‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 864 sur 1158 · JI · texte numérisé non relu

JI

EXr.YC.I.OPÈniE DE LA MrSIQVE ET Dir.TinXNAIBE DU COXSERVATnmE

trvrrr. — t

r>0^ Hiî '•*'>

re plicaspesso il suod.

re plicaspesso il suon de

kà^

m '" If

-'ii' r y

.jt»f-p#g

F#*fi

p P7''^^^'DP r^

miel so spi

ed' elJa più spie

ta ta, ed elJa più spie

jA à-

i f^éin^

te

t' P Pi^n ^ r^

*j^ff f

taJa d'ogni cosa insen . sata mai non sen-ti pie

»•>: io

-là de naiei

mar

iirsTornE de la Mirsrni'E

XVII« SIÈCLE. - ITALIE 7it

Il faut 110 ton 'Il lin un tii'soi'ij^iiuil cmpli)i des chœurs sans paroles, dans une scène de Ircmlilonient de terre, où l'allas apparaît et menace les Atiiéniens. Le peuple lerrilié rlianto une sorte de trémolo inarticulé'.

Nous avons insisté sur cet opéra, parce qu'il nous semble un des plus beaux types d'une forme de théâtre nouveau, qui va régner désormais en lùirope. Ce n'est plus l'opéra ilalien pur. C'est l'opéra inlernalional de cour. Par le fait de cette destination, son style perd les caractères les plus savoureux de l'individualisme de race; il prend un caractère abstrait, d'une dislinclion un peu impersonnelle-. Cesliestle premier fjrand maître de cet art cosmopolite. .Nul n'a contribué |diis que lui à orienter le théâtre musical vers ro[)éra-concert, l'opéra pour virtuoses, qui n'est plus spécialement italien. Nous sommes à un tournant de l'art; et il n'est pas étonnant que le nom de Cesli se soit mieux conservé, au xviii" siècle, que ceux de Cavalli et de Monteverdi. Cesti a été un des ])remiers à écrire, non pour son peuple, mais pour l'Europe musicale. Par malheur, cette Europe n'était que le petit monde des cours européennes (et surtout italo-gernianiquesl ; son art tut une construction factice de l'espi'it de société, presque sans aucun lien avec l'âme vraie des peuples. C'est pourquoi cet art, qui ne fut qu'un ramage de salons, s'est éteint avec eux, et ne revivra jamais que dans le souvenir des érudits.

Tandis que l'opéra vénitien, après Cavalli et Cesti, sans retrouver la force géniale et la poésie de ses premiers maîtres, continuait à se développer avec beaucoup d'éclat, pendant une loii^^ue série de brillants musiciens, dont le plus illustre fut Legrenzi^,

1. L'exempte n'est pas iniitjue, à cette «^porpie. M. IJuitLird a signalé récemment un rccit île la Passion ])ar Boiizignac de .Narbonne, au \vu' siècle, 011, tandis que le Clirist déclame, le chœur accompagne sa voii par des gémissements sans paroles.

t. Autre trait liicu l'rappant de cet art de cour austro-ilalien : la société riche et oisive, pour Laquelle il est lait, a besoin d'un faux idéalisme élègiaque et \iduptueux, qui lui >oile le spectacle trop rude de la vie; mais elle a aussi besoin, pour secouer son ennui et se détendre de sa contrainte éternelli\ de parodies poussées jusqu'à la charge, de scènes d'opérettes, ridiculisant les dieui, le pouvoir, la justice, la vertu, la patrie, la guerre, l'amour même, tout ce qui! y a d'énergique dans le vice et dans la vertu. Ce caractère est exlrèmement marqué dans les opéras de Cesti. Telle scène de // Poiito d'oro bafoue la justice. Un des types les plus fréquents de ce théâtre est le soldat grotesque, qui fournit l'occasion de dauber sur la guerre et sur l'armée.

3. L'importance principale de Legrenzi est dans la musique instrumentale. H passe pour avoir réorganisé et agrandi l'orchestre de Saint-Marc. Il avait l'instinct du stjle Instrumental. Comme mélodiste, sa forme est claire, concise et d'une sùrete presque classique, mais un peu froitic et stéréotypée. Dans l,i musique chorale. Il est inférieur à Cesti, d'ailleurs exceptionnel, à ce point de vue, [larmi les Vénitiens.

