Harmonie universelle
2. Remarques curieuses sur l'Art de bien chanter (1608), p. i 20.
3. Ainsi dans le 14« air, la déclamation musicale enlrecoupC'e exprime, allernativcment, 5ew/';erct Thrânen : Klagen et Schmei-zen se
corrospomJent, dans le môme air, mais du sc/tcrzrst — irit vortr — ncfi, hiiife sont illiistri.^s de la môme vocalise. Dans le i'î" air. frohr Zcit — lachensroll, Freudenlicht, d'une part, auf bonges Umjemack — der Trauernacht entgehen '^ den Thr&nen Ueberfîusa de l'aulro, ea
insToiitK PE i.A MrsnniE
XVII' ET XVIII' SIÈCLES. — ALLEMAGNE 'M'i
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Dans celle belle pièce', Erlebach lire parti des contrastes de mouvement. Le procédé lui est familier. Lorsque, dans le 6= air, il veut insister sur ces paroles : « Bien que le bonheur me ïuie..., » etc., il les
des couplets successifs, s'ajustent heureusement à des motifs desi^nilication déterminée. Eilt — lacht — freut (30" airj ont à bon droit, en clïaque strophe, la même vocalise. EHe — /liehe — eile; scherzeii — spieleii — Idrhcti (4I« air) sont joints à deux « eipressions » musicales semblables. Dans les différents couplets du 46' air se reconnaît
fait chanter lento, tandis que le commencement et la fin de la strophe musicale expriment, avec une sorte d'entrain, la résolution de « rester ferme, sans chanceler m.
la même convenance de traduction. Il est évident que le poète a disposé de son mieu): ses vers, afin de faciliter celte concordance.
1, Les deux violons ont l'accord si-mi — si-mi, au lieu de sof-n'; — la-mi. Le texte signilie : « 0 pensées. Ul* m'aflligez point; telle douleur enlève toute lumière à lùme. Une endurance patiente allège beaucoup mieux nos maux : la plus grande soutlrance cède au temps. "
EXCVr.LOPEDIE DE LA MUSIQUE ET nir.TIOS\AIRE DU COXSERVATOIRE
Vivace (Alto
!ch ste he fest
uiid \vanc ke
P > J^' ^jL^mm
Dicht,und waa Lento.
cke undwan cke nichl
hel„ uiid ent
ObgleichdasGlûcke vor rair f]ie
.zie Hel mir sein geschminck tes An Allegro. ^^ \j.
ges'.cht,
Ich ste he fesl.
De semblables oppositions de rythme se rencontrent dans le 15« air, où il reproche à la fortune de se jouer de lui (A), dans le 19" air, où il commande à
Allegro (Soprano)
und wanoke nicht, nnd wancke nicht
ses pensées, u qui sont encore enfermées en son cœur », de rester cachées (B).
J'^nrrrr
For tuna Adagio
For. tuna,duscher
zest,e/c
g,* '^iip" A ^ J) Ip- (! I' ^ÉE|=p:^J^
du brauchst mich zum. HaLlen nacli dei neni Ge . f'aLlen
Vivace
(Ténor)
Ihr,mei neGe dancken
Ihr,mei neGe
il . Jljvp^^g
danclten, die ihr in den Schrancken des Her zens noch
seyd
Adagio
bleibt kiilinlich verborgen
Les nuances de sonorité lui servent aussi à augmenter les ressources d'émotion. Dans le 13° air, quand il répète une dernière fois : o Mon cœur, abandonne-toi à la douleur, » la phrase musicale se termine piiino. 11 en est de même à la lin de chacun des couplets du 2.')" air, où le texte évoque successivement l'idée d'angoisse, de nuit funèbre et de larmes. ^'ous voyons enlin que les instruments doivent
']oueT pianissimo les mesures qui forment la conclusion du 46= air, après que l'alto, d'une voix assom- Ijrie déjà, a chanté : « Je peux, en telle peine, rester conslanl. «
Dans l'usage de ces mojens expressifs nous reconnaissons encore, chez Krlehach, une tendance à procéder largement par grandes teintes, plutôt que par des touches isolées. Même lorsque les instruments et la voix dialoguent, on ne sent point d'interruption : par un simple artifice de répétition, il soutient l'enchainement de la ligne commencée. La mélodie passe des violons au chant, mais le fil de la mélodie ne se rompt point (voyez par exemple le début du 46° air, donné plus haut). Une sorte de basse obstinée
/irsTonth: ni-: /,.i musique
XVII" ET XVIII» SIÈCLES. — ALLEMAGNE •m\
chroiii;ili(iiii' donne riiiiilù de sciilimeiit aii 40' air. j leliach une grande force de persuasion. Dans les airs ISCeltc lialiilihie dos redites, <-e talent de la syiné- L'aimes, il en arrive à une sérénité continue qui cetrie et de lu suite, assurent aux coniposilions il'Kr- I (n'iidanl ne manque pas de chaleur '.
