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1. Voici le sens des paroles : u Mes soupirs cl mes plaintes, je les I et toi peuvent me consolci'. Pourquoi rester inaccessible? « exhale en \aiu. Il me faut vivre dans la crainte et l'angoisse : le ciel | -. " Je porte ce fardeau avec une âme qui ne craint point. » (N" 40.)
niSTOinE DR LA MUSlçrE
Dans iraulies imilodies encore, nous trouvons la môme teinte sombre. Erlebach y emploie avec énergie elavec une {grande justesse le vocabulaire expres-
Violons
sif des musirions du xvn* siècle. Il nous sufliia de citer quelques passaf^es où il applique, habilement <railleurs, et sans vulgarité, les procédés communs :
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Surtout, il nous épargne les jérémiades verbeuses : son discours est sobre, les vocalises ne l'ornent point au hasard, mais le renforcent, tellement elles appartiennent à la déclamation palhélique du texte. Aussi son éloquence agit-elle plutôt par le ton que par les images. Les plus caracléristiques n'apparaissent que préparées, quand la passion éclate, à la tin des phrases uniformes où elle s'est accumulée. La modération
habituelle du style donne une vigueur particulière aux grands mots lyriques. L'accompagnement même reste généralement calme el discret ; on n'y trouve de relief et de mouvement que s'il importe de multiplier les efforts du chant : partout ailleurs, les instruments ont la même simplicité que la voix. Ainsi, Erlebach se fait d'autant mieux écouter qu'il ne souligne point chacune des paroles, mais indique en maître le sen-
EXCVCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOWAHtE DU COXSERVATOIRE
liment général de la poésie qu'il interprète. Kn cela il obéit à des prescriptions pleines de bon sens. Il se peut qu'il les ait reçues en France. On a dit, en effet, qu'il passa quelque temps à Paris. Il n'est pas invraisemblable qu'il ait lu le traité où de Bacilly, après Mersenne', recommandait aux musiciens de ne pas trop « raffiner sur la signification des mois », et de .■ considérer... toute la phrase ensemble- ». La constitution de ses airs lui impose aussi d'être prudent et de ne point insister sur les détails : juste dans le premier couplet, la formule mélodique trop distincte
serait déplacée dans les autres couplets. Il ne se garde pa? toujours de cet abus, bien que, souvent, un certain parallélisme entre les mots employés dans chaque strophe l'autorise à renouveler, avec des acceptions dilférenles, les mêmes figures ^ 11 faut avouer toutefois que c'est bien dans la première strophe qu'il trouve sou inspiration. Ce n'est qu'unie à celle-là, par exemple, que la musique du 26» air a toute sa valeur significative et nous dévoile quelle énergie concentrée et quelle rudesse le musicien met dans sa résignation.
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