‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 985 sur 1158 · Ed. de la Uandel-GeselUchnft , 2"" livraison · texte numérisé non relu

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désiraient, d'aulant plus qu'ils les avaient presque devinées, les ressources d'expression, fleurit bientôt chez eux. lis commencèrent par être des imitateurs scrupuleux des Italiens. L'étude assidue qu'ils faisaient de leurs œuvres, le goût des dilettanti pour ces pièces, si heureusement destinées aux concerts des Collegia mtificn, se manifestent par maints témoignages.

Les compositions de Torelli et de Vivaldi furent bientôt en vogue. En 1709, J.-G. Pisendel faisait entendre, au CollcijiiiiH musicwii de Leipzig, un concerto de Torelli. En 1714, J.-J. Quantz apprenait à connaître, à Pirna, les œuvres de Vivaldi. Telemann, de bonne heure, s'était exercé dans le même genre. Bach, pendant son séjour à Weimar, transcrit pour l'orgue ou pour le clavecin nombre de concertos de Vivaldi; Walther arrange de même des pièces de Manzia, Gentili, Albinoni, Torelli, Taglietti, Gregori', et son élève, Johann Ernst de Saxe-Weiniar, compose des concertos pleins d'animation, dont J. -S. Bach ne dédaigne pas d'adapter quelques-uns au clavier-. Dans le premier mouvement du concerto pour deux violons de Bach on trouve, d'autre part, comme des réminiscences de Torelli et de Vivaldi'. Mais l'étude qu'il fait de ces oîuvres éti'angères ne nuit en rien à son invention personnelle. Si quelques thèmes, quelquesdéveloppements, ontuneallureitalienne.il garde, eu certaines parties de ses concertos, toute son individualité : « Les pièces placées au milieu des concertos de Bach sont absolument isolées dans la littérature musicale du même temps, écrit M. le docteur Schering. Les images expressives qu'elles renferment sont de coloris tellement subjectif et d'elfet tellement intime, que l'on n'en trouve de semblables, jusquelà, que dans la Sonate. Presque ascétique dans l'andante du concerto en la mineur, le ton s'amollit, dans l'adagio du concerto en mi majeur, comme en une cantilène d'une douceur italienne, mais nulle part ne se montre le moindre souvenir des tournures en vogue dans les adagios italiens*. »

Christoph Graupner, compositeur facile et inégal, enrichit l'orchestre de ses concertos d'instruments à vent. Joh.-Goltlieb Graun écrit, dans les siens, en violoniste virtuose. Joh.-Joachiin Quantz, fidèle aux formes établies, sans rien innover dans les formes, montre cependant une invention mélodique remarquable et un sentiment pénétrant, dans ses nombreux concertos de tlûte. Nommons encore J.-A. Masse, .I.-D. Heinichen, J.-F. Fasch, Hurlebusch et Frédéric II parmi les auteurs de concertos'.

Le Concerto grosso des Italiens avait pénétré aussi en Allemagne. Err 1701, Georg Muffat publiait àPassau une collection de cuncerd grossi où l'on observe l'alternance cl'un groupe de trois instruments avec les tutti écrits à cinq parties". Les « concertos de Br-andebourg » de J.-S. Bach (B. G., XIX I appartiennent aussi au genre du cuncerlo grosso. G. -H. Stôlzel a laissé un concerto grosso (ms. de la Bibl. ducale de Gotha) composé pour quatre groupes d'instruments :

1. Voyez l'ouvr. de M. A. Schering, Gesçh. des Instvumeiitnlli-tinzrrts, 1903.

i. i;f. YEsthrtiqnedeJ. S. Ilach, p. .i07.

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