BANDE FIG. 2 I
avec du coton Rouge- Turc 321, le sertissage de la broderie avec du coton Noir grand-teint 3 10.
Quant à l’exécution de l’ouvrage, elle ne demande pas d’autre explication.
Outre les deux couleurs qui sont employées dans l’original, on peut encore prendre deux tons de Rouge-Grenat 359 foncé et 335 très-clair, ou deux tons de Jaune-Rouille 363 très-foncé et 365 clair, ou bien encore deux tons de Violet-Mauve
LA BRODERIE
LA BRODERIE 107
375 très-foncé et 377 très-clair, mais ce sera toujours la nuance claire qui sera utilisée pour le fond et la nuance foncée, pour le sertissage.
On devra seulement éviter de donner aux points rouges du bord, faisant partie du fond, une longueur supérieure à celle qu’ils ont dans la gravure. De plus, les points de sertissage en noir devront être rapprochés le plus possible du fond.
Fig. 220. Bandes brodées, jointes a des entre-deux de dentelle.
Bande brodée. Application de différents points de broderie (fig. 217, 218). — La plupart des différents points
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LA BRODERIE
de broderie, décrits au commencement de ce chapitre, trouvent leur application dans cette gracieuse guirlande dont le dessin se prête à l’emploi d’un assez grand nombre de couleurs et de nuances. Ainsi, pour les boutons de rose, on pourra utiliser deux tons de Vert- Pistache et deux tons de Rouge-Grenat; les myosotis peuvent être faits en deux et même en trois tons de Bleu-Indigo; pour les étamines on prendra le Jaune-Citron, pour les feuilles, le Vert-de-gris ou le Gris-Tilleul et pour les tiges des roses, le Brun-Acajou. La bordure qui termine, des deux côtés, ce joli dessin, se fait en quatre rangs de festons et en quatre couleurs. La manière de superposer les points est clairement indiquée par la fig. 218.
Dessin an point gobelin et an point coulé (fig. 219). — L’exécution de ce dessin est facilitée par le peu de longueur des points. Les fleurettes sont alternativement brodées en rouge foncé et en rouge clair; les points de sertissage alternent de même; la broderie claire est contourée de rouge foncé, et la broderie foncée, de rouge clair..
L’intérieur des feuilles est brodé partout en gris clair ; les petites brides de raccord et le sertissage des feuilles sont exécutés en gris foncé.
Bandes brodées jointes à des entre-deux de dentelle
(fig. 220). — Ce chapitre se termine par un exemple qui enseigne l’usage que l’on peut faire des bandes brodées séparément, et comment on peut les associer à des entre-deux de dentelle, de crochet, de filet ou même à des broderies à jour.
Ces combinaisons trouveront surtout leur application pour la confection de nappes, de rideaux, de lingerie et même de vêtements d’enfants.
Ces bandes ont encore l’avantage de pouvoir se faire en tout temps et en tout lieu. Elles n’exigent ni métier, ni opération d’arithmétique et n’absorbent pas l’attention de la brodeuse lorsqu’elle les exécute en cercle de famille ou d’amis.
Bande. — Broderie avec fil d’or, cannetilles et lames.
Broderie au passé et Broderie d’or.
En parlant de « Broderie au passé » et de « Broderie d’or », on songe généralement à des ouvrages exécutés sur des fonds très riches, tels que le velours, le brocart, la peluche et autres étoffes du même genre.
Il existe cependant une foule d’objets, brodés à la perfection avec des fils de soie et des fils d’or sur des tissus communs ; les broderies persanes et mauresques se distinguent surtout sous ce rapport, et le travail le plus délicat et le plus minutieux est souvent exécuté sur un fond de toile ordinaire.
Ceci nous prouve que tout genre de points est susceptible d’être appliqué sur n’importe quel fond de tissu, selon le goût et la fantaisie de chacun, et que, de même, les points de broderie au passé et une partie de ceux de la broderie d’or peuvent être reproduits avec toute espèce de fournitures, au nombre desquelles nous citerons en première ligne les fils et cotons D.M.C.
