LA MUSIQUE DE VIOLON
Dans ses pièces, publiées à Dresde en 1626 et 1627, Carlo Farina, violoniste de l'électeur de Saxe, donne des suites de danses, auxquelles il joint des airs et uir QwiiJlibct Icdpriccio slravagante) où il imite les cris du chien, du chat, le son de la guitare, etc. Cette fantaisie, pour l'histoire de la virtuosité, est d'autant plus importante que l'auteur explique par quels procédés il faut produire les etl'ets pittoresques qu'il annonce*. En lf>40, Johann Schop publie, à Hambourg, des Pavanes, Gaillardes et Allemandes'.
Les Scitcrzi dn Violiim solo (10711) de Joh.-JaUob Waltlu'r participent de la Sonala da Caméra et de la variation. La musique imitative y trouve place aussi Ile coucou). Dans la composition, l'auteur, encore jeune (né en t6"i0), a des tournures d'apprenti et la sécheresse d'imagination d'un écolier sans grande lecture. Son Horlulus cheiicus (1694) renferme de meilleures pièces; on y trouve plusieurs « suites » et des pièces détachées. Dans les préludes aux suites, il y a beaucoup de diversité, quant aux mouvements et quant aux ligures, et une certaine richesse de fantaisie (prél. de la I" suite et de la Xlll") ; il y emploie de grands accords à 3 et 4 cordes (II), des passages en récitatif (Il et IV), des traits tluides (V). La constitution des suites n'est pas uniforme. Voici le contenu de quclques-urres : I (ré min.). Prélude — Aria ■ — Correnle — Surabaiidc — Giga — Finale (adagio). — Il lia maj.). Prelndio — Allemande — Sarabande — Giga — Chacone avec variations — Finale. — IV (ré maj.). Preludbi — Allemande — Sarabande — Giga — Finale. — V (fa maj.). Preludio — Aria — Surabonda — Giga — Finale.
Les motifs de Walther ne manquent pas d'intérêt musical : il a de l'invention (voy. les variations de sa Passacaille,\ïl, p. 30) et quelque ampleur de mélodie [Aria de la V" suite, p. 2:i). Il partage avec ses contemporains le goût pour les nombreuses variations (il en écrit oO sur la gamme descendante à'iit, p. 116j et pour les imitations pittoresques : dans ses Gain e, Gullinc (XI), il fait entendre le caquetage des poules (Bach et Hameau le représenteront aussi), la haute clameur du coq; il donne un Scherzo d'angelli con il cuccu (XV, p. 631 ; il contrefait la lira toilesca Ip. 127), dans une pièce d'un caractère un peu lourd
M. Schering (p, 64). Il faudrait aussi, avant de terminer cet article, an.ilyscr les compositions ilc C. Fôrsier, de G. Diiben, il'Albrici, de Furrtilieim, etc., pour plusieurs instruments. Je ne peux que renvoyer au\ indications Tort brèves que j';ii données dans Dietrirli Ituxtehude : je reviendrai sur tes œuvres de ces musiciens, dans une élude procliaine.
8, Voyez J. v. Wasielewiii, Die Violine unrf i/ire Meiiler, 3« éd., 189'3.
•J. Voyez, an sujet de \. Bleyer, Th. Ballzcr, N. Schnittelbacb, S. 1". \on Sidon, IHetricli Ihtxteltude, i" chap.
iiisToiHE /)/•; i.\ Mi'sfoin-:
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et f^uiniié qui annonce, par quelques tiails, les caricatures villa{,'eoises de Hacli. Il se plait aux hizarreries : nous liouvons (XVII, p. 71) dans son recm-il un duo pour deux violonistes qui jnuenl sur un seul violon. '
Frari/ lleinrieli Itilier ( KIUS- lii',18), dans ses Suniildc de KiHI, avait déjà donné un tel exemple d'élran^elé.
^icolaus lîiuhns (100.1-10071 doit être cité aussi pour son talent de violonisle : on rapporte qu'il exé-
AiJeiiiaiide.
Violiao sûîo sine Basso
(•niait des fuj-ues sur le violon en jouant la basse sur la pédale de l'orgie-.
I.i's violonistes allemands de l.i lin du \vn" siècle se distinfiuaient d'ailleurs par celte lialdlelé à faire plusieuis parties. Ilans le recueil de Host, <|ue nous avons déjà cité (llilil. nat., \'m\ l(l'.)'J), elle se nianifesle bien souvent. Mous signalerons en paiticulier une ,W/eiH(ni'/<; Iranserite entre deux pièces dcJ.-M. iNicolaï, et qu'il est permis de lui attribuer.
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Dans la même collection se trouvent quel(]nes autres pièces pour violon sine Basso, où l'on remarque, ainsi que dans la plupart des compositions de cette nature, de grands mouvements mélodiques par consonances, qui donnent une sorte de rayonnement harmonique et des accords. Ces pièces, sans numéro d'ordre, sont placées après le n" 11, après le n">27, après le n" 38, après le n» 49; les :S premières sont des ai/einaîu/es .-elles sont transcrites sans nom d'auteur; dans celle qui suit le n" 30, l'accord est changé. Le compositeur de quelques autres est nommé : le n° 34 est une sonate d'Ltrecht; le n''79, une sonate de lîichard; le n" 103, une sonate, fort longue, de J.-H. Sclimelzer.
Parmi les Allemands qui importèrent dans leur patrie l'art des violonistes français et italiens, il faut signaler, avec Nie. -Adam Strungk (1040-1700), déjà cité, Daniel- rhéophile Treu (Fedelei, né en 109j,qui fut élévede Vivaldi, et Joli. -Adam lîirckenslock (10.S7- 1733), qui travailla avec Voluniier, avec Kiorelliet avec Uuval. Pisendel, violoniste et chef d'orchestre, doit aussi beaucoup à l'étranger; Hebenstreit, inventeur d'une sorte de tympanon, tout en se faisant applaudir en France, y acquiert de la délicatesse et de la précision. Le violoniste italien E.-F. dall' Abaco (1675- 17421, au service de l'électeur de Bavière, dans ses sonates transfigure les danses en pièces de musique pure et, dans des formes d'origine italienne, porte le soin d'exécution des Français, auxquels il emprunte le nom et le rythme de plusieurs danses ■'.
1. V Hurtiitus cliefîrus (160i)se trouve â la Bibl. du Conservatoire.
2. Sur Brubns, voy. l'ouvr. dt^'jà cité, Dietr. Huxteliudc. MattliesOQ lui a consacré un art. dans sa Gruiidlage einer Ehren-Pforte,