‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 841 sur 1158 · I.ODovico RoNCM.i.i, I6'.I2. — VdHsmagliii · texte numérisé non relu

I.ODovico RoNCM.i.i, I6'.I2. — VdHsmagliii

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(Juaiit à la tablature de guitare liançaise', qui avait les mêmes cordes que la guitare alla spannola^, on faisait usage de la portée à l'envers de cette dernière, c'est-à-dire que les sons y conservaient la position naturelle de l'accord, de bas en liaut. On n'y employait pas l'alphabet pour les batteries, parce que les lettres progressives de celui-là remplaçaient les numéros de la guitare espagnole et italienne, et la position pour les batteries était écrite entièrement chaque fois qu'il fallait employer cet efl'et dans la composition; pour les valeurs rythmiques on se servait des notes musicales ordinaires.

Dans ce genre de notation est typique La Giiiltiri'i: Roi/iille de François Corbetta, imprimée à Paris en 1671. Il parait que Corbetta, né à Paris en 1630 envil'on, fut un guitariste célèbre dans toute l'Europe. Haniiltou le rappelle dans les Mémoires du clieratier lie Grammont à la cour de Charles II d'.\ngleterre, où il « venait de faire une Smalxindc qui charmait ou désolait tout le monde, car toute la guilarerie de la cour se mit à l'apprendre, et Dieu sait la ràclerie universelle que c'était». Corbetta lui-même dit au Cmiosn

U'tlorc de la Gidlarre Huij(dlr qu'il lit graver l'an ItiaO un de ses livres à Paris, « où Sa Majesté voulut bien l'admettre dans une entrée de plusieurs guitares d'un Hallct composé par le très fameux J.-Ii. Lully »; et puis il se plaint d'un certain Granalta qui lui vola des sonates et des invenlions, comme il eut occasion de s'en apercevoir à Venise l'i son retour d'Expai/ne.

Je n'ai trouvé aucune indication qui me permit de découvrir la Sarabande qui exalta d'une manière si extraordinaire les dames et les chevaliers de la cour anglaise ; pour remédier à ce malheur, je transcris une gavotte^, dans laquelle on peut voir les fioriture qui avaient le plus de succès sur l'instrument. Le reste de la musique de Corbetta comprend des Vreludi Allemandes, Sarabandes, Passacaijli, Uondeaux, Gighc, Mcinii'tti, Ciaccone, Fantasic, etc. ; il ne manque même pas de pièces d'un caractère historique et politique, telles que une Allemande sur la mort du du<de Glocester, le Tombeau sur la mort de Madame d'Orléani, et une Allemande et sa suitte sur l'emprisonnement de Bouquin(/am [sic!].

Franc. Cobiietta, liiTI. — Cinulle aymée du Ane de Mniilmoulh.

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Tablature de guitare française :

Cordes

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2. Les cordis «louliles, â t'iniisson les aiguës et à l'octave les liasses, étaient presque toujours dùteriiilnées par l'auteur dans la prefaco de son ouvrage.

3. biins la musique de Covbetla et do Robert de Visée j'ai désigna

quelquefois entre |)areutliOses le sol bas. qui n'eviste pas d.nis la guitare à cin(] cordes; cela sert à fairrr romprondre le saut il»- la troisième corde à la einquiéme, saut inévitable, puis*[uil manquait à l'instrument la sixième corde.

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XVI'' ET XVII- SIECLES

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De Valiray, de Visée el Méilard fuient élèves de Corbelta. Le dernier lui fit une épit.ipiie qui, dans sa conclusion, est très seml)l;il)le à celle (jui a été gravée sur le tombeau de LuUy:

AjjprL'ntU qu'il no ili'v;nt jaiiinis Iliiii- son surt,

Kt qu'il aurait cliainu'' la iimrl ; Mais, hélas ! \y,\r malheui' olle n'a point d'oreilles.

Un autre lioiii mage fut rendu à son maître par Robert

de Visée, qui, dans son L'icro de Guilarrc (l'aris, 1682), publia une Allemande portant le titre : Tombeau de M. Fruiicis(/uf Corbel. J'en reproduis la première partie et le fac-similé du texte comme exemple de la tablature française de guitare; j'invite le lecteur à remaïquer cette coïncidence fort curieuse que la composition de H. de Visée commence ainsi que la marclie funèbre de la symplionie liéioï(iue de Beethoven.