La broderie au passé dite aussi broderie plate. —
Les dessins d’ornements, figurant des fleurs de convention, sont toujours les motifs les plus avantageux pour la broderie au passé. Il convient d’éviter autant que possible, de copier servilement des fleurs naturelles, à moins que l’on ne possède
IIO BRODERIE AU PASSÉ ET BRODERIE D’OR
un talent suffisant pour produire des ouvrages à l’aiguille imitant parfaitement la peinture et qui aient une réelle valeur artistique.
Généralement on choisit, pour broder des fleurs et des feuilles petites et délicates, le point de plumetis, fig. 189 et 190, ou le point au passé empiétant.
Point au passé empiétant (fig. 221). — Tous les points
de ce genre de broderie doivent être faits de la même longueur. La longueur de ces points dépendra de la grosseur du brin employé ; ils seront courts avec un brin fin, et plus longs, avec un brin plus gros.
On fera empiéter les points les uns sur les autres, ainsi que l’explique la gravure. Les points se feront par rangs, ceux du second rang pénétrant suffisamment dans ceux du premier pour que les deux points
paraissent n’être qu’un seul et que les rangs soient noyés l’un dans l’autre.
On commence toutes les fleurs et toutes les feuilles par la partie extérieure et jamais par le calice ou par la tige. Donc, lorsque le dessin exige des teintes dégradées on commencera toujours par celle du bord, la hauteur du ton variant suivant l'éclairage de l’objet.
Les points suivront, dans tous les cas, le mouvementdu dessin.
Points d’Orient (fig. 222, 223, 224). — Les trois points qui suivent et que nous avons groupés sous la même dénomination de points d’Orient, sont aussi connus sous le nom de points Renabsance ou de points arabes.
Si nous les appelons points d’Orient, c’est qu’on les retrouve dans la plupart des broderies orientales et il est plus
Fig. 221. Point au passé empiétant.
Th. de Dillmont, Encyclopédie des Ouvrages de Dames. In-8", rel. anglaise, tranche dorée. — Prix: Fr. 3.75
que probable que nous les devons aux peuples de l’Asie, qui excellaient, de tout temps, dans l’art de la broderie.
Ces points ne peuvent être utilisés que pour les dessins d’une certaine dimension et exécutés à grands traits.
Fig. 223. Point d’Orient. Fig. 224. Point d'Orient.
On fait d’abord les points dans le sens de la longueur; si le brin employé est doux, soyeux, on peut faire ressortir l’aiguille à côté du dernier point pour économiser le brin et pour ne pas trop alourdir la broderie. Mais si le brin a une forte torsion, s’il est sujet à vriller, on devra faire passer son aiguillée sous l’étoffe et la ramener à la ligne de départ du premier point, de sorte que tous les fils de la première pose qui forment le fond seront lancés du haut vers le bas. La même marche est à suivre pour les fig. 223, 224, 225 et 226.
Lorsque tous les fils verticaux sont posés, on tend un fil en ligne horizontale, que l’on retient par des points isolés, lais-
112 BRODERIE AU PASSÉ ET BRODERIE D’OR
sant entre eux un espace de 6 fils verticaux. Sur les fils transversaux, les points d’arrêt alternent avec ceux qui ont été posés en premier lieu, ainsi que l’indique la fig. 222.
Pour faire le point représenté dans la fig. 223, on commence par faire le même fond que pour le dessin précédent. Les fils horizontaux sont un peu plus rapprochés les uns des autres que dans la fig. 222 ; les points d’arrêt sont lancés par dessus 2 fils.
Dans la fig. 224, les seconds points sont lancés obliquement par dessus les fils du fond ; les points d’arrêt sont faits dans le même sens.
