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Les deux fils de Heinrich Bach ont composé de remarquables motets, publiés au xis« siècle. Le plus âgé, Johann-Christoph ilt)42-lT03), fut organiste à Eisenach depuis l(i6:i jusqu'à sa mort. On a loué justement son habileté à « trouver de belles idées el à exprimer les paroles », et le charme mélodique, la plénitude de sa musique, ont été admirés'. Son audace émerveillait encore Philippe-Emmanuel Bach. Je signale seulement l'inoubliable motet à deux chœurs Ich lasse dich nicht. que l'on connaît en France sous le nom de Jean-Sébastien '. Ph. Spitla donne une analyse complète d'une composition oïl Johann-Christoph traite les paroles de l'Apocalypse : « Et un combat s'éleva dans le ciel. » Deux chœurs à cinq voix, deux violons, quatre altos, le basson, quatre trompettes, les timbales, la basse à cordes et l'orirue sont employés dans cette œuvre puissante. Je renvoie ici à l'ouvrage de Spitta qui cite des passages caractéristiques de cette scène musicale^. J'observerai cependant que l'idée du premier motif n'a pas été imaginée par Hararaerschmidt (Ander Theil (jeistlicher Gespràclie iiber die Eiamjelia, Dresde, 16:i7, n° 263l, mais que Michael Altenburg la formule déjà {Die Ewji'lische Schlacht, n" 4 du recueil intitulé Gaudium Chrislianum, 1617)'. On possède encore quelques motets du même maître, qui est un architecte et un poète. Spitta les analysa d'une manière assez détaillée et avec pénétration , dans son admirable livre sur J.-S. Bach. Qu'il me soit permis de renvoyer à cet ouvrage (I, p. 711 el à l'édition que F. Naue a donnée de ces compositions. Le frère de Johann- Christoph, Johann-Michael 1 1048-1694), est représenté dans ce recueil par quelques motets. Le talent de ce musicien est inégal. Quelquelois profond comme Johann-Christoph, il se montre souvent inférieur à ce maître par le plan et par la technique de ses œuvres. Après avoir signalé deux motets dont l'un {Sei nun wieder zufrieden) lui parait mal construit, Spitta énumère plusieurs motets avec choral. Dans le dernier qu'il cite, il distingue un présage de la fantaisie romantique de J.-S. Bach, appliquée à la traduction de ces paroles : Vnser Leben ist ein Schatten.
1. Mizler, iltisicnlisrlie Dibliothek, IV. 1734, 1" partie, p. 159 (notice nécrologique de J.-S. Bach)-
2. Ce motet est publié par M. Cli. Bordes, dans les collections de la Scliota Cantoruin.