UomCRT iplî Visr.K, 1082

Tu ml' mit lie M. l'riiiH-iaiiiii- Korbct. Alleniamle.

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ENCYCLOPÈniE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIKE

Je n'ai rien i-encontré de remarquable après celte musique dans le livre de li. de Visée. Nap. Coste a publié de nouveau en noLalion moderne Neuf pièces très (.'lacieuses de cet auleur; il les réduisit pour la guitare à six cordes, ce qui douue sans doute plus d'éclat aux accords, qui avec six cordes sur la toucbe peuvent avoir la basse réfiulière, mais ce qui altère l'originalité spéciale de ces compositions pour la guitare ancienne.

Plus tard nous trouvons les Nouvelles Découverte!: sur la GuilarepuT François Campion (Paris, l'Oo). Cet ouvrage nous montre le grand nombre à'accordalurc que l'on essaya sur la guitare (voir ci-contre).

Je répète ici l'observation que j'ai déjà faite à l'égard des diirérentes manières d'accorder le luth : dans

accordature accordatures variées.

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notre système ordinaire de notation la lecture de la musique sur la guitare accordée d'une façon diffél'ente de l'ordinaire serait ennuyeuse et difficile; mais dans la tablature, où au lieu des noies musicales sont indiquées les touches sur lesquelles résonnent les notes, le changement d'accordature n'apportait au joueur aucune confusion.

Je cite une Sarabande de Campion :

Fb. Campion, 1705. — Sariihumlc.

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Je n'ai vu aucune autre tablature de guitare api'ès celle de Campion, mais je crois que désormais ces livres ne pourraient plus attirer l'attention des historiens. Les temps héroïques des instruments à pincer étaient passés, tandis que le claviceinbulo les avait remplacés avantageusement, soit sous le rapport de la valeur des compositions que l'on écrivait pour lui, soit sous celui de l'exécution. La musique instrumentale d'ailleurs avait pris une foi'me décidée par le mérite de liononcini. Vital!, Toi'elli, Rassani, Corelli, etc., qui, dans des compositions géniales à plusieurs parties, en continuant l'œuvre commencée parGabiieli et Mascara à la lin du xvi° siècle, avaient frayé à la musique moderne de nouveaux chemins. Kn ell'et, après l'invention de l'opéra, le violon et plus tard le quatuoi' d'archets occupèrent la première place dans 1 ensemble orchestral et contribuèrent à ordoimer et à délinii- les fonctions des autres instruments qui étaient amoncelés pêle-mêle dans les orchestres primitifs. L'Italie peut se glorilier de violonistes très habiles, qui parurent dès les premières années de la renaissance musicale. On connaît de l'époque la plus ancienne : liiagio Marini.jqui se révéla parmi les premiers virtuoses compositeurs par les Affctli musicali (1G17); Carlo Farina, inventeur du style du caméra;

Tarquinio Meriilo, qui fonda la technique du violon; Gio.-lîaltista Fontana, auteur distingué de sonates pour violons et basse; Gio.-Battista Hassani, compositeur vraiment ins]iiré et très fécond, maître du fameux .\rcangelo Corelli qui est regardé à bon droit parmi les plus anciens classiques; Cio.-Iîattista Yitali, qui a su répandre le style instrumental par le goût exquis de ses œuvres; Giuseppe Torelli, créateur du Concerto grosso: enlin Antonio Veracini et Antonio Vivaldi, joueurs et compositeurs de grande valeur. Leurs Sonates, leurs Conccrli, leurs Ctipricci, ne permettent pas seulement d'apercevoir l'habileté du violoniste, mais ils doivent aussi être hautement appréciés par la grâce, la fiaicheur, l'originalité de la mélodie que l'on peut y relever.

Dans une telle évolulion des formes musicales, toujours plus grandioses, le luth, aux moyens si limités, devait disparaître; il fut regretté par quelques solitaires rêveurs du temps passé, épris de la naïveté d'expression de l'art primitif; seule a survécu la renommée romantique de ses sons harmonieux. La guitare existe encore, doux instrument qui conserve toujours des effets attrayants, mais qui depuis longtemps ne répond plus aux progrès de la musique moderne.

]i' Oscar CHILESOTI'I, VMi.

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