Pour ces points on peut se servir, ou bien d’un seul fil très floche, tel que le Coton à repriser D.M.C (*), ou bien de deux sortes de cotons, tels que le Coton à repriser D.M.C pour le fond et d’un fil fortement tordu comme le Cordonnet 6 fils D.M.C (*) ou le Fil à pointer D.M.C (*) pour les points d’arrêt.
Point natté (fig. 225). — Après avoir préparé les fils en longueur, on exécute une espèce de natté par les points suivants. On passe trois fois le brin alternativement par dessous et par dessus 3 brins de fond. Pour faire cet ouvrage très correctement, on doit ramener le fil, par dessous, à son point de départ; il faut donc toujours faire le point de droite à gauche.
Lorsqu’on reproduit ce fond brodé sur une étoffe de lin, au moyen de cotons D.M.C, on fera bien de prendre un fil de nuance unie pour les points verticaux et du Chiné d’or D.M.C N° 3o (*) pour produire le natté du dessin.
Point de mosaïque (fig. 226). — Les broderies antiques, minutieusement exécutées, nous montrent souvent ce joli point occupant des surfaces sur lesquelles la peluche ou d’autres étoffes précieuses devaient être appliquées.
Ce point exige le même travail préparatoire que les quatre points précédents, avec cette différence qu’il n’est permis d’employer qu’un fil fortement tordu, tel que le cordonnet de soie ou le Cordonnet 6 fils D.M.C (*) ou bien encore le Chiné d’or D.M.C (*) ou la Ganse turque D.M.C. (*)
Chaque point sera fait séparément et passera par le tissu
(*) Voir, à la fin du dernier chapitre, le tableau des grosseurs et la liste des couleurs des fils et cotons D.M.C.
BRODERIE AU PASSÉ ET BRODERIE D’OR
de fond, afin que les fils, formant le dessin, se gonflent légèrement, au lieu d’être plats comme dans les exemples précédents.
Bordure au point persan (fig. 227).
Ce genre de broderie, originaire de la Perse, a une grande analogie avec le point expliqué dans la fig. 176. Cependant, au lieu de faire sortir l’aiguille dans la direction indiquée sur la fig. 176, on la ramène, comme on peut le voir dans la gravure, dans l’espace compris entre les contours du dessin et derrière le fil formant le point suivant.
Avant de faire les pleins des dessins, on trace les contours par des points coulés ou par une ganse fine, fixée sur l’étoffe par des points de surjet invisibles sur la surface.
Ce joli motif s’adaptant aux emplois les plus divers est composé de feuilles à 7 lobes, brodées alternativement en vert foncé et en vert clair, de fleurettes à 3 feuilles, brodées de Rouge-Cardinal et à l’intérieur de Jaune-vieil-Or, et de petites feuilles, brodées de Violet- Mauve. Le sertissage de toutes les parties du dessin se fait soit en Noir grand-teint soit en Brun-Cachou.
Motif au point passé (fig. 228).
Les fleurs au point passé sont exécutées, dans cette guirlande, alternativement en rouge moyen et en
Fig. 227. Bordure au point persan.
Fournitures: Cordonnet 6 fils D.M.C N” 14, 1 5, 20, 25 ou 3o.
Couleurs : Vert-Mousse 471 et 469, Rouge-Cardinal 347, Jaune-vieil-Or 680, Violet-Mauve 3 1 5 et 3i6, Noir grand-teint 3io.
BRODERIE AU PASSE ET BRODERIE D’OR
Fig. 228. Motif au point passé.
Fournitures. — Selon le tissu : Fil à dentelle D.M.C, Cordonnet 6 fils D.M.C ou Coton à repriser D.M.C.
Couleurs. — Pour les fleurs : Rouge-Géranium 35 1 et 352. — Pour les points d’armes : Jaune-Rouille 3o8. — Pour le feuillage : Vert-de-gris 474 et 475.
Fig. 22g. Bouquet au point passé droit et au point passé empiétant. Fournitures : Coton à repriser D.M.C N* 5o.
