‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 967 sur 1158 · COMPOSITIONS PROFANES POUR LE CHANT · texte numérisé non relu

COMPOSITIONS PROFANES POUR LE CHANT

C'est une ceuvre de Scluitz que nous sij.;nalerons tout d'alioid; cette anivre, antérieuie aux Psaumes que nous avons examinés au délml de l'élude qui précède, fut puliliée à Venise en 1611 : dix-neuf madrigaux à cinq voix, écrits sur des paroles italiennes, témoignent de la sûreté et de l'élégance du jeune musicien qui se contente, ici, de se montrer l'élève habile des maîtres dans l'art du contrepoml (9" vol. de l'éd. Spitta)-.

En 1(321, parait la Miisica boscareccia, oder Waldliederlcin auff Itulienisehe Villanelische Invention de J. Hermann Scliein(l.'i86-16:îO) : cette musique est faite pour trois voix seules, auxquelles peuvent se joindre, ou même suppléer, selon l'usage, clavecin, luth ou autres instruments. L'intluence italienne se révèle, comme chez Scliiitz, dans la structure mélodique des motifs, mais l'esprit allemand se reconnaît aussi dans la précision expressive et le caractère pénétrant de la composition. Cràce à l'édition qu'en a donnée M. A. Priifer (UreilUopf et Hilrlel , 1904), le recueil de Schein, si important pour l'histoire de la musique profane en Allemagne, est devenu accessible à tous : la nature de l'exposé succinct auquel je dois me borner ici ne me permet point de pailer plus longuement de cette œuvre, pleine de charme et de

1. La bibliograpliie des travaux modernes faits sur les miisiriens altemands de cette période se trouve dans les tables des Monatshefte fur Musifiiirsrltirlile d'Eitner, dans les tables de la Vierteljahrsschfift fur MusJkirisSfnschaftf des Sommelbànde et de la Zeitschrift der inli?niatiojia/rn ^ft^sik•-Ct'Sl'Ilscllnft. Queli]ues ouvrages écrits en français sont consacrés à l'ctude des mômes maîtres : la collection Chantavoine (libr. Alcan) comprend des livres sur Hùndcl (par M. Romain Rolland], H. Scltiiiz et /. 5. Bach. Je signalerai encore Bach, te inusicie)i-poi;te, île M. A. Schweitzer, Bach, de M. W. Cart; Diftricli liuxtfhudf, et L'Esthétiqw df Barli (libr. Fischl)acher). Pour l'étude des textes musicaux, je renvoie aux grandes éditions modernes de Bach, de Hiiudel cl de Schtitz, aux nombreux volumes des Dentcmttler deuticher Tonkunstt aux Denkmàler der Tonkunst in OesteiTeich, et

vie. 11 en est de même des Airs de Heinrich Albert I IG04-lG'il), le cousin de Schutz. Publiés dans les ntiiliiiuilev deuischcr Tonhiinst {['' série, vol. 12 et 1 3), ces airs, au sujet desquels M. A. Heuss a écrit une substantielle étude {Zeitschrift drr Internat ionulen Musikiiesellsrlinj't , juillet I90H, sont à la portée de chacun. J'observerai cependant que, dans la formation mélodique, Albert s'inspire souvent de Schutz et de Monteverde; que, dans la déclamation des paroles, il se montre le serviteur ingénieux du poète; que, enfin, dans certaines pièces, l'accompagnement a une importance particulière, et dialogue avec la voix. Andréas Hammerschmidt {1611-1073), dont nous avons déjà cité les œuvres religieuses, se distingue aussi comme compositeur de chants profanes ( Weltliche Oden oder Liebrsuesanijr, I, 1642; II, 164.3, III; 1649). Comme dans sa musique d'église, il manque un peu de souplesse dans l'invention, et s'asservit à l'étroite déclamation du texte.

D'Adam Krieger (1634-1666), élève de l'organiste S. Scheidt, nous avons un recueil d'airs publié après sa mort (1607), et récemment réédité^. Il a écritles vers et la musique de ces Arirn, dont les mélodies aisées chantent le vin et l'amour. Ce ne sont point des airs pour une voix seule : si quelques-uns n'ont qu'une partie de chant, d'autres sont faits pour 2, 3, 4 et li voix. Deux violons, deux violes et le rio/oîif jouent les ritournelles, assez développées.

Nous pouvons encore citer, parmi les compositeurs

â la riche collection de musique allemande qui se trouve à la Bibl. uat. dont le Catalof/w de M. Ecorcheville rend, de jour en jour, la connaissance plus facile. Enfin, je rappelle que M. Leir-htentritt a présenté, et jugé, les œuvres ilc beaucoup de compositeurs allemands qui n'ont pas même été nommes ici, dans son excellent livre Geschicïde der Motftte (1008), enrichi d'exemples de musique abondants. On trouvera aussi beaucoup de documents nouveaux dans l'ouvrage de M. Wustmann {AJusikt/tschicItte Lripzigs, 1901) et dans la J^estsclirift publiée pour le 90» anniversaire de R. von Liliencron (1910).

2. Certaines pages sont aussi fort expressives. Schutz connaît déjà, évidemment, les œuvres de Montevcrdi (cf. Schutz^ dans la Collection des Alaitrfji de la Mu^itjuc, libr. Alcaa).

Page 1