4. Il y a lieu de croire qu'il écrivit lui-même les vers de plusieurs

à .N'aples so fondait un nouvel opéra, dont la gloire allait faire pâlir celle de tous les autres théâtres d'Italie.

Stradella semble avoir été h; principal intermédiaire entre les écoli^s du nord et du midi de la péninsule, entre les Vénitiens et Scarlatti.

Il n'est guère d'artiste célèhi-e dont la vie soit aussi mal connue que celle il'Alessandro Stradella. Ce n'est i|ui^ dans ces derniers temps que l'on a réussi à éclaircir certaines aventures de cette existence romanesque, qui a pris un caractère presque légendaire. 11 lUKpiit, vers 1('i4j, dans le pays de Modène. Il était de bonne famille. Son père, le cavalier Marco- .^ntonio SIrailella, de Plaisance, avait été vice-marquis et gouverneur de Vignola. l/instruction d'Alessandro dut être soignée, car il fut non seulement musicien, mais poète, en latin comme en italien». 11 fit un long séjour à liome, qu'il dut quitter à la suite d'afl'aires scandaleuses. 11 passa par Florence, où il fut sans doute en relations avec Cesti; puis, après un bref séjour à Modène, on le retrouve à Venise, où il fut professeur de chant, et fit un cruel alt'ront aux Contarini, qui le tirent poignarder à Turin par leurs bravi''. Il en réchappa pourtant, et il alla à Cènes, où il faisait encore exécuter une œuvre en 1681; mais, en février 1682, il fut assassiné''.

Il est assez curieux que ce grand artiste ne semble avoir été mentionné par aucun de ses contemporains, bien qu'il ait certainement inllué sur les principaux maîtres de l'époque; sa gloire ne fut reconnue et proclamée que dans les premières années du xviii" siècle'^. Heureusement pour lui, ses œuvres furent conservées par le zèle passionné d'un grand Mécène, François 11, duc de Modène et petit-neveu de Mazarin, qui fonda la bibliothèque d'Esté, à Modène, où

énenients personnels,

de ses cantates, où il fait allusion â des particulier â son séjour à Rome.

j. En 1677. I^a diplomatie française et Louis XIV lui-même se trouvèrent mêlés à cette aventure. (Voir les Intéressants articles de P. Itlchard, parus en 1865-6 au Meni'sh'cl. Str-atU'Ua et les Contarini.]

6 M. Heinz Hess vient de retrouver à r.\r<-hivlo dl stalo de .Modène des documents établissant d'une façon précise la date de la mort de Stradella et les circonstances de son assassinat {Die Opern Alessandro Stnidellas, 1006, Leipzig, Breltkopf). — Il est à remarquer que les recherches des historiens conleniporains ont confirmé, dans les grands traits, le récit romanesque de Bourdelot, au commencement du xviuo siècle.

7. Cresclmbeni, en 1702, fait allusion au triomplial succès des cantates de Stradella dans les concerts de liome, et particulièrement dans l'Académie du cardinal Oltoboni.

11 est possible que, par suite îles haines mortelles que Stradella s'était attirées partout où 11 avait passe (sauf à Modène peut-être), do la part des grands seigneurs et des princes, il se soit fait une sorte de conspir,atlon du silence pour l'etoullér. Peut-éire les théâtres de Venise et de Rome lui ont-Ils été fermés, par ordre. Autrement, on ne comprend guère (|u'aucune de ses œuvres ne figure sur la liste très complète des représentations de Venise au xvn" siècle, bien qu'il ait passe quelque temps de sa vie à Venise.

i:\ryr.hOPEDri; de la .wrsfrtrE et nir.T/owAWE nr r.oxsF.nvATnmE

se trouvent réunies près de cent cinquante compositions de Stradella'.