Couleurs. — Pour les myosotis: Bleu-Indigo 3i2, 322 et 334. — Pour les autres fleurs: Jaune-Rouille 365 et 366; Violet-Mauve 376, 3 16, 377; Vert-Pistache 36g. — Pour le feuillage : Vert-de-gris 474, 475 ; Vert-Mousse 468, 46g, 471 et 472. — Pour les tiges : Brun-Havane 455 et 457.
BRODERIE AU PASSÉ ET BRODERIE D’OR I 1 5
rouge clair, de même que les feuilles sont en partie vert fonce' et vert clair. Les points d’armes au milieu des fleurettes sont formés avec le coton jaune.
Bouquet au point passé droit et au point passé empiétant (fig. 229). — Comme nous venons de le dire au commencement de ce chapitre, il n’est pas donné à chacun de produire des broderies nuancées, réellement artistiques. Dans n’importe quel ouvrage de ce genre, de quelque objet qu’il soit composé, les effets de lumière doivent toujours être correctement placés.
Pour copier fidèlement, par exemple, une fleur naturelle, prenez une fleur fraîchement cueillie ou, à son défaut, un ouvrage de botanique colorié et, si possible, une bonne reproduction de fleur en noir.
On choisira les couleurs d’après la fleur, ou d’après la planche coloriée, en ayant soin de prendre 6 à 8 tons que l’on tiendra un peu moins vifs qu’ils ne le sont en nature. Le modèle en noir facilitera la distribution des ombres.
Les couleurs employées pour la broderie des pétales et des feuilles, que l’on commence toujours par le bord extérieur, doivent être combinées de telle façon que le passage d’une nuance à l’autre ne soit pas perceptible, à moins que le dessin ne demande le contraire.
Les étamines et l’intérieur des fleurs se font en dernier, tandis que les nervures des feuilles doivent être exécutées avant le fond de la feuille.
Fleurs brodées à la manière chinoise (fig. 2 3o). —
Les ouvrages qui nous arrivent de Chine portent tous un incontestable caractère d’originalité et dénotent une habileté surprenante dans l’emploi judicieux des fils et des couleurs.
Les' Chinois excellent surtout dans la représentation des personnages, de#fleurs et des animaux ; cependant ils suivent une autre méthode que les
BRODERIE AU PASSÉ ET BRODERIE D’OR
Européen ; ainsi par exemple, au lieu de fondre les couleurs les unes dans les autres, comme dans le point passé, les Chinois les placent côte à côte, sans aucune transition ; ou bien, ils se servent exclusivement du point d’armes pour exécuter un dessin tout entier. Dans ce cas, les petits nœuds que forme ce dernier point sont ordinairement sertis de fil d’or.
Fig. 23i. Point empiétant chinois.
Fournitures : Cordonnet 6 fils D.M.C N" 20 à 5o ou Chiné d’or D.M.C.
Couleurs. — Pour le coton : Jaune-Rouille 363, 3o8, 366.
Pour le Chiné d’or D.M.C : Rouge et or fin. Bleu et or fin et Vert et or fin.
Souvent aussi, au lieu de juxtaposer les couleurs, comme on l’a toujours fait en Europe, les Chinois commencent par former le fond d’une feuille au moyen de longs points, par dessus lesquels ils construisent les nervures des pétales et des feuilles, au moyen de points tranchant sur les autres, soit par leur direction, soit par leur couleur.
Même dans les intérieurs des fleurs, la nuance du fond est
BRODERIE AU PASSÉ ET BRODERIE D’OR I 1 7
entièrement achevée et des points d’armes très délicats, semés de distance en distance, dessinent sur ce fond les graines ou les étamines.
Point empiétant chinois (fig. 23 1). — Nous devons encore à l’Empire céleste un autre mode de broderie, celui du point empiétant.
La branche représentée dans notre gravure, prise d’un grand dessin, est exécutée dans trois nuances jaunâtres ressemblant à celles de la série de Jaune-Rouille de la carte D.M.C. (*)
Les points chevauchent l’un sur l’autre comme on le voit dans le détail, au bas de la gravure, et les trois nuances alternent d’une manière régulière.
