LES MUSICIENS PHRYGIO-LYDIENS
« Les compagnons de Pélops furent les premiers à jouer sur les tliltes, pendant les sacrifices des Grecs, le nome phrygien de la Mère des montagnes, tandis que les vibrations aiguës de la peclis faisaient résonner un chant lydien'. » Cette tradition se trouve rapportée sous une autre forme par Pausanias : Amphion, le père de la musique grecque, aurait épousé ISiobé, fille du roi phrygien Tantale et sœur de Pélops; pendant son séjour à la cour, les sujets lydiens de son beau-père lui auraient appris l'harmonie qui porte leur nom'". Ce serait donc vers le xiv» siècle que la musique asianique aurait commencé à être connue en Grèce. En réalité il faut abaisser beaucoup cette date. Ce n'est guère que vers le viii»! siècle que cet ai t commença à prendre un grand développement dans ce pays. U y avait eu déjà des aèdes à la cour des petits princes de la Hellade, mais c'étaient surtout des poètes, et leurs instruments primitifs ne leur servaient qu'à marquer le rythme de leur déclamation. Ce fut alors que des barbares révélèrent aux Grecs le solo instrumental, l'aulétique pure. Leurs flûtes à diapason grave, d'un timbre mordant et passionné, firent une impression profonde, et les mélodies phrygiennes, d'une couleur étrange et exaltée, à la fois enivrantes et pathétiques, inspirèrent à leurs auditeurs un grand enthousiasme, bien que cette musique d'où la parole était bannie choquât leur conception artistique. Dans leur goût pour la simplification et la synthèse, ils rapportèrent l'invention et le développement de cet art au plus illustre des aulétes phrygiens, Olympos.
Olympes. — Un certain nombre des chants liturgiques en usage dans les temples grecs étaient attribués à Olympos : nome d'Athéna en phrygien enharmonique, nome d'Ares en prosodiaque, nome du Chariot, nome d'Apollon, nome Polycéphale". Ces œuvres et quelques autres avaient une grande réputation en Grèce. « Plus que toutes les autres, — disait Socrate, — elles ont un caractère surhumain; seules elles nous remuent et révèlent des âmes vraiment religieuses; seules parmi les mélodies de cetteespèce qui nous restent, elles sont considérées comme des inspirations de la Divinité'-. » « Qui nierait — s'écrie Aristote — qu'elles enthousiasment les àmes'^? >> Plutarque aussi les plaçait bien au-dessus des autres et