lO j* i Soprano
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-r-nj-jm
Ver giiu guug, Ver-gniigniif,', bleib in inei
aJifL^MH^
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f^ ^J!^ii J)j)lJ. jlj r;!^
iierBnistlbleib in inei
lier HruslîDein an-nehmJi
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Ver gnil-giing, bleib in niei
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Ritornello
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ner Brust!
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1. " CoDtentemeut, reste eu mon cœur : dès que tu parais, tous mes sentimenls reçoivent de toi paix et joie. » (S^ 3.}
^1 3 4 j|3 Certains motifs ont un caractère et des modulations qui font pensera Hàndel :
Soprano.
j.^'>^n'7^|p ^ppp p Q-lp >^'J''J' ^' t?
EintreuerFreundist îiberGold zii schatzen, Jadiesem gleichtkein
Gut auf die ser Welt, und wer. allhier die Freundschaft nichl er
fc
- hait, der kann in sei ner Noth sich nie er get zen
Erlebach a même, parfois, la noblesse, l'ampleur, et jusqu'à la redondance que l'on trouve chez le maître saxon' :
c/. Vivace .(Soprano)
Gllickliches
Fii gen,
sijsses Ver,
.gnugen.
6 ff6
Ji
J Jl^'JJJM J J^
Gllickliches
. Fij.gen
. siJssesVer
gnugen,.
Stellsl du mein-
nJ^i^j
Her
ze
Tï
1. « Douce joie, tu me rends la paix... » (M" 8.) Voyez aussi les airs 34, 35 et 3$.
IIISTOfliE DE LA MUSIOIE
XVII' ET XVIII» SIÈCLES. — ALLEMAGNE n«3
Stellst du mein
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VVohl mir mein
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Irof feu.
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Hof feu
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Ritornello. 7
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ESr.YCLOPÈDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOXSAIRE DU C.OSSEnVATOIRE
C'est peut-être surtout à cause de cette grandiloquence que l'on a trouvé chez Erlebach quelque chose du stvle français'. Pour Sébastien de Rrossard pourtant, l'ouvrage de ce compositeur était « du vrai goût de la meilleure musique italienne moderne- ». D'autre part, nous l'avons vu, Spitta reconnaît en lui un interprète profond de l'âme allemande. Ue ces
Allegro.
divers jugements on peut, à bon droit, former unjugement d'ensemble, et considérer en Erlebacli un musicien « complet », sachant tout dire, mais avant de la préférence pour les sujets graves. .Non que la verve lui manque : il nous a laissé une chanson à boire pleine d'entrain, où retentit déjà le rire si rare, mais si puissant, de Bach^.
Violons 182.
Freut,
6 fi""* 6 6 r^
èïEè
BriLder, freul euch itzt! Sucht den Ort, wo Racchussitzt
^ 6 ris 'J- 6 ^^ 6 ^ J-
Une telle gaieté, revanche de la nature sur le se- 1 observé », Erlebach nous montre encore un trait de rieux, est bien allemande aussi. son tempérament germanique, et il le révèle à son
Par son application à traiter les motifs en « style | avantage'.
1. Gerber écrit : u Erlebach... nf à Essen le 25 juillet 1637, dut se former â Paris, hypothèse que les connaisseurs confirment, puisqu'ils trouvent que son œuvre est tout à fait dans la manière française de ce tcinps-la. il reçut en 1083 la place de maître de chapelle à Rudolstadt. »
uV>ura historiscli-bioijriiphisches Lexikon der Tonhinisller, II, 1812, col. 47.)