Les fleurs, les papillons, les oiseaux, un dessin même tout entier, sont exécutés parfois avec les mêmes couleurs et le même point.
Le même genre de broderie peut être reproduit sur les étoffes à fils comptés et à l’aide de tous les cotons et du Chiné d’or D.M.C pour la broderie N° 3o (*).
Il est même possible de l’employer pour la copie des modèles pour point de croix et ses dérivés.
Broderie en relief (fig. 232, 233). — Les broderies en relief, en couleur, doivent être préalablement rembourrées comme la broderie de blanc, fig. 191.
Lorsqu’on sertit le dessin d’une ganse, celle-ci doit être
(*) Voir, à la fin du dernier chapitre, le tableau des grosseurs et la liste des couleurs des fils et cotons D.M.C.
Fig. 232. Broderie en relief.
Travail préparatoire.
Fig. 233. Broderie en relief.
Ouvrage terminé.
I 1 8 BRODERIE AU PASSÉ ET BRODERIE D’OR
posée en premier sur les contours au moyen de petits points invisibles sur l’endroit.
Pour arriver à cacher ces points, on doit détordre légèrement la ganse avant d’y faire passer le brin et le cacher entre les cordons de la ganse.
On se sert de Coton à repriser D.M.C N° 25 pour le rembourrage des pleins. Ces cotons se font dans toutes les
couleurs de la carte D.M.C et sont les fils les plus avantageux pour ce premier ouvrage.
Pour la première couche de coton, on réunit de 3 à 6 fils de coton et on en fixe autant que possible au moyen de points d’arrêt, tels qu’ils sont représentés dans la troisième feuille de la fig. 232.
Ce travail préparatoire terminé, on prend un brin de la couleur adoptée et l’on fait des points en travers, sur la première couche de points, afin de faire disparaître les creux produits par la pose des gros fils.
Pour ces points transversaux, on pourra encore se servir de Coton à broder D.M.C.
C’est sur cette surface unie que l’on exécute alors les points au passé, en les rapprochant de telle façon que la partie brodée ait l’apparence d’un tissu de satin.
Broderie genre turc (fig. 234, 235). — C’est encore un genre de broderie qui ne ressemble en rien à notre manière de broder habituelle. Les dessins pleins et en relief sont d’abord recouverts de gros coton tout ordinaire, par dessus lequel on
Fig. 234. Broderie genre turc.
Travail préparatoire.
Fig. 233. Broderie genre turc.
Ouvrage terminé.
BRODERIE AU PASSE ET BRODERIE D’OR
tend les fils d’or, d’argent ou de soie, seuls ou réunis en une mèche.
Contrairement à ce que nous trouvons dans les ouvrages exécutés en Turquie, le travail préparatoire que montre notre gravure est fait avec soin, au moyen de la réunion de plusieurs fils de Coton à repriser D.M.C. (*)
On couche à plat une mèche composée de 5 fils, et on la fait aller de droite à gauche et de gauche à droite, dans le sens de la largeur du dessin.
Lorsqu’on a posé la mèche vers la droite, on fait sortir l’aiguille à une légère distance en avant de l’espace qu’occuperont les 5 fils, et on la fait rentrer de nouveau un peu plus loin pour la ramener par dessous l’étoffe au point de sortie indiqué par la flèche.
Le point qui arrête la mèche doit être de longueur suffisante pour lui laisser un peu de jeu, afin que les 5 fils restent bien parallèles sur toute la largeur du dessin.
Sitôt que l’aiguille est retirée sur le côté opposé et plus haut que le premier point, on replie la mèche et on la fixe de la même manière.
Ce genre de broderie peut être appliqué sur des tissus de laine ou de coton et exécuté avec la plupart des cotons D.M.C ou le Chiné d’or D.M.C. (*)
On obtient des effets très heureux en combinant trois tons de Rouge-Cardinal N° 346, 347 et 304 avec du Chiné d’or D.M.C, Or et Bleu-Indigo ou trois nuances claires Bleu-Indigo avec le Chiné d’or D.M.C, Or et Rouge.
