que le petit nombre de dilcttanti d'un instrument qui s'était sur-
ESCYCLOPÈniE DE LA MUSIQVE ET DICTIOSNAinE DU CO.XSERVATOinE
vécu à lui-même et était bien déchu. D'ailleurs la guitare allait prendre un caractère tout à elle, qui ne manquait pas d'une certaine grâce artistique. Elle prenait faveur à cause de sa plus roliuste et plus parfaite sonorité en comparaison du luth, due à la f;randeur de l'instrument; à cause de l'accordatura bien plus facile (on a dit qu'un luthiste perdait la moitié dejsajvie à accorder le luth!); à cause des effets des accords arpégés ibatteries) qui relevaient par un agrément nouveau l'exécution sur les cordes pincées; et à cause du doigté plus aisé sur la touche.
Avant la composition régulière d'une vraie musique pour la guitare nous trouvons les étranges sonates de [Chitairiijlia. Cet instrument à cinq cordes était
accordé ainsi
On
avait inventé pour lui un alphabet dans lequel chaque lettre indiquait la position des doigts sur les touches nécessaires pour obtenir un accord de cinq sons; par exemple, la lettre û exigeait cette combi-
naison du doigté
la
sol et il en résultait
l'accord de la mineur. Quelques lettres ne laissaient pas des cordes à vide (désignées par un zéroi, comme
la lettre G
de manière qu'exécutée
avec l'index sur la première touche, elle faisait résonner l'accord de fa (k vrai dire à l'état de deuxième
renversement, c'est-à-dire de 4'° et 6'"- —
sur la troisième (G') l'accord de f.ol
surlaqua-
triéme (G*) celui de la bémol
\mi^J
etc. Il faut remar-
quer cependant que, selon la méthode employée par le guitariste qui écrivait la tablature, parfois un numéro sur la lettre indiquait la touche à laquelle se référait la position de la main pour serrer toutes les cordes dans le but d'atteindre un certain accord, et parfois une lettre spéciale pouvait signifier le même accord, particulièrement lorsqu'il s'agissait de noter un accord qui était d'un fréquent et facile usage sur l'instrument.
Voici l'alphabet le plus commun de la Chllarriglia; il passa plus tard et se conserva longtemps dans la tablature pour la guitare alla spajnola, même en Italie :
Pour noter les sonates de Clâtarnulia on mettait les.lettressur une ligne transversale; de petites lignes perpendiculaires à celle-là, vers le haut ou vers le bas, indiquaient si l'accord devait être arpégé avec le doigt de l'aigu au grave ou du grave à l'aigu. Une semblable ràclerie toute rudimentaire, et rien de plus, constituait la sonate! A l'exécutant manquait
toute indication de temps!! Il devait se contenter de cette seule règle que lorsqu'il trouvait un point il fallait qu'il s'arrêtât un petit peu, et que là où les lettres étaient placées entre deux S, les butteries (accords arpégés) devaient être exécutées plus à la hâte. Le fac-similé suivant est tiré d'un petit livre intitulé Vaijo fior di lirtii Dove si conlienc il vero modo d'im-
Tciias alld vefâ Sp4gmU .
A] <T ai giil 01 ciMaigT î
1 11 11 U 11 U 11 b j c \ A \ fine.
U U 11 il 11 U
T îPTi 11 11 11 11 u il 11 u irn vT
\ \ e I fine .
Li ai L T h I ] T L \ a i i î L I h n Pj
a i L I fine.
/iiSToiRE DE Là m IIS rn II-:
Fo/init alla Vfra S/niffiiotti.
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parnrc di sonore Lu Cliitavriiilia Cou una ijionla di Piisxacofili, c Cliiaroiii' alla fi'iti Spui/niila e anco Balleli novi. e Con-enti Fnini'ese no}i piii. reditti. Il tiilto (/'i/o in liicc lia me Loilovicn (Ici Munie (la iinluiina. Je n".ii traduit que la première l'ullia, d'un goût d'ailleurs exécrable.
.Néanmoins, dans les premières années du xvii» siècle parurent plusieurs tablatures de Chitarrvjlia: en 1620, Gio.-Ambrosio Colonna était arrivé à son deuxième livre, même assez gros; et ce goût dura longtemps, jusqu'à ce que l'on associât aux lettres siÈiiplenienl raclées le pincement des notes comme dans le luth, et l'on eut alors la guitare alla spai;nota avec une musique moins primitive.
Mais on continua l'usage de Valphahet pour la uuil(irr, aliu de noter les accords, même en faisant des lautes grossières, sur la basse écrite des chansons à une ou plusieurs voix, ce que j'ai remarqué dans presque toutes les compositions des Affetti ainorosi de (liovanni Stefani (1021), de la Misticnnza di Viijna alla Beniamasca de Fasolo (1626?), et des Arie dv Francesco Severi (1626i.
FiG. 3ÙS. — Chitarra del secolo xvii".
Fasolo, 102Ô. — ■ Peiilinienlo iti xitt'f/im amurnao a modo tii BaUetto francese.
PcntimentodifdegnoAinorofo:ànîodûdiDallertoFranccfè. ,j