‹ Encyclopédie des jeunes demoiselles, ou, Choix de conversations instructives sur différens sujets, recueillies des ouvrages de Madame Leprince de Beaumont, et des meilleurs auteurs qui ont écrit pour l'instruction des jeunes personnesChapitre 2 sur 14 · SUR CET OUVRAGE · texte numérisé non relu

SUR CET OUVRAGE

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On ne vit jamais paraître un aussi grand nombre d'ouvrages pour servir à l'e'ducalion de la jeunesse, que dans l'iaiervalle qui s'est e'coule' depuis la fin du dernier siècle, jusqu'à ce jour. Il semble que nous n'ayons eu, avant celle époque , aucun ouvrage vraiment digne d'èirc mis entre les mains des jeunes personnes , et que lout-à-coup la foule des e'crivains se soit crue inspirée , pour ap-* prendre aux pères et aux mères, aux instituteurs cl aux inslilulrices, ce qu'ils doivent enseignera leurs enfans ou à leurs e'icves, el la me'ihotle qu'ils doivent suivre dans leur enseignement. En conse'quence, cliacun a mis la main à l'œuvre, a invente', abre'ge , compile', et l'on a vu les sciences les plus relevées et les plus abstraites de'pouille'es de toute espèce de notions pre'liniinaires, et conse'quemmenl de la clarté', celle qualité' essentielle aux ouvrages d'ëclucalion , éire pre'senle'es à Tàge le moins capable de réfléchir el de raisonner.

Cependant, il faudrait êlrc ou bien ignorant, ou de bien mauvaise foi^ pour pre'-

tendre que la vraie mëihode de l'enseigricmenl n'a e'ie' bien connue que depuis quelques années; car, sans faire nicniion des livres qui ont servi à ces nouveaux maîtres pour la composition des leurs, peut-on ne pas convenir que les ouvrages de madame Leprince do Bcaumont ne renferment un cours d'instruction infinimeni utile, parce que cette femme respectable n'v a rien omis de ce qu'il est ne'ccssaire que les enfans et les jeunes personnes sachent pour se bien conduire dans le monde ? Quelle autre institutrice leur parla jamais un langage plus simple , plus touchant , plus maternel ? Quelle autre maîtresse s'est mieux mise à la porle'e de cette portion inte'ressanle de l'espèce humaine , de ces jeunes filles , dont linstruction importe plus qu'on ne pense à la gloire et au bonheur de la socie'te' /

Mais, il le faut dire, madame, de Beaumont n'est point exempte de défauts : elle n'a pas toujours su éviter la prolixité; son style est quelquefois commun^ à force d'être simple; sa bonhomie la porte souvent à employer des termes et des expressions incompatibles avec l'innocence du premier âge, et ses Contes de Fc'es , trop multipliés, et qui

commencent à s'éloigner de l'esprit de l'instruction actuelle, doivent faire place aux récils simples, véridiques et insiruclifs de riiistoire.

11 était donc à désirer que 1 on fit dans les ouvrages de madame de Beaumont , un chois de ce qu'ils contiennent de plus utile pour l'instruction des jeunes personnes élevées chez leurs parens ou dans les pensionnats, et qu'en employant la forme dont elle s'est servie, on la rendit plus simple et plus concise.

C'est là le hut et la manière de cet ouvrage , que j'ai cru nécessaire de renfermer dans un seul volume , pour n'être point tentée d'}" placer tout ce qui n'est pas rigoureusement nécessaire à liiisiruclion.

Comme madame de Bca\imont écrivait dans un temps où l'on ne trouvait rien de mieux que ce que faisaient et disaient les Anglais, elle a aussi voulu payer son tribut à cette nation, en donnant des noms anglais à ses interlocutrices. Mais heureusement nous sommes revenus de ce ridicule, et nous ne voulons plus dans nos livres d'éducation , ni des miss ^ ni des ladr ., que nous renvoyons bien volontiers aux romans. En conséquence, j'ai substitué aux noms anglais,

dont niaclaiiie de Bcaumont s'est servie ^ des noms purement français, et qui sont ceux du plus grand nomLre des jeunes personnes, comme Emilie, Eugénie, Jose'pbine, etc.

Comme les ouvrages de madame de Beaumont ne fournissent qu'une instruction sans Kuite et que celte dame na fait qu'effleurer la plupart des sujets de ses dialogues , j'ai eu recours à d'autres excellens ouvraiics, compose'spour rinslruclion des jeunes personnes, ei j'en ai recueilli ce qui m'a paru le plus propre à les inte'resser, et à exciter leur aiicnlion.

J'espère que les dames qui consacrent leur vie à l'éducation de leur sexe, et les mères qui veillent elles-mêmes à celle do leurs lilltSp me sauront gre de mon travail ci du zèle (pli m'a fait coniposer ce livre, pour augmenter la bibliothèque des jeunes den:oisellcs . qui est si petite, en comparaison de celle des garçons, qui renferme des ir.illicrs de volumes.

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