Ce genre de broderie sert de transition entre la broderie au passé et la broderie d’or.
La Broderie d’or. — Cet art assez difficile n’a été exercé depuis le XVIIIe siècle que par les personnes qui en avaient fait leur profession.
On s’y livrait rarement dans les maisons particulières, car chacun appréhendait de faire des essais dans un genre qui exigeait, selon les opinions d’autrefois, un apprentissage de neuf ans pour arriver à la perfection.
(*) Voir, à la fin du dernier chapitre, le tableau des grosseurs et la liste des
120 BRODERIE AU PASSE ET BRODERIE D’OR
Mais, comme depuis un certain temps, on emploie volontiers dans un même ouvrage simultanément différents genres de broderie, et que, même dans les ouvrages artistiques, l’or est utilisé à l’instar des autres fournitures, on arrive tout naturellement à s’intéresser davantage à la broderie d’or et cela même dans les cercles où les ouvrages de dames sont une récréation.
Nous espérons que, grâce à nos gravures et à nos explications, nos lectrices pourront se dispenser de suivre un cours de cinq années, qu’exigent encore aujourd’hui les corps de métiers de certains pays.
Fig. 236. Ouvrage monté sur le métier a broder.
Outils et fournitures. — Le premier appareil, et le plus indispensable pour la broderie d’or, est un métier très solide. Il faut en outre une broche, un couteau-serpette, deux lissoirs, dont un plat et l’autre convexe, un poinçon de très petit calibre et un casier pour fournitures.
Métier à broder (fig. 236). — Le modèle du métier représenté ici ne peut servir que pour de petites broderies ; pour de grands objets, exigeant l’enroulage de l’étoffe, il faut des
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rouleaux ronds afin que les arêtes du bois ne marquent pas dans le tissu.
Quel que soit le genre de broderie d’or que l’on exécute, on coud d’abord une toile solide dans le cadre.
On soutient toujours les coulisses tandis que l’on tend fortement l’étoffe. Sur les bords, du côté des lattes, on fixe bien solidement une grosse ficelle par des points d’arrêt, distants de 3 à 4 c/m.
Puis on monte le métier et on trélisse l’étoffe en faisant passer, comme l’indique la figure, une forte ficelle par celle au moyen de laquelle on vient de galonner les deux bords et par dessus les lattes.
C’est sur ce fond bien tendu qu’on applique l’étoffe que l’on veut broder ; après l’avoir placée à fil droit, on la coud avec des points d’ourlet sur la doublure, en ayant soin de donner à l’étoffe supérieure une tension plus forte qu’à l’autre, afin d’empêcher celle-là de gondoler sur celle-ci, une fois la broderie démontée. On calque ensuite le dessin sur le tissu à l’aide de la poudre à calque.
Avant de découdre l’ouvrage terminé, on enduit légèrement l’envers de la broderie d’une colle, dont on trouvera la recette au dernier chapitre, et on ne détache l’ouvrage que lorsque la colle est parfaitement sèche.
Fig. 237. La broche. Grandeur réduite.
La broche (fig. 237). — La broche est un instrument en bois dur, de 20 c/m. de long, qui sert à enrouler les fils d’or.
On recouvre d’abord la tige et une partie de la fourche d’un fil double de Coton à broder D.M.C N° 16 ou de Cordonnet D.M.C N° 25 jaune. On termine cette garniture par une boucle à laquelle on attache le fil d’or que l’on enroule sur la tige.
Les lissoirs (fig. 2 38, 239). — Les deux outils appelés lissoirs se composent tous deux d’une planchette rectangulaire, munie d’un manche adapté au milieu.
L un des lissoirs, de forme convexe, fig. 238, devra avoir
BRODERIE AU PASSÉ ET BRODERIE D’OR
Lissoir plat pour appliquer les dessins sur