Son œuvre comprend 18 sinfonie-, 22 motets, plus de 200 cantates, 8 prologues et 6 intcrmezzi faits pour être intercalés dans des représentations, 6 oratorios, des madrigaux, des canzonetle, de&serenate,des airs-*, et 11 œuvres d'un caractère dramatique : pastorales, accailemie, pièces de circonstance ', dont il faut distinguer quatre opéras proprement dits : VÛrntio Code siil prinlf, Corispero, Floridoro, et Tru^polo tutore, ou Amore i veleno e medicina degi intelletti. — Dans l'ensemble, Siradella fut plutôt un compositeur de musique instrumentale et vocale de chambre, qu'un compositeur d'opéras ; mais il eut une action considérable sur le développement de la musique dramatique.

Ses opéras sont d'habitude en trois actes; ses œuvres dramatiques de chambre loratorios, accademie], en deux parties. Il y a une Sinfmiia avant la pièce,

parfois avant chaque acte. L'accompagnement instrumental se compose soit de la simple basse continue et de ritournelles pour violons et basse, soit du conccrlino (premiers et seconds violons avec basse) et du concerto grosso (tous les instruments à archet, diversement combinés). ExceptionnellemenI, dans le ilnrcliegijio, de KiSI, Stradella emploie les violons, cornets, trompettes, trombones et basse. Ses opéras comportent souvent un grand nombre de rôles; et la seule liste des persoimages ■■ laisse supposer qu'il avait à sa disposition des ressources musicales importantes. Sou style est, en général, d'une suraliondancc excessive''. Toutes les extravagances de la virtuosité italienne s'épanouissent chez lui. Il a la passion de l'ornement fleuri, des volutes vocales qui viennent s'enrouler le long des mélodies. Telles les 6j notes de vocalises sur le mot : tiranno. dans In cantate : Vola In altripelli.

no

Telles encore les 97 notes de vocalises sur le mot : furor, dans la cantate Arlnuna. La plupart de pes tiaits ont un caractère instrumental et semblent dériver du ce;«6n/o. Celte frondaison démesurée risque souvent d'étouffer la mélodie. Stradella s'abandonne à sa facilité verbeuse ; il perd de vue le texte poétique ; il rabâche indéfiniment les mêmes paroles; il n'est guère de phrase qu'il ne répète au moins deux fois. Mais quels que soient ses défauts de composition paresseuse, on lui pardonne tout, parce qu'on sent dans son œuvre une fougue de tempérament, une allégresse de vie, qui emporte tout, le bon et le mauvais; point d'hésitations : de larges peintures, sans repentirs, sans retouches, d'une franchise d'allure qui n'eût pas été possible sans une science très sûre. Il était musicien de race. Rien de plus intéressant que de le comparer à son contemporain Lully. Les airs intelligents de Lully sont faits de morceaux assemblés, juxtaposés, combinés avec art : c'est une majes-

I. On en trouve d'autres dans I.-1 plupart des grandes bibliothèques d'Europe. — Voir le catalogue complet de lœuvre de Stradella, dans l'étude de Hcini Hess, l'.tUB, Breitkopr.

-. Pour violon et bas^e, — ou pour violon, violoncelle et basse, — ou pour deux concertini (2 violons et bassej, — ou pour concertino et concerto grosso.

3. Rappelons que la fameuse aria di cliiesa : Pietà siijnore. qui a conservé et popularisé le nom de Stradella, n'est pas de lui. Elle fut entendue pour la première fois, en 1833, i l'aris. aui concerts historiques diriges par Fetis; et les paroles en sont empruntées i un air de Scarlatti. postérieur à la mort de Stradella.

■i. Il Etante, pièce populaire, écrite en dialecte, avec des mtermrzzi allégoriques ; — Accademia d' amore: — Damon ; — Circe, dont il existe deux versions différentes; — Lo schiaeo liljeralo, dont le sujet est le même que celui du quatrième et du cinquième acte de VArmide de Uuinault; — /( /laixliegijio, sérénade écrite pour le mariage de Carlo Spinola et de Paola lirignole, à Gènes, et qui fut la dernière œuvre de Stradella. — Parmi les oratorios. Santa Edita, veri/ine e monaca.

— Ester, libératrice del populo elireo, — 5. Giomnui Grisostomo,

Page 1